Finale de la Ligue des Champions au Stade de France : des incidents aux multiples raisons

Délais d’organisation réduits, faux billets, filtrage défaillant… Les causes des incidents qui se sont déroulés au Stade de France, le samedi 28 mai au soir avant la finale de la Ligue des Champions de football, font l'objet d'un rapport publié le 10 juin 2022.

Des fans de l'équipe de Liverpool, lors de la Ligue des Champions 2022, à l'extérieur du Stade de France à Saint-Denis.
Les rapporteurs proposent notamment d'optimiser la gestion des flux d’accès aux sites des grands événements et un schéma de circulation aux abords du Stade de France. © Thomas Coex/AFP

Publié par le délégué interministériel aux grands événements sportifs et aux Jeux Olympiques et Paralympiques, le rapport sur l'organisation de la finale de la Ligue des Champions a pour objet de comprendre les causes des débordements qui ont eu lieu le soir de la finale, le 28 mai 2022

À moins de 800 jours de l’organisation des Jeux Olympiques 2024 en France et dans l’optique de la Coupe du Monde de Rugby en 2023, le rapport propose cinq pistes d’amélioration du dispositif d’organisation des grands événements sportifs internationaux.

Une série de problèmes

Des précautions de sécurité avaient été prises pour l'événement comme, par exemple, la création de zones de regroupements pour les supporters. Malgré ces précautions, des défaillances ont été mises en lumière avec l’afflux d’un nombre important de personnes (plusieurs dizaines de milliers) sans billets ou munies de faux billets aux abords du Stade de France :

  • les sorties des transports en commun et des accès routiers ont connu un certain engorgement et des failles dans l’orientation et la gestion de la foule ont été relevées ;
  • le double "filtrage" mis en place sur demande de l’UEFA pour inspecter visuellement les spectateurs et contrôler la validité des billets a saturé les points de passage notamment en raison du nombre de faux billets ;
  • la conjonction d’un phénomène de délinquance d’opportunité qui a rassemblé entre 300 et 400 individus très mobiles se livrant à des actes de prédation a renforcé la confusion ;
  • des opérations de rétablissement de l'ordre ont parfois aussi été menées "à l'encontre de personnes ne générant aucun trouble" ou "de manière disproportionnée dans certains cas".

Le dispositif policier mis en place était pourtant important. Près de 1 300 effectifs étaient mobilisés aux abords du stade. Au total, 6 800 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers sécurisaient différents sites sur Paris et Saint-Denis.

En revanche, le rapport reconnaît que le dispositif d’acheminement des spectateurs par les transports a été efficace. Le RER B a transporté plus de 10 000 personnes, le RER D environ 37 000 et la ligne 13 du métro aux alentours de 36 000.

Comment améliorer le dispositif d'accueil des spectateurs ?

Les rapporteurs proposent cinq axes d’amélioration du dispositif d’accueil des spectateurs lors de grands événements sportifs internationaux afin de trouver l'équilibre entre sécurité des personnes, qualité de l’expérience des spectateurs et tranquillité des riverains :

  • mise en place d’une instance de coordination nationale qui mobiliserait entre autres les services de l’État, les organisateurs et les collectivités afin d’établir un schéma de sécurité partagé. Cette instance serait placée sous la responsabilité du ministère de l’intérieur et de la ministre des sports ;
  • optimisation de la gestion des flux d’accès aux sites des grands événements pour garantir leur sécurité, leur fluidité même en cas d’affluence exceptionnelle ;
  • service d’ordre flexible, réactif et partagé entre les services de sécurité, les transporteurs et les collectivités ;
  • billetterie sécurisée et personnalisée ;
  • amélioration du schéma de circulation aux abords du Stade de France.