Dans l'étude publiée le 6 mars 2024, l'Insee revient sur les différents facteurs à l'origine de ce nombre relativement élevé d'électeurs inscrits dans une autre commune que celle dans laquelle ils résident.
"Mal inscrit" ne signifie pas non inscrit
L'inscription sur une liste électorale différente de sa commune de résidence principale ne signifie pas pour autant être systématiquement "mal inscrit". L'article L. 11 du code électoral prévoit différentes situations dans lesquelles un électeur peut être inscrit dans une commune qui n'est pas celle de sa résidence principale, c'est notamment le cas des personnes ayant des résidences secondaires ou celui de jeunes de moins de 26 ans dont l'inscription reste "autorisée" dans celle de leurs parents.
Toutefois, selon l'Insee, la "mal inscription" résulte de différents facteurs :
- oubli ;
- manque de temps ;
- choix délibéré.
Le risque de non-inscription dans sa nouvelle commune de résidence augmente en cas d'un déménagement survenu au cours de l'année précédent une élection. Outre ce facteur, près de trois quarts des personnes vivant en communauté (maison de retraite, caserne, cité universitaire) ne sont pas inscrites sur les listes électorales de leur lieu de résidence.
D'après l'Insee, près de la moitié des électeurs considérés comme "mal inscrits" résident à moins de 21 kilomètres de leur bureau de vote (excepté le cas parisien). De ce fait, la relative proximité entre commune d'inscription et commune de résidence n'incite pas à un changement de lieu d'inscription.
Un phénomène qui touche principalement les 18-25 ans
Depuis 1997, l'inscription sur une liste électorale est automatique pour les jeunes atteignant 18 ans. Cette automatisation d'inscription génère cependant de la "mal inscription" chez les jeunes (près de 2 millions en 2022), qui, à la suite d'un premier déménagement, restent inscrits sur la liste de la commune de leurs parents.
38,7% des 18-25 ans ne sont pas inscrits sur les listes de leur commune de résidence ce qui peut s'expliquer par des déménagements en lien avec les études, l’insertion professionnelle ou encore la vie en couple.
Plus susceptibles de vivre en communauté, 96% des jeunes résidant en cité universitaire et plus d'un tiers des personnes partageant un logement "ordinaire" (colocation) ne sont pas inscrites sur les listes électorales de leur commune de résidence.
Pour l'Insee, ces données permettent d'appréhender la famille comme un facteur de "stabilité résidentielle" qui favorise une certaine cohérence entre le lieu de vote et celui de résidence, puisqu'en effet, au-delà de 30 ans, la part des personnes "mal inscrites" diminue.