Un rapport publié le 11 juin 2025 par le Sénat appelle à revoir la politique de remplacement des enseignants et avance des pistes en ce sens.
Les heures de cours non remplacées
On compte en 2023-2024 :
- 7,5 millions de demi-journées d’absence dans le premier degré (+17,4% par rapport à 2018), dont près de 41,5% dues à des congés de maladie ordinaire ;
- 17,4 millions de journées d’absence de longue durée (plus de 15 jours) dans le second degré public (+15,6%). 61,2% des enseignants absents sont en congé maladie ordinaire.
Entre 2018 et 2024, on observe une hausse :
- des congés de maladie ordinaire des enseignants (+28% de demi-journées d’absence dans le premier degré, +32% d’enseignants absents dans le second) ;
- des absences non remplacées (respectivement +49% et +93,2%).
Le taux d’efficacité du remplacement atteint :
- 78,3% dans le premier degré. Les difficultés de remplacement touchent surtout les académies franciliennes, d’outre-mer, de Corse et de Strasbourg, et les départements ruraux ;
- 94,8% pour les absences de longue durée et 10,6% pour celles de courte durée dans le second degré.
Les familles considèrent le non-remplacement comme un manquement à la continuité du service public. Le Conseil d’État leur a donné raison.
Un coût élevé pour les finances publiques
4,2 milliards d’euros sont alloués au remplacement des enseignants en 2025 (+33% par rapport à 2017). En 2024, les crédits prévus ont été surconsommés de 9%. Le coût réel du remplacement est sous-estimé par la programmation budgétaire car :
- le coût des heures supplémentaires d’enseignement et du Pacte enseignant dans le public n’est pas intégré aux actions dédiées au remplacement. Il atteint 129,1 millions d’euros pour 2023-2024 et a été multiplié par 5,5 entre 2018 et 2024 ;
- le coût des enseignants absents (1,58 milliard d’euros en 2022) s’ajoute au budget consacré au remplacement.
Stable depuis 2018, le potentiel net de remplacement (part d’enseignants mobilisables pour de telles missions dans le public) représente 10,9% des enseignants dans le premier degré et 2,5% dans le second en 2024-2025. Les contractuels forment 17% du vivier des remplaçants du premier degré, et 46% du second ; ils y tiennent une place croissante.