La note d’information de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) d'octobre 2025 rend compte des résultats, au niveau national, de l'enquête internationale Talis menée pour le compte de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour évaluer les conditions d’exercice et les perceptions du métier d'enseignant, de directeur d’école ou de chef d'établissement dans les collèges et les écoles élémentaires.
Cette enquête a été réalisée en 2024 dans 54 pays ou territoires auprès d'environ 6 000 participants, dont une majorité d'enseignants en collège (3 766).
4% des enseignants disent se sentir valorisés dans la société
Interrogés sur le sentiment de reconnaissance de leur métier, 4% des enseignants en France disent se sentir valorisés ce qui est le taux le plus bas par rapport aux autres pays de l'étude menée par l'OCDE. Une grande majorité exprime un manque de considération, que cela soit de la part des décideurs politiques ou par les médias.
Pour les enseignants, ce manque de considération se reflète dans les insuffisances en termes de rémunération et de qualité de formation.
Sur ces points, 22% des enseignants à l'école élémentaire et 27% des enseignants au collège se disent satisfaits de leur rémunération (soit un taux inférieur de 10 points par rapport à la moyenne des pays de l'Union européenne au collège). Concernant la formation au métier, un enseignant de collège sur deux se dit insatisfait (60% en école élémentaire), contre 29% en moyenne parmi les enseignants de collège interrogés dans les autres pays de l'UE.
Les motifs les plus souvent évoqués sont une inadéquation de la formation avec les besoins réels et un problème d’équilibre entre la formation pratique et la formation théorique.
La part d’enseignants qui referaient ce choix de métier est en recul (ils étaient 74% au collège en 2018 contre 66% au collège en 2024), cette proportion pour les enseignants en collège étant inférieure de 11 points à la moyenne de l'UE.
Même si les enseignants sont globalement "heureux" d'enseigner
Concernant la motivation des enseignants, elle reste forte avec neuf déclarants sur dix se disant "heureux" dans l’exercice de leur métier lorsqu'il s'agit d'enseigner. Plus de 90% d'entre eux voient leur mission comme une contribution sociale "précieuse" et le moyen d’agir contre les inégalités sociales.
Les enseignants interrogés expriment un attachement fort à leur environnement professionnel immédiat (écoles, collègues…).
Si le taux d’enseignants éprouvant du stress au travail reste élevé (40% au collège et 46% à l'école), en particulier dans les collèges publics situés en secteur d’éducation prioritaire, l’enquête 2024 note une amélioration par rapport à la précédente étude de 2018.
Les facteurs le plus souvent évoqués sont la fréquence des changements de directives, le manque de ressources pour effectuer ces changements et une surcharge de tâches administratives.