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Allongement du congé de paternité : 59% des pères l'ont pris en totalité en 2022

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

L'allongement de la durée du congé de paternité permet aux pères, depuis 2021, de consacrer jusqu'à 25 jours à leur enfant (contre 11 jours auparavant) en plus des 3 jours de naissance. 81% des enfants nés entre juillet 2021 et décembre 2023 ont vu leur père prendre tout ou partie de leur congé de paternité au-delà de la semaine obligatoire.

L'étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined), publiée fin janvier 2026, dresse le bilan du dispositif, plus de quatre ans après la réforme entrée en vigueur en juillet 2021. Cette réforme a globalement permis d'accroître la présence des pères auprès de leur nouveau-né et de la mère.

Ce droit a pour but initial de favoriser l'implication des pères dans les tâches parentales. En Europe, il a été instauré progressivement avec des durées et des modalités variables selon les pays. Le congé de paternité est encadré par l'Union européenne (UE) qui a fixé à 10 jours au moins le congé de paternité (directive de juin 2019).

Augmentation du taux de recours au congé de paternité

81% des pères ont utilisé le congé de paternité entre 2021 et 2023. L’utilisation du congé de paternité dépend en partie du diplôme des pères : "les peu diplômés prenant un peu moins ce congé que les diplômés du supérieur".

Les pères salariés du secteur public et les salariés du secteur privé en contrats à durée indéterminé (CDI) sont ceux qui l’utilisent le plus, suivis par les salariés en contrat à durée déterminée (CDD). Les indépendants y recourent beaucoup moins, de même que les pères au chômage avant la naissance, bien que le congé de paternité permette de prolonger leurs droits aux indemnités de chômage.

L’usage du congé de paternité a davantage progressé dans les catégories qui l’utilisaient le moins. L’Ined constate que la réforme de 2021 coïncide avec une hausse de son utilisation chez les non-titulaires du baccalauréat. Le taux d’utilisation des indépendants est lui aussi en nette augmentation mais pour une autre raison. Cette hausse est liée à l’intégration des travailleurs indépendants au régime général de protection sociale en 2018.

Des freins persistent à la prise du congé de paternité

Parmi les motifs les plus fréquemment avancés par les pères pour expliquer le non-recours au congé de paternité, l'Ined souligne :

  • les contraintes professionnelles, notamment une charge de travail excessive, plus souvent exprimées qu’auparavant ;
  • les contraintes financières amplifiées par l'inflation ;
  • l'appréhension d’un regard réprobateur de la hiérarchie ou des collègues, même si cet argument est de moins en moins invoqué ;
  • la complexité des démarches administratives.

Les origines du congé de paternité 

Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est un congé indemnisé par la Sécurité sociale réservé aux pères. Il a été instauré en 2002 et complète, pour les salariés, les trois jours obligatoires du congé de naissance instaurés en 1946 et rémunérés par l’employeur.

À la suite de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, un nouveau congé de naissance va s'ajouter au congé de paternité à partir de juillet 2026. Chaque parent pourra prendre ce congé simultanément ou en alternance avec l’autre parent. La durée du congé sera, au choix du parent, de un ou de deux mois.