Publié le 11 février 2026, le rapport de la Cour des comptes sur les secours en montagne a été réalisé à la demande de la commission des finances du Sénat.
Ski, randonnée, escalade, vélo... la pratique sportive en montagne tant l'hiver que l'été recouvre un ensemble varié de disciplines pouvant générer des accidents. La Cour suggère une réorganisation des services de secours et souhaite qu'une réflexion soit engagée sur les surcoûts engendrés par l'accroissement des interventions notamment par hélicoptère.
Une remise en cause du principe de gratuité ?
Le coût des secours en montagne peut être estimé à 106,86 millions d'euros (M€) en 2024, soit 102,78 M€ auxquels s'ajoutent 4,08 M€ mobilisés par les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS). Rapporté au nombre d’interventions en 2024 (9 912 interventions), le coût moyen par intervention est estimé à 10 780 euros. Depuis 2015, le nombre d’interventions des secours en montagne est en hausse de 44%. Face à cette situation, la Cour insiste pour renforcer la prévention à l’égard des citoyens dans un contexte de risque naturel accru et d’activités à risques de plus en plus répandues.
La Cour encourage les pouvoirs publics à s’inspirer de modèles étrangers pour réduire le coût des interventions, notamment celles qui mobilisent des moyens aériens. Elle propose ainsi de facturer totalement ou partiellement les interventions des services de secours en montagne, notamment en adaptant la facturation en fonction des comportements à risque (hors pistes, développement de nouvelles activités tels que le trail ou le VTT). Toutefois, cette nouvelle approche remettrait en cause le principe de la gratuité des secours qui remonte à une ordonnance royale de Louis XV du 11 mars 1733.
Une réorganisation des services d'intervention
Actuellement, les unités spécialisées qui assurent le secours en montagne, mobilisent 1 093 agents dans 19 des 36 départements classés "montagne", dont 752 secouristes et 226 pilotes et mécaniciens d’hélicoptères. 449 secouristes sont déployés par les services de l’État auxquels s’ajoutent 292 pompiers ayant les qualifications requises.
Ce coût se répartit entre les unités contribuant aux secours en montagne.
Cependant, à ces personnels s’ajoutent d’autres dispositifs qui se font parfois concurrence. La Cour préconise donc de procéder à une rationalisation du dispositif, soit par une unification des unités de secours en montagne, soit par un retrait de la compétence des SDIS.