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© Michel Lunanga / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Crises sanitaires : une préparation insuffisante face aux épidémies

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

Dans son rapport final, le Conseil mondial de suivi de la préparation aux crises sanitaires fait état de l'évolution de la capacité du monde à se protéger contre les situations d'urgence sanitaire. Il conclut que le monde n'est pas davantage protégé qu'au moment de l'épidémie d'Ebola en Afrique en 2014-2016, responsable de près de 11 000 décès.

Le 18 mai 2026, le Conseil mondial de suivi de la préparation aux crises sanitaires (en anglais : Global Preparedness Monitoring Board - GPMB) a publié son rapport "Un monde au bord du gouffre : priorités pour un avenir résilient face aux pandémies". 

Le Conseil y fait un bilan de la préparation du monde face aux pandémies sur la dernière décennie, au cours de laquelle six nouvelles Urgences de santé publique de portée internationale (USPPI) ont été déclarées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Un monde insuffisamment préparé aux futures crises sanitaires

Organe indépendant créé en 2018 par l'OMS et la Banque mondiale en réaction à la crise liée au virus d'Ebola en Afrique de l'Ouest, le GPMB a publié chaque année un rapport évaluant la capacité du monde à se protéger contre les situations d'urgence sanitaire. Le rapport de 2026 est le dernier, le mandat du Conseil arrivant à son terme.

Une décennie après le virus d'Ebola, six ans après le Covid-19 et dans le contexte actuel de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo et de l'Hantavirus, le Conseil conclut dans son rapport final que le monde n'est pas davantage protégé contre les pandémies. Les épidémies de maladies infectieuses sont de plus en plus fréquentes et graves (davantage de cas et de décès) et les capacités à s'en remettre moindres. 

En résultent des difficultés sur le plan sanitaire mais également économique, les investissements des dernières années ne suivant pas l'augmentation des risques. Le Conseil relève également les impacts sociaux des crises sanitaires : libertés individuelles menacées, inégalités croissantes dans l'accès aux vaccins et traitements médicaux, confiance de la population affaiblie, polarisation des opinions...

Le Covid-19, pandémie respiratoire la plus meurtrière depuis 1918, a tout particulièrement illustré les tendances mondiales qui accroissent le risque de pandémie : changement climatique, conflits armés... Le Conseil constate que la survenue d'une nouvelle pandémie présenterait de nombreux risques dans un monde plus divisé, endetté, et moins apte à protéger les individus. 

Les recommandations du GPMB

Le GPMB identifie trois priorités pour inverser rapidement la tendance : 

  • mettre en place un mécanisme de surveillance permanent, multisectoriel et indépendant assurant le suivi des risques pandémiques ; 
  • assurer un accès équitable aux mesures médicales d'urgence ;
  • garantir un financement durable permettant de se préparer et de réagir à de futures pandémies dès le "jour zéro". 

L'intelligence artificielle et les technologies numériques présentent selon le Conseil un potentiel pour renforcer la surveillance sanitaire, mais elles doivent être encadrées au regard des risques qui entourent leur usage (désinformation, sécurité des données...).

Un accord international pour lutter contre les pandémies

Le 20 mai 2025, un accord sur la prévention et la lutte contre les pandémies a été signé par les membres de l'OMS. L'accord appelle à une coopération mondiale et une solidarité entre États visant à "garantir une réponse plus forte et plus équitable aux futures pandémies". Dans son dernier rapport, le GPMB recommande la finalisation, la ratification et la mise en œuvre intégrale de l'accord dans chaque État qui en est signataire.

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