Le rapport de la Cour des comptes publié le 27 mai 2026 a notamment pour objet de décrire la situation des finances sociales au terme de l'exercice 2025 et de détailler les conditions de la régulation des dépenses de l'objectif national de dépenses d'assurance-maladie (Ondam).
Un déficit de 21,6 milliards d'euros
Un peu moins important que prévu par la loi de financement initiale, le déficit des régimes obligatoires de base de la sécurité sociale et du fonds de solidarité vieillesse (FSV) s'élève néanmoins à 21,6 milliards d'euros (Md€) en 2025 (contre 15,3 Md€ en 2024 et 10,8 Md€ en 2023), ce qui constitue son niveau le plus élevé depuis 2012 (hors 2020 et 2021, années de pandémie de Covid-19).
Le déficit de l’ensemble des régimes de base de sécurité sociale et du FSV se concentre principalement sur trois entités :
- la branche maladie du régime général, dont le déficit s’établit à 15,9 Md€ ;
- la branche vieillesse dont le déficit atteint 7,1 Md€ ;
- la branche accidents du travail-maladies professionnelles (AT-MP) qui est déficitaire de -0,2 Md€.
En revanche, le solde de la caisse nationale de retraites des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers (CNRACL) s’est amélioré après sept années consécutives de détérioration, passant d’un déficit de 3 Md€ en 2024 à 2,3 Md€ en 2025, du fait de la hausse de 3 points du taux de cotisation employeur depuis janvier 2025.
La branche famille est, elle aussi, dans le positif (+1,2 Md€). Il s’agit du cinquième bilan excédentaire consécutif depuis 2021. Cela s’explique principalement par la baisse de la natalité.
La branche autonomie est à l’équilibre (+0,1 Md€ cette année), malgré des prévisions déficitaires.
En 2025, les dépenses relevant de l'Ondam ont quant à elles atteint 265,4 Md€ alors qu'elles étaient estimées à 265,9 Md€ dans la loi de financement initiale. Cet écart s’explique en partie par des dépenses moins dynamiques qu’anticipées en ville et par une légère sous-exécution de l’Ondam hospitalier.
Quelles sont les évolutions des comptes de la sécurité sociale depuis les années 2000 ?
Après s'être redressé dans les années 2010, à la suite de la crise financière de 2008, le solde des régimes de base et du FSV s'est détérioré avec la crise sanitaire pour atteindre en 2020 un niveau déficitaire inédit de 39,7 Md€. La situation s’est pourtant améliorée depuis 2021 avec la reprise économique. En 2022, le solde des régimes de base et du FSV s'est élevé à -19,7 Md€. En 2023, le déficit s'est réduit à 10,8 Md€ puis s'est dégradé à nouveau à 15,3 Md€ en 2024 et à 21,6 Md€ en 2025.
La Cour estime donc qu’il est "indispensable" d’engager un plan d’action visant à ramener le solde de la sécurité sociale à l’équilibre en 2030. Un tel résultat exige un effort de l’ordre de 6 Md€ par an, en plus de l’effort programmé de 4 Md€ par an dans la projection tendancielle à 2029. Pour y arriver, la Cour propose entre autres de :
- optimiser les franchises et les participations forfaitaires de l'assurance maladie ;
- revoir la stratégie concernant les soins dentaires face à une augmentation continue des dépenses et honoraires perçus, pour une qualité de soins à améliorer ;
- réguler davantage la transport de patients à la charge de l’assurance maladie ;
- rechercher une meilleure organisation du parcours des patients pour éviter certaines hospitalisations coûteuses et inadéquates ;
- mieux maîtriser les revalorisations des petites pensions de retraite ;
- revoir le compte professionnel de prévention de l'usure professionnelle.