Image principale 1
Image principale 1
© ShkYo30 - stock.adobe.com

Police et gendarmerie : quelles relations avec la population ?

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

Une analyse publiée en mai 2026 évalue la qualité des relations entre la population et les forces de sécurité intérieures (police et gendarmerie). Cette analyse a été conduite par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) sur la base d'enquêtes réalisées en 2022.

Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) présente une analyse thématique sur la satisfaction des usagers en contact avec la police ou la gendarmerie à partir des données de l'enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité réalisée en 2022. L'analyse, publiée le 29 mai 2026, repose sur trois thématiques majeures : 

  • les circonstances du contact avec les forces de sécurité intérieure ;
  • les opinions et les attentes des personnes en contact ; 
  • les types de contact (plaintes ou mains courantes, appels au 17, contrôles routiers...).

Des taux de satisfaction élevés mais variables selon les publics et les motifs de contact

Sur l'ensemble des personnes interrogées, un tiers (36%) déclare avoir été concerné par un contact avec les forces de sécurité intérieure entre juin 2021 et mai 2022.

Les motifs de contact les plus récurrents sont : 

  • les contrôles routiers (12%) ;
  • les dépôts de main courante ou de plainte auprès d'un commissariat ou d'une gendarmerie (7%) ;
  • les appels non urgents (7%).

Les contacts via internet et les réseaux ne représentent que 2% des cas. Les motifs de contact pour convocation comme suspect ou sollicitation pendant une manifestation représentent moins de 1% des cas. 

64% des contacts au sein des commissariats ou d'une brigade de gendarmerie concernent des personnes du quartier ou du village avoisinant alors que les contacts sur la voie publique concernent plus fréquemment des personnes en dehors de leur zone d'habitation, en particulier lorsque ces contacts ont lieu à l'initiative des forces de sécurité.

Les taux de satisfaction dans les locaux de police ou de gendarmerie sont globalement élevés, mais ils varient selon les motifs : plus élevés dans le cas d'une démarche administrative ou d'un signalement (86%) ou d'une convocation (84%) que dans le cas d'un dépôt de main courante ou de plainte (76%). 

Les contacts téléphoniques ou par internet en amont d'un déplacement dans un poste de police ou une gendarmerie sont jugés très majoritairement satisfaisants (89% à 90% d'avis positifs).  

Les plus jeunes ainsi que les habitants des zones urbaines se déclarent globalement moins satisfaits que les usagers plus âgés ou résidant en milieu rural.

Parmi les 8% des répondants qui disent avoir subi un mauvais traitement (incluant le tutoiement), une très faible proportion porte plainte ou saisit une instance de contrôle (entre 2% et 3%).

Une image globalement positive mais plus critique sur l'efficacité au niveau local

Le volet de l'enquête concernant l'image et la confiance dans la police et la gendarmerie de la population recueille un taux de réponse plus faible (entre 14% et 21%). 

Globalement, 62% des répondants disent avoir une image positive de la police ou de la gendarmerie (taux supérieur à celui observé dans l'enquête sur la justice en France menée en 2024 par les services de la statistique du ministère de la justice). L'image est légèrement moins positive (57%) au plan local (dans le village ou le quartier).

De la même façon, sur l'efficacité des forces de sécurité intérieure, le jugement est plutôt globalement positif (72%) mais il est plus critique au niveau local (sur la lutte contre les crimes et délits, la lutte contre les agressions, la lutte contre les vols...). 

La perception est moins positive du côté des jeunes, des diplômés du supérieur, des habitants des quartiers prioritaires et des descendants d'immigrés. 

Sur les attentes les plus fortes au niveau local, l'enquête relève une attente pour : 

  • des patrouilles dans les quartiers ou villages ;
  • une amélioration du lien de confiance avec les force de sécurité.