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© Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP

Déchets radioactifs : une nouvelle étape pour le projet de stockage en profondeur Cigéo

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

83 000 mètres cubes de déchets radioactifs enfouis à 500 mètres de profondeur, 150 ans d'exploitation du site pour un coût global de 37 milliards d'euros... le projet Cigéo prévu à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne vient de franchir une nouvelle étape avec l'examen par les parlementaires de la demande d'autorisation de sa création.

L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a publié, le 18 juin 2026, un rapport qui évalue la demande d'autorisation de création du centre industriel de stockage géologique (Cigéo).

L'OPECST est chargé d'évaluer dans quelle mesure les conditions sont réunies pour que le gouvernement accorde, par décret en Conseil d’État, une autorisation de création de Cigéo. 
Un centre de stockage en couche géologique profonde est, pour le moment, la seule solution pour gérer les déchets radioactifs "ultimes" qui ne peuvent pas être stockés en surface ou en faible profondeur (pour des raisons de sûreté nucléaire ou de radioprotection).

Un long processus "technique et démocratique"

"Quand les premières centrales furent construites, dans les années 1960, le sort des déchets qu’elles produiraient n’avait pas été réglé d’avance" rappelle le rapport.

En l’absence d’alternatives "réalistes" - le stockage dans les fonds marins ou l’immobilisation dans les glaces polaires n'étant plus considérés aujourd’hui comme des solutions viables pour des raisons éthiques ou juridiques - le stockage en couche géologique profonde s’est progressivement imposé comme solution pour les déchets nucléaires de haute activité (HA) et de moyenne activité et à vie longue (MAVL) produits en France.
La loi du 25 juillet 2016 précise les modalités  de création d'une installation de stockage réversible en couche géologique profonde offrant la possibilité pour les générations futures pendant 100 ans d'arrêter, de continuer ou de modifier le projet.

L'évaluation par l'OPECST de la demande d’autorisation de création de Cigéo (déposée par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs - Andra, en janvier 2023) est l'une des étapes d'un long processus démocratique : avis de l'autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), avis de la commission nationale d'évaluation, enquête publique...

Cinq points de vigilance concernant la sûreté durant la phase d'exploitation du site

Selon les termes du rapport : "Il n’appartient pas à l’Office de formuler une appréciation sur les décisions prises par l’ASNR concernant la sûreté. Il convient toutefois d’expliciter les options de conception choisies par l’Andra et d’évaluer si elles sont, à ce stade, de nature à garantir la sûreté et la pérennité du futur centre".

Pour ce qui concerne la sûreté passive, c’est-à-dire la sûreté sans action humaine ni surveillance renforcée après fermeture du site, la couche d’argile est l'élément central du dispositif. Les déchets seront stockés dans la roche argileuse à 500 mètres de profondeur, une couche géologique d’une centaine de mètres d’épaisseur entre la Meuse et la Haute-Marne, imperméable à l’eau, permettant d'éviter le transport des éléments radioactifs le long de circulations d’eaux souterraines.
Le laboratoire de Bure est le lieu d’expériences depuis une vingtaine d’années pour confirmer ces propriétés. La région, pauvre en ressources géologiques, réduit l’intérêt de forages prospectifs et d’intrusion involontaire.

Concernant la sûreté active (durant la phase d'exploitation du site), le décret d’autorisation devra mentionner cinq points devant être impérativement traités avant la mise en service du site : 

  • le risque d’incendie pour les colis bitumés ;
  • la corrosion des composants métalliques des alvéoles HA ;
  • l’optimisation du stockage ; 
  • le risque de criticité, c’est-à-dire le déclenchement non contrôlé d’une réaction de fission nucléaire, pour les combustibles usés ;
  • le risque d’explosion dans les alvéoles MAVL lié au dégagement d’hydrogène provenant de la décomposition des matériaux.

Le rapport développe aussi la question de la communication avec les générations futures en évoquant des scénarios potentiels d'intrusion involontaire dans le centre de stockage en cas de "rupture civilisationnelle" impliquant des bouleversements si profonds que l'existence même de ces installations aurait disparu des mémoires collectives.

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