Le volume I des résultats du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) 2025 a été publié le 8 septembre 2026. Plus de 760 000 élèves de 15 ans provenant de 91 pays et économies du monde ont participé à l'enquête de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
L'évaluation portait comme les années précédentes sur les sciences, domaine majeur de l'évaluation de 2025, la compréhension de l'écrit et les mathématiques et, pour la première fois, la résolution de problèmes dans un contexte computationnel (capacité à utiliser des outils de modélisation et de programmation, à concevoir, produire et développer des produits numériques...).
Une baisse de performance globale, y compris en France
L'enquête révèle une stagnation voire une détérioration de la performance dans de nombreux pays de l'OCDE sur l'année 2025. Les résultats moyens dans les trois disciplines principales (sciences, lecture et mathématiques) sont les plus faibles jamais observés. L'intensité de la baisse du niveau sur la période 2015-2025 varie selon les matières évaluées :
- baisse légère en sciences (7 points) ;
- baisse de 22 points en mathématiques ;
- baisse de 28 points en compréhension de l'écrit, qui coïncide avec l'essor du numérique, l'augmentation du temps passé devant les écrans, le recul de la lecture pour le plaisir et la hausse de la pratique de la '"lecture hâtive" (lecture rapide, mais de manière imprécise).
20% des élèves de 15 ans ne parviennent pas à atteindre le niveau de base dans ces trois domaines d'évaluation, contre 16% en 2022. Le niveau de compétence de base comprend l'identification d'informations dans un graphique en sciences, la compréhension de textes simples ou encore le rapport entre qualité et prix en mathématiques.
La France se place en 27e position, soit une place de moins qu'en 2022. Si les scores en compréhension de l'écrit et en mathématiques demeurent proches - bien qu'en-dessous - de la moyenne de l'ensemble des pays de l'OCDE, ils sont en nette baisse par rapport à l'année 2022 (respectivement -18 et -16 points). En sciences, le niveau est meilleur (1 point de plus que la moyenne OCDE) et plus stable (- 4 points par rapport à 2022).
Le PISA constate parallèlement des progrès dans plusieurs pays de l'OCDE (Costa-Rica, Slovaquie, Royaume-Uni, Turquie) et, en dehors de l'OCDE, dans certains États du Moyen-Orient, d'Europe de l'Est, d'Asie du Sud-Est et d'Amérique centrale et du Sud.
En revanche, si les disparités socio-économiques dans les pays de l'OCDE se sont réduites entre 2022 et 2025, c'est surtout en raison d'une baisse des résultats des élèves favorisés, et non d'une amélioration des scores des élèves défavorisés. En France, le nombre de points de différence entre les élèves les moins et les plus favorisés s'élève à 100 (contre une moyenne de 85 sur l'ensemble des pays de l'OCDE).
| Position | Pays/territoire | Score moyen en sciences | Écart de points entre élèves défavorisés et favorisés |
|---|---|---|---|
| 1 | Collectivités de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang (Chine) | 597 | 72 |
| 2 | Singapour | 560 | 91 |
| 3 | Macao (Chine) | 541 | 45 |
| 4 | Taïwan | 540 | 91 |
| 5 | Japon | 538 | 71 |
| 6 | Estonie | 527 | 68 |
| 7 | Corée du Sud | 526 | 69 |
| 8 | Royaume-Uni | 511 | 80 |
| 9 | Canada | 510 | 59 |
| 10 | Nouvelle-Zélande | 509 | 89 |
Quel est l'impact des outils numériques et d'IA ?
Le PISA 2025 fait le point sur l'intégration croissante des outils numériques et d'intelligence artificielle (IA) dans l'apprentissage des élèves.
45,5% des élèves des pays de l'OCDE utilisent au moins une fois par semaine des agent conversationnels d'IA pour leur apprentissage. Ils sont 37,4% en France. L'incidence de l'utilisation de ces chatbots sur les résultats varie selon leur utilisation :
- les scores des élèves y ayant recours pour des tâches spécifiques (synthèse de textes, travaux de recherche...) sont moins bons que ceux n'en ayant pas utilisé ;
- il n'y a quasiment pas d'écart de résultat selon que l'élève utilise l'IA de façon hebdomadaire et à des fins plus générales ou non ;
- les résultats en sciences sont légèrement plus avancés pour les élèves qui utilisent l'IA de manière régulière et qui peuvent apprendre à mieux maîtriser l'outil en classe (soit des élèves issus de milieux favorisés).
L'OCDE alerte également sur la vulnérabilité des jeunes de 15 ans à la mésinformation et à la désinformation. Moins de la moitié des élèves (46%) déclarent vérifier la crédibilité des sources d'information et accorder davantage de crédit aux données scientifiques qu'au bon sens, 38% vérifient les sources mais se fient au bon sens, 11% ne vérifient pas les sources mais se réfèrent aux études scientifiques et le reste (5%) ne vérifie pas les sources et se fie au bon sens. Le taux d'élèves qui vérifient les sources est plus élevé en France (total de 89%, comprenant ceux qui se fient aux études scientifiques et ceux qui se fient au bon sens).
Outre les conséquences de la place croissante des outils numériques et d'IA, le PISA 2025 met en lumière les effets durables de la crise du Covid-19 et l'implication moindre des parents dans l'apprentissage de leur enfant.