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© Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Logiciels et applications utilisés par l'État : les recommandations de la Cour des comptes

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

Traitement de texte, tableur, support de présentation, messageries électronique ou instantanée, visioconférence, partage de documents... Tous ces outils ont longtemps été choisis librement par les ministères. Face aux enjeux de souveraineté numérique et de maîtrise des dépenses, les outils de la DINUM sont adoptés de façon croissante.

La Cour comptes a publié, le 22 octobre 2026, à la suite d'une demande déposée sur sa plateforme citoyenne, un rapport sur les usages et le coût des outils bureautiques et collaboratifs par les ministères (administrations centrales et services déconcentrés).

L'adoption croissante d'outils numériques développés par l'État

D'après le rapport, la suite Microsoft Office s'avère être l'outil bureautique massivement présent au sein de l'État. 

Seules la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) et la Direction générale des finances publiques (DGFiP) ont renoncé aux logiciels bureautiques d'éditeurs sous licence payante. 

S'agissant des outils collaboratifs, le marché n'est pas marqué par une solution dominante : une trentaine de logiciels différents ont été recensés dans les ministères. 

La direction interministérielle du numérique (DINUM) a engagé une démarche de rationalisation en développant des outils communs, à travers une suite numérique de l'agent public appelée "La Suite".
Certains de ses modules "Tchap" (messagerie instantanée) et "Visio" (visioconférence) ont été récemment imposés à l'ensemble des administrations.

Le coût des outils bureautiques et collaboratifs

En 2025, sur le périmètre étudié dans le rapport, soit environ 861 000 postes de travail, l'État aurait dépensé 100 millions d'euros (M€). Ce montant, reconstitué par la Cour, recouvre les coûts :

  • des licences logicielles bureautique et collaborative (61 M€ dont les quatre cinquièmes en faveur de Microsoft) ;
  • des prestations ;
  • de la masse salariale des équipes numériques directement affectées.

Il est modeste par rapport au budget numérique total de l'État évalué à 5,5 milliards d'euros. Il est toutefois en forte progression sur les 5 dernières années (+50%), notamment du fait de la dynamique des dépenses en licences logicielles.

Pour la DINUM, le coût de La Suite a été d'environ 40 M€ au total depuis 2021.

Fixer une stratégie plus ambitieuse vers des logiciels libres

Selon le rapport, le modèle des logiciels libres est un gage d'indépendance des administrations publiques. Il est également économiquement plus vertueux. La Cour évalue entre 30 M€ et 65 M€ par an les économies qui pourraient en résulter, dans l'ensemble des ministères.

Le défi qu'il reste à affronter est celui d'une messagerie souveraine. Selon les termes de la Cour, "il est essentiel que la DINUM approfondisse la feuille de route de La Suite jusqu'en 2030 en lien avec les ministères utilisateurs et clarifie les ambitions en matière de messagerie".

Pour ce faire, la Cour formule notamment les recommandations suivantes :

  • faire évoluer le modèle de développement de La Suite pour s'appuyer davantage sur des entreprises du numérique qui disposent d'une expertise en matière de logiciels libres ;
  • engager la convergence vers des outils bureautiques et collaboratifs interministériels libres en mode cloud et prévoir un plan pluriannuel de migration, sur 3 à 4 années au maximum, orientant les stratégies numériques des ministères et de leurs opérateurs.