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Zones marines protégées : une protection insuffisante selon la Cour des comptes européenne

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

En 2023, 13,7% des eaux marines de l'Union européenne (hors territoires d'outre-mer) étaient désignées comme zones marines protégées. Dans un audit publié le 26 octobre 2026, la Cour des comptes européenne estime toutefois que l'Europe a "peu de chances" d'atteindre ses objectifs de conservation du milieu marin d'ici à 2030.

Les mers de l’Union européenne (UE) couvrent environ 5 millions de km², soit approximativement un million de km² de plus que sa superficie terrestre. Dans l'UE, en plus des sites Natura 2000, il existe 6 610 zones marines protégées nationales qui couvrent  243 600 km² et qui visent à conserver la biodiversité et les écosystèmes. Si leur superficie a augmenté, "l’UE n’a pas encore mis en place de réseau d’aires marines protégées qui assure une protection efficace du milieu marin". Il existe un "décalage persistant" entre les objectifs réglementaires et les résultats obtenus sur le plan de la conservation.

C'est le principal constat du rapport sur les zones marines protégées publié par la Cour des comptes européenne le 26 octobre 2026.

Rendre davantage effective la protection des zones marines dans l'UE

La stratégie de l'UE pour la biodiversité prévoit de protéger 30% des eaux marines de l'UE d'ici à 2030 dont 10% sous protection stricte.

Or, les objectifs risquent de ne pas être atteints au regard du retard pris selon la Cour des comptes européenne. Selon les estimations disponibles, environ 14% d’entre elles sont actuellement désignées comme zones marines protégées et moins de 1% de ces eaux sont aujourd’hui désignées comme zones strictement protégées, soit un niveau bien en deçà de l’objectif de 10% fixé pour 2030.

Outre l'absence ou la tardive désignation des zones à protéger, la Cour des comptes européenne souligne que la labellisation ne garantit pas la protection dans la réalité en raison du manque de cohérence du réseau existant. Le rapport souligne "des résultats médiocres en matière de conservation", notamment l'insuffisance de la protection dans les habitats hauturiers et d'eaux profondes.

Ainsi, la pêche peut dégrader les fonds marins et porter atteinte à la biodiversité alors que les restrictions concernent seulement une petite partie des zones protégées.

Face à ce constat, la Cour des comptes européenne préconise notamment : 

  • d'étendre le réseau des aires marines protégées ;
  • de faire en sorte que les zones protégées le soient effectivement ;
  • de renforcer l'implication des parties prenantes locales ;
  • d'améliorer les dispositifs de gestion adaptative et de suivi.