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Cancer du sein et infertilité : des inégalités persistantes dans la prise en charge

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

Les femmes subissent des biais de genre dans leur prise en charge médicale qui induisent des pertes de chances selon des études récentes mentionnées dans un rapport de l'Assemblée nationale d'octobre 2026. Face à ce constat, comment mieux accompagner les patientes dans l'accès aux soins pour le cancer du sein ou l'infertilité ?

La Délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes de l'Assemblée nationale a déposé le 21 octobre 2026 un rapport d’information sur la santé des femmes, axé sur le cancer du sein et l'infertilité.

Le cancer du sein : une urgence sanitaire en France

La France est le deuxième pays, derrière l’Australie, où le taux d’incidence du cancer du sein est le plus fort. C’est le cancer féminin le plus répandu en France : l’Hexagone enregistre 61 214 nouveaux cas en 2023, 913 089 personnes atteintes et 12 765 décès dus au cancer du sein. Une femme sur huit en développe un au cours de sa vie. Il touche de plus en plus de femmes jeunes.

En France, seules 46% des femmes de 50 à 74 ans ont participé au dépistage national en 2023, soit moins que la moyenne européenne (54%). Le délai entre le diagnostic et la première séance de radiothérapie s’accroît (12 semaines aujourd’hui).

La prise en charge présente toutefois des inégalités :

  • territoriales. L’offre de soins est plus rare et moins performante hors des grandes villes ;
  • sociales. Le reste à charge, élevé (1 549 euros en moyenne), résulte des dépassements d’honoraires (pour la reconstruction mammaire en particulier), du faible remboursement des prothèses ou des soins de support et du non-remboursement de certains produits (compléments alimentaires, produits diététiques…).

Cette pathologie a un impact psychologique particulièrement lourd pour les femmes.
 

 

L'infertilité : un phénomène croissant

L’infertilité touche directement 3,3 millions d’individus en France et ne cesse de progresser. Parmi les couples hétérosexuels en âge de procréer, un sur huit consulte pour ce motif. L’aide médicale à la procréation (AMP) est à l’origine de 3% à 4% des naissances en France chaque année. Elle s’appuie sur l’insémination artificielle ou la fécondation in vitro (FIV).

Depuis la loi bioéthique de 2021, les demandes d’AMP et de congélation d’ovocytes ont fortement augmenté, allongeant les délais dans les centres dédiés. Trois régions n’ont pas de centre d’AMP : la Corse, la Guyane et Mayotte. Les dons de gamètes sont insuffisants. Seules les personnes disposant des moyens financiers nécessaires peuvent aller à l’étranger pour bénéficier d’une technique indisponible en France.

Comment améliorer la prévention et la prise en charge ?

Face à ce constat, le rapport préconise notamment :

  • de rechercher les causes de la prévalence supérieure du cancer du sein en France par rapport aux autres pays européens, de développer le parc des unités mobiles de dépistage, d’organiser des campagnes de sensibilisation à l’autopalpation des seins, d’accélérer la mise en œuvre de la loi du 5 février 2025 visant à améliorer la prise en charge des soins et dispositifs par l’Assurance maladie, de renforcer l’accompagnement psychologique et social des patientes, de réduire l’exposition au cadmium et aux pesticides et de lutter contre l’alimentation industrielle ;
  • d’informer davantage les jeunes sur l’infertilité, de simplifier le parcours de soins, de mieux accompagner les patientes et d’autoriser le diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies afin d’éviter certains échecs de FIV.

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