L'incendie "Lubrizol/NL Logistique" du 26 septembre 2019 à Rouen - Eléments d'analyse et propositions de suites à donner

L'incendie "Lubrizol/NL Logistique" du 26 septembre 2019 à Rouen - Eléments d'analyse et propositions de suites à donner incendie Lubrizol/NL Logistique du 26 septembre 2019 à Rouen

Auteur(s) : Pierre-Franck Chevet - Nathalie Homobono - Paul Michelet - Alby Schmitt

Ministère de la Transition écologique et solidaire Ministère de l'Économie et des Finances pdf Gratuit - 3.77 Mo (nouvelle fenêtre) Protection de l'environnement Incendie Pollution chimique Pollution atmospherique Pollution


L’incendie de grande ampleur, survenu dans la nuit du 25 au 26 septembre 2019 à Rouen, a détruit une grande quantité de produits stockés sur les sites des entreprises Lubrizol et NL Logistique et provoqué une importante fumée qui s’est propagée sur un périmètre couvrant une partie de l’agglomération rouennaise, de la Seine-Maritime et des départements des Hauts-de-France. 
La mission a procédé à une analyse de la catastrophe sous l’angle technique. Elle propose un ensemble de recommandations afin de remédier aux fragilités mises en évidence et qui pourraient se rencontrer sur d’autres sites industriels.

Résumé 
Liste des recommandations 
Introduction 
Une mission qui vise deux objectifs distincts 
Une mission qui s’inscrit dans un contexte en lien avec d’autres initiatives

 1 Deux établissements industriels de la zone industrielle et portuaire de Rouen, dont les espaces d’entreposage sont mitoyens

1.1 Activités et situation réglementaire de Lubrizol et NL Logistique  
1.2 Une grande proximité entre les deux établissements concernés par l’incendi
e

2 Un incendie « hors normes »

2.1 26 septembre 2019, 2h39 
2.2 Une origine du feu non identifiée à ce stade, mais dans une zoné bien localisée    
2.3 Une extension très rapide de l’incendie   
2.4 Les chiffres-clés des moyens mis en oeuvre pour maîtriser l’incendie   
2.5 Un incendie maîtrisé de manière particulièrement efficace   
2.6 Les conséquences et le « bilan » de l’incendie

3 L’analyse de l’incendie : des fragilités dont tout laisse à penser qu’elles pourraient se rencontrer ailleurs

 3.1 Des équipements de prévention des incendies dont les insuffisances pourraient ne pas se limiter aux seuls sites de Lubrizol et NL Logistique 
3.2 Une sous-estimation du risqué d’incendie sur les stockages dé liquides combustibles non inflammables 
3.3 Une application extensive des principes d’antériorité 
3.4 Une étude de dangers qui se focalise sur la réduction des périmètres de danger, mais qui néglige des spécificités de la situation locale et omet des gains aisés possibles en matière de réduction du risque à la source 
3.5 Une prise en compte perfectible par les études de dangers des effets différés à moyen et long termes ou à longue distance des incendies
 

4 L’appréciation des impacts atmosphériques de l’incendie et les premières mesures dans l’environnement

 4.1 Le premier périmètre de protection des populations (misé à l’abri, 12 communes) a été valablement élaboré sur la base des données de l’étude de dangers du site Lubrizol 
4.2 Les premières mesures de polluants dans l’environnement 

5 L’information et la communication en direction des acteurs locaux et du public : la confiance en temps de crise se construit avant la crise

 5.1 Une information du public et une communication sur les sites à risque très institutionnelles 
5.2 Transparence et communication avant la crise pour une meilleure gestion de crise : construire une culture de la sécurité basée sur la confiance entre les parties prenantes 

6 Un plan d’actions pour les DREAL et une mobilisation des exploitants et fédérations professionnelles

6.1 Un plan d’actions pluriannuel, décliné au niveau régional 
6.2 Une mobilisation – en parallèle – des exploitants des sites concernés par le plan d’actions 
6.3 La poursuite d’exercices « revisités » de préparation à la gestion de crise
  

7 La question d’une « structure spécifique d’enquête post-accident »

7.1 Quels sont les besoins auxquels une telle structure spécifique permettrait de répondre ? 
7.2 Ce que ne peut pas – ne doit pas – être cette structure   
7.3 Dés modèles dont il apparaît possible de s’inspirer…
 

Conclusion 

Annexes 
1 Lettre de mission  
2 Liste des personnes rencontrées  
3 Explications envisageables, mais non exhaustives, du départ de feu   
4 Une absence, ou une insuffisance, de prise en compte des effets dominos dans l’étude de dangers  
5 Des dispositifs de rétention et de confinement des eaux d’incendie plus conçus pour éviter les fuites ponctuelles de produits dangereux et l’évacuation des eaux de ruissellement que pour éviter la propagation de l’incendie   
6 Éléments de statistiques relatives aux accidents technologiques (2015-2018 – Source BARPI) 
7 Glossaire des sigles et acronymes 

Rapport d'étude 74 Ministère de la transition écologique et solidaire 204000241
Date et heure de mise à jour

L'approche paysagère accélératrice de la transition agro-écologique

L'approche paysagère accélératrice de la transition agro-écologique approche paysagère accélératrice de la transition agro-écologique

Auteur(s) : Dominique Michel - Sylvie Rocq - José Ruiz - Jean-Pierre Thibault

Conseil général de l'Environnement et du Développement durable Conseil général de l'Alimentation, de l'Agriculture et des Espaces ruraux pdf Gratuit - 5.26 Mo (nouvelle fenêtre) Espace Protection de l'environnement Amenagement rural Amenagement forestier Politique agricole Ecologie

Après avoir défini les démarches agro-écologique et paysagère et analysé leurs liens de synergie et de complémentarité, le rapport met en évidence le lien indissociable entre ces deux démarches. Il étudie l’inflexion ou la mise en place des outils de politiques publiques mettant en avant l’approche paysagère comme facilitatrice de cette transition.
Le rapport propose d’illustrer les grands axes et les inflexions de politique publique qu’il propose, au moyen de projets identifiés à l’occasion d’un appel national à manifestation d’intérêt. 
La mission formule un ensemble de recommandations qui s'appuie sur les 3 principes suivants : 

  • 1. La prise en compte affirmée des liens humains entre agriculteurs, forestiers et autres acteurs du territoire
  • 2. Un ancrage territorial intégrant les spécificités locales, que ce soit dans le domaine agronomique, sylvicole, géographique, économique ou en termes de gouvernance
  • 3. Une démarche de projet ascendant élaborée par les acteurs de ces territoires pour favoriser le changement des pratiques et de leurs conséquences sur le paysage 

Résumé  
Liste des recommandations  
Introduction
 

1. Genèse et évolution des politiques agricole, forestière et paysagère

1.1. Les conséquences socio-économiques des politiques agricoles des Trente
Glorieuses (1950-1980)
 
1.1.1. Le modèle agricole de la PAC de 1962  
1.1.2. Le malaise agricole qui en découle  
1.1.3. L’évolution « en contrepoint » de la forêt

1.2. La montée en puissance du concept de paysage et de la démarche paysagère
(1980-2000)
 
1.2.1. Paysage, quelques définitions  
1.2.2. Genèse et évolution des politiques paysagères et agricoles

1.3. L’affirmation de l’agro-écologie et de la « forêt durable » dans les années 2000  
1.3.1. La politique agro-écologique  
1.3.2. Les conséquences paysagères potentielles de l’agro-écologie  
1.3.3. La forêt durable, dans la loi d’orientation forestière de 2001 

2. Agro-écologie et paysage : convergence et complémentarité


2.1. Du paysage à la démarche paysagère : penser le territoire agricole et forestier 
2.1.1. La démarche paysagère 
2.1.2. Projet de paysage-projet agricole

2.2. Quelques illustrations 

2.3. Convergence et complémentarité  

3. Outils agro-sylvo-paysagers à concevoir ou à faire évoluer

3.1. Accompagner et former les acteurs  
3.1.1. Accompagnement des agriculteurs et des territoires  
3.1.2. La formation initiale et continue des agriculteurs, des forestiers, des urbanistes, paysagistes et agronomes  
3.1.3. Le paysage dans l’accompagnement financier de la transition agroécologique : analyse de la PAC actuelle 2014-2020 et proposition pour la future PAC post 2021-2027

3.2. Certifier les produits et les activités agricoles  
3.2.1. Labels et signes de qualité et d’origine  
3.2.2. La certification environnementale  

3.3. Promouvoir les modes de gestion coordonnée du foncier

3.4. Traduire dans l’espace les projets agro-sylvo-paysagers  
3.4.1. Les périmètres de protection et de mise en valeur des espaces agricoles et naturels périurbains (PAEN)
3.4.2. Les projets alimentaires territoriaux et les schémas de cohérence territoriale. 
3.4.3. Les chartes forestières de territoire 
3.4.4. Les chartes de parcs naturels régionaux 
3.4.5. Les plans de paysage

3.5. Susciter ou reconnaître des projets démonstrateurs 

Conclusion 
Annexes

Rapport d'étude 108 Minstère de la transition écologique et solidaire : Ministère de l'agriculture et de l'alimentation 204000234
Date et heure de mise à jour

Déclaration de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances, sur la politique industrielle au niveau européen, à Bruxelles le 27 février 2020.

Déclaration de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances, sur la politique industrielle au niveau européen, à Bruxelles le 27 février 2020. Agnès Pannier-Runacher 27/02/2020 Politique industrielle Conseil compétitivité

Bonjour, j'assiste au conseil européen aujourd'hui notamment sur le sujet de politique industrielle et de transition écologique, énergétique. L'enjeu pour nous c'est de considérer que l'Europe doit s'équiper dans la compétition mondiale par rapport à la Chine, par rapport aux Etats-Unis qui aujourd'hui investissent massivement dans leur économie, massivement dans leur innovation et créent des entreprises extrêmement puissantes face auxquelles nous, Européens, nous donnons un accès à un marché très précieux, le marché unique européen, et parfois en étant un peu naïfs par rapport à nos propres entreprises.

Et c'est dans cette optique qu'il faut, ensemble, bâtir une politique industrielle plus ambitieuse, une politique qui permette à nos entreprises de se transformer et de réaliser leur transition écologique et énergétique, et de rester compétitives au plan mondial.

Cela suppose de l'investissement dans l'innovation, cela suppose de l'investissement dans les compétences et cela suppose de mieux travailler ensemble pour donner un accès au marché à ceux qui jouent avec nos règles du jeu, je pense aux accords de libre-échange que nous avons conclus, par exemple avec le Japon et la Corée du Sud, et d'être plus restrictifs peut-être avec ceux qui subventionnent massivement leurs entreprises pour conquérir ensuite des parts de marché en Europe, sans nous donner la réciprocité sur leur propre marché.

Voilà ce dont nous allons parler et également, évidemment, de cette façon dont nous allons accompagner la transition écologique et énergétique parce que c'est un enjeu majeur, non seulement pour l'économie, mais également pour les citoyens européens.
 

Politique industrielle Union europeenne Innovation Protection de l'environnement 203000554
Date et heure de mise à jour

Interview de Mme Brune Poirson, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, à Radio Classique le 12 février 2020, sur les enjeux du 4e conseil de défense écologique et le nécessaire respect du jeu démocratique.

Interview de Mme Brune Poirson, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, à Radio Classique le 12 février 2020, sur les enjeux du 4e conseil de défense écologique et le nécessaire respect du jeu démocratique. Brune Poirson 12022020 conseil defense ecologique démocratie
  • Brune Poirson - Secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire

GUILLAUME DURAND
Première question, elle est toute simple, quelle est la part dans ce qui va se passer dans ce Conseil de défense écologique, disons, des intentions politiques, elles sont tout à fait logiques, puisqu'il y a les municipales, et des décisions majeures qui pourraient être prises ?

BRUNE POIRSON
Déjà, je crois qu'il faut arrêter de voir systématiquement le fait que dès que nous parlons d'écologie, dès que nous faisons des choses sur l'écologie, c'est nécessairement lié à des fins électoralistes. Il y a aussi un sens des responsabilités qui, je crois, nous anime tous, qui est de préparer, de continuer à travailler pour préparer la France aux conséquences majeures du réchauffement climatique, et ça commence notamment par ce Conseil de défense écologique, il y en a eu plusieurs, je tiens à le rappeler, période électorale ou pas. Et donc là, le Conseil de défense écologique, qui va se tenir aujourd'hui, vise à justement faire en sorte que l'État anticipe mieux et protège mieux les citoyens face aux conséquences du réchauffement climatique, c'est-à-dire que ce n'est pas dans vingt ans, mais ça va être très concrètement aujourd'hui…

GUILLAUME DURAND
Alors, par exemple, empêcher la tempête Xynthia comme ça a eu lieu par exemple sur les côtes ?

BRUNE POIRSON
Alors, ça, j'aimerais bien qu'on ait le pouvoir de transformer la météo et le climat, mais en revanche, permettre aux Français de mieux s'adapter à des événements climatiques extrêmes, qui vont aller… de toute façon de plus en plus fréquents, c'est bien l'objectif, par exemple, pour lutter contre l'érosion, ce qu'on appelle l'érosion du littoral, le fait que la mer, elle grignote toujours un peu plus la terre…

GUILLAUME DURAND
Est-ce que ça veut dire, Brune POIRSON, par exemple, les maires pourront interdire dorénavant l'installation immobilière de gens qui se mettent dans des zones difficiles ?

BRUNE POIRSON
E en tout cas, il y a…

GUILLAUME DURAND
Ou dans des zones qui sont menacées…

BRUNE POIRSON
Il y a plusieurs étapes, mais aujourd'hui par exemple, pour vous donner un exemple très concret, si la maison que vous avez est située dans un endroit qui est potentiellement menacé, alors, vous devez en informer le prochain acheteur, ça, ça fait partie des mesures de transparence qui sont indispensables. De même que nous allons continuer à travailler pour revoir l'aménagement du territoire, mais là, je vous parle de ça, mais il y a aussi les inondations par exemple, et nous allons considérablement simplifier la préparation et ces plans de lutte contre les inondations. Et puis, il y a aussi la lutte contre la perte de biodiversité, en France, nous sommes une des premières nations en Europe à être aussi volontariste en matière de préservation de la biodiversité, on en a fait une priorité à la même échelle que la lutte contre les émissions de CO2. Et nous allons par exemple, et le président de la République l'a déjà annoncé, protéger 30% du territoire français, ça veut dire : créer de nouveaux parcs, et notamment, par exemple, effectivement, dans le Mont Ventoux un parc naturel régional dans le Mont Ventoux et aussi dans d'autres endroits…

GUILLAUME DURAND
Elisabeth BORNE, avec qui vous travaillez, dans Le Parisien, ce matin, s'attaque justement un peu à Europe Ecologie-Les Verts qui, avec DUFLOT, PLACE et les autres, a participé au quinquennat précédent, en disant : finalement, ils n'ont rien fait pour Fessenheim, dont la première partie va fermer au mois de février, fin février, ils n'ont rien fait pour fermer les centrales à charbon, ils n'ont rien fait pour fermer Europa City, ils n'ont pas fermé Notre Dame des Landes, etc., etc. Donc on a quand même l'impression, même si vous dites : ce n'est pas une affaire électorale, qu'il y a un petit règlement de comptes qui est en train de se mettre en place.

BRUNE POIRSON
Mais, Guillaume DURAND…

GUILLAUME DURAND
Sur le thème : les quinquennats précédents n'ont rien fait, nous, on fait quelque chose !

BRUNE POIRSON
Non, mais Guillaume DURAND, on passe nos journées à recevoir des leçons de la part d'Europe Ecologie-Les Verts, dois-je rappeler qu'ils ont été au pouvoir, ils l'ont été, en particulier sur tout ce qui est rénovation, tout ce qui rénovation thermique des bâtiments, Cécile DUFLOT était ministre du Logement, qu'a-t-elle fait ? Y a-t-il encore des passions énergétiques en France ou pas ? Oui ! Est-ce toujours un des domaines qui émet le plus de CO2 ? Oui. Et d'autre, part, moi, je note qu'Europe Ecologie-Les Verts, en tout cas, n'a pas vraiment changé. Les mots ont toujours aussi peu de sens…

GUILLAUME DURAND
Ils sont très diversifiés…

BRUNE POIRSON
Les mots ont toujours aussi peu de sens pour Julien BAYOU effectivement et Yannick JADOT. Quand vous entendez hier Julien BAYOU dire au micro, dire à la radio, que, finalement, il ne condamnait pas des actes violents, des actes violents, le siège au BLACKROCK a été dévasté, je suis très, très loin de soutenir BLACKROCK, très, très loin, effectivement, en matière de transition écologique, BLACKROCK doit faire beaucoup, beaucoup mieux. Mais, moi, je ne défends pas que mes amis, les règles d'un pays démocratique, c'est qu'on ne violente pas quelqu'un à la tête du client, quelqu'un ou une institution ou une organisation. Regardez, peut-être que si jamais un jour, ils arrivaient au pouvoir, si vous faites un jour un édito, Pascal (sic) DURAND, qui ne convient pas à Europe Ecologie-Les Verts, eh bien, peut-être qu'ils viendront aussi…

GUILLAUME DURAND
Moi, c'est Guillaume DURAND, mais ce n'est pas grave…

BRUNE POIRSON
Pardon. Guillaume DURAND, peut-être qu'ils viendront aussi saccager les locaux de Radio Classique. Les mots ont un sens…

GUILLAUME DURAND
Il n'en est pas question. Mais pardonnez-moi, mais…

BRUNE POIRSON
Est-ce un parti qui se comporte en respectant, en défendant, en défendant les valeurs démocratiques ou pas ?

GUILLAUME DURAND
Mais il y a plusieurs problèmes, et donc plusieurs questions, que la France soit un lanceur d'alerte, c'est une évidence, que la COP25 à Madrid était un échec, c'est aussi une évidence d'autres pays qui sont beaucoup plus pollueurs que nous. Donc si vous voulez, les Français, ils sont coincés dans une situation qui est très complexe, qui est presque schizophrénique, nous sommes tous écologiques, mais en même temps, on a le sentiment que la France est l'un des pays qui pollue le moins au monde, notamment grâce aux centrales nucléaires, donc on sent une situation complexe, si vous voulez, parce que par rapport à l'Australie, on vient de voir ce qui va se passer, par rapport à la Russie, à l'Inde, aux États-Unis, on est peu responsable de ce qui est, et c'est épouvantable, de ce qu'est la pollution mondiale, et ce qui crée justement un réchauffement climatique massif, mais en revanche, on le ressent.

BRUNE POIRSON
Absolument, mais c'est pour ça qu'il faut prendre des mesures, moi, je récuse cet argument de dire : il ne faut pas faire, parce que de toute façon, c'est d'abord à la Chine et à l'Inde d'évoluer…

GUILLAUME DURAND
Non, ça veut dire qu'on n'arrive pas à les convaincre, regardez ce qui s'est passé entre le président TRUMP et Emmanuel MACRON…

BRUNE POIRSON
Mais c'est exactement pour ça qu'on mène une diplomatie qui a radicalement changé dans la méthode et qui est extrêmement offensive dans le sens où nous travaillons, nous contournons les États, nous travaillons par exemple avec des entreprises, avec des États fédérés, avec des ONG, des organisations non gouvernementales, on travaille avec eux pour avancer plutôt que d'attendre que tout vienne, d'accord, entre États, nous n'avons effectivement plus le temps…

GUILLAUME DURAND
Mais donner l'exemple, mais ce n'est pas pour…

BRUNE POIRSON
Et c'est ce qu'on a fait. Mais je vais vous donner des exemples très concrets, c'est ce qu'on a fait…

GUILLAUME DURAND
Qu'il y ait des gourdes à l'Élysée, qu'on prenne des voitures hydroélectriques, tout ça est tout à fait normal, mais c'est vrai que ça ne va pas, si vous voulez, par rapport à ce qui se passe avec les centrales à charbon en Allemagne, aux Unis, etc., c'est peanuts, je ne dis pas que cet exemple est inutile…

BRUNE POIRSON
Alors, déjà, non, mais déjà, il y a plusieurs choses, 1°) : si vous voulez convaincre les autres de s'engager dans la transition écologique, vous devez, vous l'amener au maximum en France, et c'est exactement ce qu'on fait, premièrement. Deuxièmement, en Europe, la France a une influence qui est majeure. Et quand l'Europe par exemple dit qu'elle s'engage, et elle prend comme objectif la neutralité carbone en 2050, ça peut sembler un peu loin, mais c'est indispensable, parce que ça envoie un signal très, très clair à tous les secteurs économiques, ça, la France, c'est le résultat de presque deux ans de combat, de combat, de persuasion, de travail acharné politique pour convaincre nos partenaires européens, et l'Europe, le continent européen, moi, j'en suis intimement convaincue renaîtra et pourra partir sur de nouvelles bases avec la transition écologique, parce que c'est un facteur d'espoir et qui a des choses très, très concrètes qui en sortent…

GUILLAUME DURAND
Petite question concernant… vous voyez, je cherche mes mots…

BRUNE POIRSON
Par exemple, parlons du Green New Deal de la Commission européenne, ça, c'est un projet, et notamment, on a créé une banque européenne du climat avec 1 000 milliards d'euros qui vont être destinés à être investis dans la transition écologique pour faire de l'Europe le premier continent vert. Donc ce n'est pas que la France, c'est la France, mais c'est aussi la France dans l'Europe, et c'est une façon ensuite d'influencer nos partenaires, nos partenaires internationaux, c'est pour ça qu'on se bat aussi, par exemple, pour la mise en place d'une taxe carbone aux frontières, pour éviter les fuites de carbone et que nos efforts ne plombent pas la compétitivité de nos entreprises.

GUILLAUME DURAND
Le grand problème, vous le savez, enfin, l'un des grands problèmes, il y a les transports, effectivement, mais il y a aussi l'énergie et il y a la bataille autour du nucléaire. Et là, c'est vrai qu'il y a une sorte de division mondiale qui est très complexe, parce que, par exemple, la fondation Bill GATES, qui considère que le meilleur moyen de lutter contre le réchauffement climatique, c'est de travailler sur les mini-centrales nucléaires, la nouvelle responsable de la Finlande, qui a 35 ans et qui vient de prendre la direction du pays, travaille aussi sur les mini-centrales nucléaires, et on a l'impression que le nucléaire, qui est quand même la base justement de notre situation plutôt privilégiée en France, il est au cœur de la bataille entre, disons, ceux qui gouvernent et les écologistes les plus radicaux, alors vous leur diriez quoi ce matin, c'est-à-dire, qu'elle est le grand argument que peut prendre un gouvernement tout en fermant Fessenheim et en maintenant un objectif de réduire la part du nucléaire de leur dire que, quand même, le nucléaire, c'est utile ?

BRUNE POIRSON
Alors, je pense que la première chose, elle est…

GUILLAUME DURAND
Parce que c'est le cœur de la bataille…

BRUNE POIRSON
Première chose, le cœur de la bataille, c'est de lutter contre les émissions de CO2, c'est pour ça – parce que c'est ça qui réchauffe la planète – c'est pour ça que nous allons fermer les quatre centrales à charbon d'ici la fin du quinquennat, donc maintenant, d'ici… dans les deux années à venir. C'est nous qui l'avons fait, ce n'est pas les écologistes dans le gouvernement précédent…

GUILLAUME DURAND
D'accord, mais c'est un engagement certain ce matin ?

BRUNE POIRSON
Non, mais, on y travaille !

GUILLAUME DURAND
Non, mais c'est certain ou on y travaille ?

BRUNE POIRSON
Ah, non, mais c'est absolument certain, mais quand je dis : on y travaille, c'est-à-dire qu'en ce moment, il y a des discussions, des négociations parce qu'il y a des employés qui travaillent dans ces centrales à charbon, il faut aussi qu'ils aient un avenir, donc c'est là-dessus qu'on travaille, donc ça, c'est la priorité. Lutter contre les émissions de CO2. La deuxième, c'est de baisser la part du nucléaire dans le mix énergétique français, comment ? En augmentant de façon considérable la part des énergies renouvelables, et c'est pour ça qu'on a… dans la programmation pluriannuelle de l'énergie, nous avons des objectifs en matière de développement des énergies renouvelables qui sont très ambitieux, ça veut dire par exemple…

GUILLAUME DURAND
Il va falloir baisser les prix, parce que vous savez que le grand argument de ceux qui défendent le nucléaire, c'est de dire que l'éolien et le reste, ça coûte une fortune.

BRUNE POIRSON
Ecoutez, chacun, chacun…

GUILLAUME DURAND
Le nucléaire… enfin, prenons un exemple simple pour ceux qui nous écoutent ; le nucléaire, ça marche 24 heures sur 24. Par définition, l'éolien et le solaire, eh bien, le solaire, ça marche quand il y a du soleil, et l'éolien, quand il y a du vent. Donc ça paraît quand même un peu problématique…

BRUNE POIRSON
Pour l'instant, effectivement, on n'a pas…

GUILLAUME DURAND
Pardonnez-moi d'être un peu logique…

BRUNE POIRSON
Non, non, mais pour l'instant…

GUILLAUME DURAND
C'est mon côté Pascal DURAND…

BRUNE POIRSON
Pour l'instant. Vous savez, aujourd'hui, on a 75% du nucléaire dans le mix-énergétique français, notre objectif, il est de le baisser à 50%. A 50%, pourquoi ? Parce qu'on n'a pas encore de système de stockage des énergies intermittentes, que sont effectivement les énergies renouvelables, mais ça ne nous empêche pas de développer de façon massive les énergies renouvelables, et en particulier, par exemple, ce qu'on appelle l'éolien offshore, c'est-à-dire des turbines sur la mer, on veut en développer jusqu'à deux parcs par an.

GUILLAUME DURAND
Nous sommes en direct avec Brune POIRSON, donc chargée notamment… comme secrétaire d'État à l'Ecologie au gouvernement. Est-ce qu'il existe une sorte de fébrilité, alors vous n'étiez pas hier à la réunion avec Emmanuel MACRON, on a l'impression que, d'un côté, il leur dit : soyez fiers d'être des amateurs, ceux qui nous ont précédés, qui étaient des professionnels, n'ont pas fait grand-chose… pour remonter les troupes, mais en même temps, c'est le signe d'une certaine forme de fébrilité, et puis, alors, on voit des choses un peu ahurissantes, on lit dans les journaux que du côté de l'Élysée, peut-être pas le président, mais déconseillé craignent que n'arrive une candidature venue d‘on ne sait pas d'où, qui serait une candidature de la société civile, on parle Pierre de VILLIERS, même de Cyril HANOUNA, etc, etc. Donc comment l'Élysée peut être à la fois offensif et inquiet ?

BRUNE POIRSON
Attendez, mais je ne vais pas, là, commenter des commentaires de commentaires sur des spéculations…

GUILLAUME DURAND
Non, mais c'est une interview politique le matin, alors…

BRUNE POIRSON
Mais en revanche, en revanche, en revanche, ce qui est certain, c'est qu'il y a un lien qui est étroit et qui est puissant entre le président de la République et les députés, d'abord, et moi, j'en suis une, d'abord, eh bien, parce que nous avons fait campagne pour son projet à lui, ensuite, parce que depuis les réformes constitutionnelles, en France, il y a un lien étroit, c'est vrai, entre le président de la République et les députés, et puis, ensuite, vous parliez de tensions, de fébrilité, vous avez vu l'état de la violence, vous avez vu la violence politique dans ce pays, il y a une perte totale de repères de la part de beaucoup de responsables politiques, les mots n'ont plus de sens aujourd'hui pour beaucoup de responsables politiques en France. Aujourd'hui, il y a des députés…

GUILLAUME DURAND
Mais il n'en porte aucune responsabilité ?

BRUNE POIRSON
Aujourd'hui, il y a des députés de La République En Marche qui chaque semaine se font attaquer, verbalement, mais aussi physiquement, c'est ça, la réalité. On vit une période de violences qui est inédite sous la 5ème République. Et vous avez des responsables politiques…

GUILLAUME DURAND
Oui, mais c'est lui le président !

BRUNE POIRSON
Vous avez des responsables politiques comme par exemple Jean-Luc MELENCHON ou encore Adrien QUATENNENS qui se comportent comme des enfants pourris gâtés par la démocratie, les mots n'ont plus de sens. Quand on dit qu'en France, on est dans un régime autoritaire, c'est indigne, c'est indigne de notre démocratie, et c'est un véritable scandale, et ça doit être dénoncé. Il y a des lâches de la démocratie aujourd'hui en France, moi, j'ai habité en Asie par exemple, dans des régimes autoritaires, tenir des propos comme ça en France, c'est indigne vis-à-vis des populations qui vivent pour de vrai dans des régimes autoritaires…

GUILLAUME DURAND
Vous voulez dire que c'est la défaite de 2017 qui n'a pas été digérée…

BRUNE POIRSON
En France, Jean-Luc MELENCHON et Adrien QUATENNENS, ils ne devraient pas… ils n'existeraient pas si on était dans un régime autoritaire. Et c'est ce que je disais, les mots n'ont plus de sens, quand vous avez Julien BAYOU et Yannick JADOT qui ne condamnent pas la violence au siège de BLACKROCK, attention, je l'ai dit, moi, aussi, je pense que BLACKROCK devrait faire beaucoup, beaucoup plus en matière de transition écologique, mais on n'attaque pas à la tête du client. On est dans une démocratie…

GUILLAUME DURAND
Et attendez, pardonnez-moi, je voudrais qu'on termine parce qu'on arrive au terme, est-ce que vous considérez que c'est finalement la défaite de 2017 qui ne passe pas ou est-ce qu'ils considèrent que, finalement, le président de la République n'en fait qu'à sa tête, ne les écoute pas, n'écoute pas le pays, fait la réforme des retraites qu'il a souhaitée, même si elle n'est pas souhaitée par exemple par des avocats ou d'autres professions et par une partie des Français, semble-t-il, 60%, c'est-à-dire, quelle est la vérité là-dedans ? Ce sont des gens qui inventent une hostilité, voire une hostilité violente, ou est-ce qu'il y a une part de vérité dans tout cela, parce que, finalement, président de la République a dit : il fallait reconnaître, il l'a dit hier soir, il l'a dit aux parlementaires, il y a un moment où il faut peut-être reconnaître ses erreurs aussi…

BRUNE POIRSON
Oui, mais, attendez, là, on parle de deux choses qui sont différentes, il y a, 1°) nos institutions démocratiques, le jeu démocratique, et tous les responsables politiques doivent s'inscrire dans ce jeu démocratique-là, et ne pas jouer sur les mots justement, ne pas se comporter comme des lâches et des traîtres de la démocratie. Il y a ça, et puis, de l'autre côté, il y a une méthode, dans ce cadre démocratique-là, il y a une méthode de gouvernement, une méthode de travail, ce sont deux choses qui sont différentes…

GUILLAUME DURAND
Donc peut-être que la méthode est une méthode qui fondamentalement…

BRUNE POIRSON
Non, mais attendez, on ne va pas quand même retourner les choses, il y a des partis qui ne respectent pas la démocratie en France, on ne peut pas être accusé de ça, qu'il faille par exemple écouter plus…

GUILLAUME DURAND
On est au terme…

BRUNE POIRSON
Et continuer à travailler avec l'ensemble des partis politiques, certes, mais il n'empêche que les mots ont un sens et que la démocratie doit être préservée, pas à la tête du client…

GUILLAUME DURAND
Merci Brune POIRSON. Je rappelle qu'il y a un Conseil de défense écologique aujourd'hui, que le président de la République va se déplacer au Mont-Blanc, du côté de la magnifique mer de glace qui malheureusement donc recule sous l'effet du réchauffement climatique, et ça, c'est évidemment une réalité.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 février 2020 
 

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Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les énergies renouvelables et la question climatique, à Paris le 6 février 2020.

Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les énergies renouvelables et la question climatique, à Paris le 6 février 2020. Jean-Yves Le Drian 06/02/2020 Énergies renouvelables 21ème colloque du syndicat des énergies renouvelables

Monsieur le Président du Syndicat des énergies renouvelables, cher Jean-Louis Bal,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,


Les énergies renouvelables sont l'un des piliers de la transition énergétique qu'il nous faut accomplir pour décarboner rapidement et durablement notre production d'énergie. Et je crois qu'aux côtés du gouvernement et de la société civile, les entreprises françaises de ce secteur sont appelées à jouer un rôle décisif, en France comme à l'international.

C'est pourquoi j'ai tenu, après avoir passé une partie de la journée à Montpellier, à vous rejoindre cette après-midi pour vous exprimer d'abord une certaine fierté.

Une fierté qu'autant de grands groupes - bien sûr, mais surtout de start-ups, de PME et d'ETI s'engagent dans le développement de ce qui est, à l'évidence, l'une de nos meilleures armes pour lutter contre le réchauffement climatique.

Une fierté que l'expertise française soit une référence dans tous les domaines du renouvelable, qu'il s'agisse de l'éolien terrestre ou en mer, du solaire, de la géothermie, des énergies marines renouvelables ou de la biomasse.

Une fierté enfin que de très nombreux pays - je le constate régulièrement lors de mes déplacements - fassent appel à vos compétences et vos technologies pour construire ou gérer leurs réseaux ou intervenir dans des territoires isolés, en particulier dans les milieux insulaires, dont nous - Français - sommes bien placés pour connaître les spécificités, grâce à nos territoires d'outre-mer.

L'essor fulgurant du renouvelable, qui représentait près des deux tiers des investissements dédiés à l'installation de nouvelles capacités en 2018, est une excellente nouvelle pour la transition énergétique mondiale. Mais cette excellente nouvelle ne doit pas masquer le chemin qu'il nous reste à accomplir. Aujourd'hui, les énergies renouvelables ne produisent que 17% de l'énergie consommée dans le monde. C'est déjà, bien sûr, un progrès significatif. Bien sûr, des centaines de milliards sont déjà investis dans ce secteur chaque année. Mais ce n'est pas assez !

Pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris - et comment pourrions-nous ne pas en faire une priorité absolue, quand on voit l'état d'urgence climatique dans lequel se trouve notre planète ? -, il nous faut redoubler d'efforts. Les recommandations du GIEC sont claires : nous devons nous donner les moyens de produire 70, voire 85 % de notre électricité au moyen d'énergies renouvelables en 2050. Concrètement, cela signifie que nous devons commencer par développer 300 GW supplémentaires chaque année d'ici 2030. Sans quoi, nous ne tiendrons pas la limite du réchauffement à 1,5°C. Avec tout ce que cela suppose. Et vous avez rappelé, cher Jean-Louis Bal, les terribles effets du changement climatique qui se font déjà sentir aujourd'hui.

Ma responsabilité de ministre de l'Europe, dans ce domaine où notre Union veut montrer la voie, et de ministre des affaires étrangères d'un pays qui se bat pour le climat et la biodiversité, c'est de vous aider à mettre en valeur vos atouts - et vous n'en manquez pas ! - et de vous accompagner à l'international.

Comme vous le savez, le secteur des énergies renouvelables est, depuis 2015, l'un de nos secteurs prioritaires à l'export. Et je veux aujourd'hui à nouveau remercier Jean-Louis Bal d'avoir accepté, en novembre dernier, de devenir le fédérateur de votre filière. Sa mission est, avec le soutien des équipes de mon ministère, de promouvoir et de valoriser l'offre française auprès des décideurs, publics et privés, des marchés internationaux. Et de le faire en synergie avec le référent export du Comité stratégique de filière (CSF) "industrie des nouveaux systèmes énergétiques". Car, en matière de commerce extérieur, nous avons toujours intérêt à avancer groupés et à coordonner nos efforts.

Cette conviction - vous le savez - est, depuis février 2018, au coeur de notre nouvelle stratégie de soutien aux entreprises exportatrices. Pour aider les sociétés françaises à s'internationaliser, nous avons voulu simplifier le "parcours à l'export" et unifier notre dispositif d'accompagnement, en créant un guichet unique dans les territoires : la "Team France Export".

Dans chaque région, cette "équipe de France de l'export" fédère l'ensemble des acteurs publics concernés - Business France, Bpifrance, les Régions et les chambres de commerce et d'industrie - pour que nous puissions vous aider, le plus efficacement possible, à préparer et à concrétiser vos projets export. Et je suis très heureux de noter que parmi les 40.000 entreprises potentiellement exportatrices suivies par nos 235 conseillers internationaux présents sur l'ensemble du territoire, beaucoup appartiennent au secteur des énergies renouvelables. J'ai pu voir ce matin à Montpellier que la "Team France Export" est en ordre de marche.

Le déploiement du réseau "Team France Export" se poursuit également à l'étranger, avec Business France et ses partenaires privés. Il couvrira bientôt une centaine de pays.

Nous voulons aussi, cette année, poursuivre notre réforme des outils de financement export afin de les mettre en cohérence avec nos engagements en faveur du climat. Déjà, vous l'avez rappelé, cher Jean-Louis Bal, nous avons cessé tout soutien financier aux projets charbon.

Mais l'enjeu, pour vous, c'est surtout de pouvoir bénéficier plus largement des dispositifs actuels, qui restent, en effet, encore trop peu accessible aux entreprises de votre secteur. Cela doit changer et nous y travaillons. En attendant, sachez que des solutions existent déjà : l'Etat a soutenu de grands projets, comme celui de NEOEN en Argentine, mais aussi des installations plus modestes comme celle de CAP VERT ENERGIE au Sénégal pour quelques Mégawatts. Nous allons donc faire plus, mais n'hésitez pas à vous tourner d'ores et déjà vers les conseillers de Bpifrance assurance export pour qu'ils vous aident à financer vos projets à l'international.

Vous accompagner, c'est aussi mettre en avant les atouts du secteur des énergies renouvelables français lorsque nous plaidons pour une transition énergétique ambitieuse dans les grands rendez-vous internationaux.

Je pense, pour 2020, au Sommet France-Océanie et au One Planet Summit qui se tiendront à Papeete en avril.

Je pense au Sommet Afrique-France sur la ville durable qui aura lieu en juin à Bordeaux. Avec un espace dédié aux entreprises, la Cité des solutions, où j'espère que vous serez nombreux à présenter vos savoir-faire.

Et je pense aussi, bien sûr, à la COP26, en novembre prochain. La précédente COP, de même que le Sommet pour l'action climatique du Secrétaire général des Nations unies, n'a pas tenu toutes ses promesses. C'est vrai. Mais ces événements ont créé une dynamique politique sur laquelle nous allons nous appuyer pour faire de la COP de Glasgow l'occasion d'un relèvement de notre niveau d'ambition collectif. Nous y travaillons déjà au plan européen.

Car - comme je le disais -, en matière de climat, les Européens veulent montrer la voie. Et le "Pacte vert" proposé par la Commission nous donnera les moyens d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.

C'est essentiel d'y parvenir. Mais c'est également essentiel de le faire en cherchant, dans le même temps, à mettre la transition énergétique et environnementale au service de notre économie. Sinon, nous finirions par perdre sur tous les plans. Sur le plan économique, bien sûr. Mais aussi - comble de l'ironie - sur le plan environnemental, parce que nous ne pourrions pas prolonger nos efforts dans la durée. Et, au final, sur le plan social, parce que nous aurions fragilisé les emplois des Européens sans répondre à leurs préoccupations écologiques.

Il faut donc faire de la transition un moteur de notre croissance. Comment ?

D'abord, en investissant massivement dans l'innovation en faveur de la protection de l'environnement et dans la transformation de notre modèle productif.

C'est le sens du "Plan d'investissement pour une Europe durable". Sur la décennie, l'Union européenne mobilisera ainsi plus de mille milliards d'euros publics et privés.

Ce sera bon pour la planète. Ce sera bon pour l'Europe. Et ce sera bon pour nos exportateurs, qui pourront partir à la conquête de nouveaux marchés avec un avantage compétitif. Nous devons y prendre toute notre place.

C'est ce que nous avons fait cette semaine avec le lancement par le président de la République à Nersac, en Charente, d'une filière européenne de batteries qui bénéficiera à de nombreux secteurs : les énergies renouvelables, bien sûr, mais aussi par exemple l'automobile.

Ensuite - et c'est complémentaire -, en luttant contre les fuites de carbone par un mécanisme d'inclusion carbone aux frontières de l'UE, compatible avec les règles de l'Organisation mondiale du Commerce.

Empêcher toute forme de dumping environnemental, c'est à la fois une question d'efficacité et de justice.

Et c'est, en définitive, une question de cohérence, comme la mise en conformité de notre politique commerciale avec notre engagement climatique. À cet égard, je tiens à saluer l'engagement de la Commission de proposer que le respect de l'Accord de Paris soit un élément essentiel de nos accords commerciaux - c'est-à-dire, très concrètement, que son non-respect nous permette de suspendre ces accords ou de nous en retirer. C'est une demande portée par la France depuis le début du quinquennat, que nous allons désormais pouvoir travailler à mettre en oeuvre, y compris dans notre relation future avec le Royaume-Uni.

Nos concitoyens - c'est ma conviction profonde - ne sont pas par principe protectionnistes. Ils sont, justement, pour la cohérence. Et ils sont pour la souveraineté de l'Europe. Ils sont donc pour l'ouverture commerciale, oui, mais pour une ouverture exigeante. Une ouverture qui, dans tous les domaines, se fasse dans le respect de nos engagements et des standards que nous nous sommes fixés. Une ouverture qui ne vienne pas défaire là ce que nous entreprenons ici, mais qui vienne au contraire consolider nos efforts et tirer vers le haut nos exigences en matière de lutte contre le changement climatique et de protection de l'environnement, mais aussi en matière sociale. Et c'est tout à fait possible ! Un seul exemple, qui vous concerne directement : la promotion des investissements dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique sont des axes de travail privilégiés dans les négociations en cours en vue de potentiels accords commerciaux européens avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande - la prise en compte de ces enjeux a beaucoup progressé depuis 2 ans.

Il est, enfin, un autre domaine clef de notre politique étrangère où nous avons - je crois - besoin les uns des autres : c'est l'aide au développement.

Car l'accès à l'énergie est à la fois un Objectif de développement durable à part entière et un préalable qui conditionne tous les autres. Comment, sans électricité, envisager l'amélioration des conditions économiques, sociales, environnementales ? Comment, sans électricité, agir pour l'éducation, pour l'égalité de genre, pour la santé ? Et je rappelle que 13% de la population mondiale en est encore privé !

Nous comptons donc sur vous pour nous aider à offrir un service d'énergie accessible, abordable et propre aux populations des pays que nous avons identifiés comme des pays prioritaires, notamment ceux du Sahel. Parce que le retour de la paix et de la stabilité au Sahel, qui est essentiel pour notre propre sécurité, passe nécessairement par le développement, que le développement passe nécessairement par l'énergie et singulièrement, pour que ce développement soit durable, par les énergies renouvelables.

Vous le savez : la France s'est engagée à investir 3 milliards d'euros entre 2016 et 2020 pour les énergies renouvelables en Afrique, ce qui nous permet, par exemple, de financer l'augmentation du taux d'électrification rurale en Mauritanie et le barrage hydroélectrique de Nachtigal au Cameroun.

Voilà, mes chers amis, le message d'encouragement et de soutien que je voulais vous adresser aujourd'hui.

Accompagner l'écosystème des industriels français du secteur des énergies renouvelables est l'une des priorités de notre politique de soutien au commerce extérieur. Pour des raisons qui - vous l'aurez compris - vont bien au-delà du commerce : des raisons qui touchent à la transition écologique, au développement humain et, donc, à une certaine idée du monde dans lequel nous voulons vivre.

Les solutions que vous proposez sont, à proprement parler, des solutions d'avenir et - je vous le redis - je ressens une grande fierté d'être aujourd'hui à vos côtés. Je vous remercie.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 11 février 2020

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