COVID-19 : plus de 500 milliards d’euros pour soutenir l’économie européenne

Le 9 avril 2020, l'Eurogroupe qui regroupe les ministres des finances de la zone euro a validé un accord pour soutenir l'économie européenne à hauteur de plus de 500 milliards d'euros sans toutefois inclure l’émission de bons du trésor européens (coronabonds). Certains points du futur fonds de relance évoqué dans l'accord restent en discussion.

Temps de lecture  3 minutes

© Marco Scisetti - stock.adobe.com

D'après le communiqué du 10 avril 2020 du Conseil européen, cet accord de l'Eurogroupe propose plus de 500 milliards d'euros pour protéger les États membres, les salariés et les entreprises. Ce compromis apporte une aide rapide et ciblée. Pour amortir le choc subi par l'économie européenne, l’Union européenne est ainsi, à l’heure actuelle, la seule macro-région qui fait du multilatéralisme son mode d’action privilégié.

Trois instruments financiers mis à disposition

Selon la déclaration du président de l'Eurogroupe, cet accord comprend trois volets :

  • pour les salariés : SURE, un outil nouvellement créé,  apporte un appui aux dispositifs nationaux de chômage partiel (100 milliards d’euros) ;
  • pour les entreprises, notamment les PME : un fonds de garantie européen hébergé à la Banque européenne d’investissement fournit des prêts jusqu’à hauteur de 200 milliards d’euros  ;
  • pour les États de l’Eurogroupe : une ligne de crédits de 240 milliards d’euros est mise à disposition par l’intermédiaire du Mécanisme européen de stabilité (MES), ce qui représente 2% du PIB de l’eurozone. La seule restriction de l’affectation des fonds est leur destination, ils doivent couvrir les dépenses directes et indirectes du combat contre la pandémie et ses conséquences (d’ordinaire, l’accès aux lignes de crédit du MES est assorti de réformes à mettre en place en matière de dépenses publiques).

Si les deux premiers points concernent chaque État membre, le troisième est réservé aux États de la zone euro.

Une mobilisation de l'Union européenne

En moins d’un mois (mars-avril 2020), les dirigeants européens ont pris des décisions stratégiques. L’ensemble des politiques et des instruments de soutien à la dépense publique créés entre 2010 et 2014 pendant la crise financière, ont été mis en œuvre :

  • suspension des règles de discipline budgétaire ;
  • assouplissement de la législation européenne sur les aides de l’État ;
  • recours au Mécanisme européen de stabilité ;
  • mobilisation de la BEI ;
  • rachats sur le marché secondaire des bons du trésor émis...

L’Union européenne avec l’euro - la deuxième devise mondiale -, garantit ainsi un montant d’endettement public sans précédent. Alors que la santé publique n’est pas une politique commune, la Commission et les États ont créé une Réserve stratégique de matériel médical. Quant à la fabrication des tests et à la recherche sur le vaccin, l’Union est en train d’y contribuer avec un budget spécifique. Il est par ailleurs question de mettre en place un fonds de relance temporaire afin d'assurer une reprise économique soutenu dans tous les États membres.

Le nouveau cadre financier pluriannuel 2021-2027 en cours de négociation, devra jouer un rôle majeur dans ce contexte.