UE : une double stratégie pour la biodiversité et une alimentation de qualité

La Commission européenne a dévoilé sa stratégie pour, à la fois, enrayer l’appauvrissement de la biodiversité et engager la transition vers un système alimentaire durable combinant nature préservée, juste rémunération des agriculteurs et santé du consommateur. Cette double stratégie doit s'inscrire également dans le cadre de la PAC.

Temps de lecture  3 minutes

© Rémy Masseglia - stock.adobe.com

Conformément aux ambitions écrites dans le pacte vert pour l’Europe de fin 2019 et alors que le monde subit une crise sanitaire de grande ampleur avec l'épidémie de COVID-19, la Commission européenne a lancé deux stratégies complémentaires le 20 mai 2020.

La stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 "Ramener la nature dans nos vies" doit préserver les écosystèmes par des engagements drastiques en matière de la protection de la nature. Elle sera appliquée en tandem avec la stratégie "De la ferme à la table" pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l'environnement qui vise à favoriser un système alimentaire sain et durable.

Les deux dispositifs doivent s’appuyer également sur la nouvelle politique agricole commune (PAC). C’est la première fois que l’Union dispose d’un agenda qui recouvre toutes les étapes de l’approvisionnement alimentaire, de l’agriculteur au consommateur. Pour la Commission, l’Union a une responsabilité particulière en tant que premier importateur et exportateur mondial de denrées alimentaires.

Des stratégies plus durables

Les deux stratégies s'attaquent aux principaux facteurs du déclin de la biodiversité : utilisation non durable des terres et des mers, surexploitation des ressources naturelles, pollution et espèces exotiques envahissantes.

Elles proposent des mesures concrètes, entre autres :

  • la transformation de 30% au moins des terres et des mers européennes en zones protégées ;
  • le développement de l’agriculture biologique, à hauteur de 25% de la superficie agricole totale ;
  • la réduction de 50% de l'utilisation des pesticides chimiques et des pesticides qui présentent les risques les plus élevées ;
  • la diminution du recours aux engrais d'au moins 20% ;
  • la baisse de 50% des ventes d'antimicrobiens destinés aux animaux d'élevage et à l'aquaculture...

L’étiquetage des produits sera un outil majeur pour porter les transformations. L’alimentation des Européens est trop grasse, trop riche en sel, en protéines animales, en sucres. L’information des consommateurs pour qu’ils fassent des choix responsables est un objectif à atteindre. Un étiquetage nutritionnel obligatoire sur le devant de l’emballage pour les produits alimentaires sera mis en place. Un autre étiquetage informera sur la "durabilité" des produits. Tout est envisagé : indication du pays d’origine, du respect des normes du bien-être animal, d’impact climatique… Enfin, des initiatives sont prévues pour renforcer la position des producteurs primaires dans la chaîne alimentaire et améliorer la transparence.

Une mise en cohérence nécessaire avec la PAC

La Commission estime que les agriculteurs jouent un rôle majeur dans la préservation de la biodiversité. Pour soutenir à la fois la nature et l’agriculture, elle propose d’inclure dans la nouvelle PAC la promotion de programmes écologiques et des régimes de paiements fondés sur des résultats.

Les objectifs de cette double stratégie "Ramener la nature dans nos vies" et "De la ferme à la table" doivent donc se traduire dans la réforme de la PAC.