Covid-19 : quel impact sur les soins en psychiatrie ?

La crise de la Covid-19 a affecté tous les secteurs de la santé, en particulier la psychiatrie. Pendant le confinement, le nombre de consultations a chuté, des structures ont fermé. À la sortie de cette période, les services ont dû se réorganiser rapidement pour faire face à un afflux de patients.

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Femme avec masque regardant à la fenêtre
Le confinement mais aussi les difficultés économiques et sociales ont augmenté dans la population les symptômes dépressifs, anxieux et les addictions. © dragonstock. Adobe-stock.com

La santé mentale et la psychiatrie sont des enjeux majeurs de santé. On estime qu'une personne sur cinq sera un jour atteinte d'une maladie psychique.

En date d'octobre 2020, un rapport analyse les retours d'expériences de la crise Covid-19 dans le secteur de la santé mentale et de la psychiatrie. Il met en lumière l’impact de la première vague de l'épidémie en France sur l’offre de soins psychiatriques. Comment les services de santé mentale ont-ils géré cette crise inédite ?

Des pratiques médicales bouleversées

Le confinement mais aussi les difficultés économiques et sociales ont augmenté dans la population les symptômes dépressifs, anxieux et les addictions, induisant de nouveaux besoins en santé mentale.

La plupart des structures extra-hospitalières tels les hôpitaux de jour ont fermé. Les services d’hospitalisation complète ont adapté leur prise en charge :

  • le placement ou le maintien à l’hôpital a été réservé aux patients qui en avaient impérativement besoin (les autres étaient orientés vers l’ambulatoire) ;
  • des unités pour malades Covid (près de 90 au total, soit 1 100 lits) ont été créées ;
  • les permissions de sortie ont été limitées ou annulées ;
  • les sorties d’hôpital ont été très réduites pour les personnes hospitalisées sans consentement.

Les hospitalisations, en baisse durant le confinement, ont augmenté dès la fin juin 2020. Les services de santé mentale ont vu affluer après le confinement des patients qui avaient renoncé à leurs soins pendant cette période. Leur pathologie s’était parfois aggravée.

 

Des services et des soins réorganisés

Toutes les structures ont eu recours à des dispositifs complémentaires reposant sur le numérique ou les soins ambulatoires :

  • 40% des psychiatres libéraux ont arrêté leur activité en présentiel au profit de la téléconsultation ;
  • en hospitalisation complète, les visites de proches étant interdites et les permissions limitées, les règles de communication avec l’extérieur ont été assouplies (accès facilité au téléphone, autorisation des portables, distribution de tablettes) ;
  • les patients des structures ambulatoires classiques, confinés chez eux, ont bénéficié d’un suivi adapté à leur situation et à leurs besoins : entretiens téléphoniques, téléconsultations, visites à domicile, soutien aux aidants. Cette prise en charge multiforme a été plébiscitée et a vocation à se pérenniser. Les professionnels ont également utilisé le téléphone et la visioconférence pour se concerter.

Les organisations se sont adaptées grâce à des initiatives variées et innovantes. Les personnels touchés par les fermetures de services ont été redéployés sur d’autres postes et suivi des formations accélérées. Des équipes intersectorielles se sont constituées pour compenser l’absentéisme dans certains secteurs. La coopération entre équipes psychiatriques, somatiques et médicosociales a intensifié la pluridisciplinarité.

Des établissements ont redéfini une partie de leurs offres de soins : développement de l’extra-hospitalier (équipes mobiles…), des activités thérapeutiques, création de nouvelles unités. Certaines de ces restructurations seront maintenues et renforcées.