Délinquance : baisse globale en 2020 sauf pour les violences familiales et sexuelles

La plupart des indicateurs de la délinquance enregistrée par les services de police et de gendarmerie sont en forte baisse en 2020, à l'exception notable des violences intrafamiliales et sexuelles. Ces résultats sont principalement liés à l'épidémie de Covid-19 et aux deux confinements.

Gros plan sur un voleur fracturant une porte.
Les cambriolages de logements ont connu une baisse très nette en 2020 (-20%). © AA+W - stock.adobe.com

Le ministère de l'intérieur, via son service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), a publié en avril 2021 son bilan définitif sur l'insécurité et la délinquance en 2020.

L'année 2020 a été marquée par deux confinements qui ont modifié les tendances observées ces dernières années en matière de délinquance et d'insécurité. Trois indicateurs qui étaient en forte hausse en 2019 (en particulier les violences sexuelles et familiales) continuent d'augmenter en 2020 mais de façon plus modérée. Les autres indicateurs (vols sans violence contre les personnes, cambriolages, vols de véhicules...) sont en forte baisse.

Hausse des violences intrafamiliales et sexuelles

Trois indicateurs continuent d'augmenter en 2020 :

  • violences sexuelles (+3%, après +12% en 2019) ;
  • coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus (+1%) après des hausses très marquées en 2018 et 2019 (+8%) ;
  • escroqueries (+1% après +11% en 2019).

Comptabilisés dans les violences sexuelles, les viols connaissent une forte hausse (+11%). Le ministère de l'intérieur souligne que l'augmentation de cet indicateur peut s'expliquer par la libération de la parole des victimes sur les différents réseaux sociaux ces dernières années.

La hausse des coups et blessures volontaires enregistrée est liée à celle des violences intrafamiliales (+9% en 2020, avec un pic lors du premier confinement). 85% des victimes de coups et blessures volontaires dans le cadre intrafamilial sont des femmes. La hausse des plaintes, amorcée en 2018, pourrait être l'effet du Grenelle des violences conjugales, qui s'est tenu en novembre 2019.

Dans la catégorie des escroqueries enregistrées en 2020, les escroqueries et abus de confiance poursuivent leur hausse (+6% après +13% en 2019) malgré une baisse lors du premier confinement au printemps 2020. Néanmoins, les falsifications et usages de cartes de crédit, qui avaient fortement augmenté en 2019 (+16%), diminuent en 2020 (-9%). Il en est de même pour les falsifications et usages de chèques volés (-21%).

Une baisse drastique des autres indicateurs

Le nombre des victimes d'homicides baisse en 2020 (17 victimes en moins par rapport à 2019). 863 personnes ont été tuées, dont 7 en lien avec un attentat terroriste. La Corse et la Provence-Alpes-Côte-d’Azur sont les régions qui enregistrent le plus fort taux d'homicides par habitant (respectivement 3 pour 100 000 habitants et 2 pour 100 000 habitants). Par ailleurs, les territoires d'Outre-mer restent globalement plus exposés que la métropole aux infractions violentes.

La plupart des autres indicateurs de la délinquance connaissent une baisse très nette en 2020 :

  • vols sans violence contre les personnes (-24%) ;
  • cambriolages de logements (-20%) ;
  • vols violents sans armes (-19%) ;
  • vols d’accessoires sur véhicules (-18%) ;
  • vols dans les véhicules (-17%) ;
  • vols de véhicules (-13%) ;
  • destructions et dégradations volontaires (-13%) ;
  • vols avec armes (-8%).

Le contexte de la crise du Covid-19 contribue fortement à ces résultats. Certaines formes de délinquance n'ont pas pu s'exercer avec le couvre-feu et le confinement de la population. De plus, les conditions de dépôt de plainte, pour les victimes comme pour les forces de sécurité, ont été fortement influencées par ces mesures exceptionnelles.