Psychiatrie : comment améliorer les parcours de soins des patients ?

Le système de santé français fait face à une demande de soins de santé mentale et à un nombre d’hospitalisations en hausse en psychiatrie. Face à un contexte de pandémie, la Cour des comptes analyse dans un récent rapport l’offre de traitements et l’organisation des soins en santé mentale.

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Illustration symbolique représentant des médicaments et des radiographies du crâne.
Le parcours désigne une suite de soins reçus à partir de la première prise en charge du trouble jusqu’à la stabilisation du patient. © Katsiaryna - stock.adobe.com

Les  troubles dépressifs et anxieux (légers ou modérés) sont assez fréquents dans la population : ils concernent presque un tiers des personnes sur une vie entière.

Dans le rapport sur les parcours dans l'organisation des soins en psychiatrie publié en février 2021, la Cour des comptes contribue à l’analyse du domaine des soins en santé mentale et en psychiatrie. Elle s’inscrit dans la réforme portée par la loi du 26 janvier 2016 "de modernisation de notre système de santé" et place la notion de "parcours du patient" au centre de la réflexion.

Une offre de soins diverse mais peu coordonnée

En 2018, on compte 552 structures psychiatriques sur le territoire français, dans lesquelles 340 000 patients ont été hospitalisés à temps complet. La notion de santé mentale est large. Elle inclut généralement trois dimensions :

  •  la santé mentale positive qui correspond à un état de bien-être mental ;
  •  la détresse psychologique ou le "mal-être" qui correspond à des symptômes de type dépressif ou anxieux, passagers et de faible intensité ;
  • et les troubles psychiatriques, passagers ou durables, et qui sont plus ou moins sévères.

La Cour des comptes reconnaît la diversité de l’offre en soins psychiatriques et psychologiques déployée pour palier à ces différents troubles. Cependant, l’analyse met l’accent sur le manque de coordinations entre les hôpitaux, cliniques, établissements médico-sociaux et psychiatres libéraux. Ce manque de complémentarité entre professionnels nuit à l’efficacité du système en place.

La Cour regrette également un nombre trop important de prises en charge en urgence de patients atteints de troubles plus sévères. Certains troubles psychiatriques nécessitent un suivi prolongé et une prise en charge préventive pour éviter les hospitalisations d’urgence et/ou sous contrainte. En l’état, les hospitalisations sont souvent inadéquates et ne sont pas orientées vers une sortie durable.

Des parcours de soins à adapter

L’organisation des soins de manière graduée doit permettre d’offrir des parcours de soins plus pertinents aux patients tout en garantissant un meilleur usage des ressources spécialisées et non spécialisées. 

Les parcours de soins

Le parcours désigne une suite de soins reçus à partir de la première prise en charge du trouble jusqu’à la stabilisation du patient. Pour garantir l’efficacité des traitements, le rapport préconise une meilleure articulation des rôles des différents professionnels.

Pour cela, il faut prendre en compte la sévérité des symptômes et mobiliser les intervenants de "première ligne". Les médecins traitants forment ainsi un premier filtre dans l’accès aux centres médico-psychologiques qui doivent être réservés aux publics prioritaires.

En parallèle, la Cour préconise de généraliser le remboursement par la Sécurité sociale des psychothérapies. Elles peuvent être assurées par des psychologues libéraux sur prescription du médecin traitant et constituer ainsi une alternative préventive à l’hospitalisation.