Covid-19 : quels effets sur le marché du travail en France ?

Les vagues de la pandémie de Covid-19 se succèdent depuis plus d’un an. Dès 2020, l'État a adopté des mesures d’urgence pour faire face au choc sanitaire, économique et social. Malgré des dispositifs de soutien, le marché du travail s'est contracté en France et la situation économique reste tributaire du rythme de l’épidémie et de la vaccination.

Pandémie : un marché du travail durement touché.
L'année 2020 a vu le marché du travail se dégrader en France avec un taux d’activité à 71% (-0,6 point par rapport au dernier trimestre de 2019). © La Rédaction/stock.adobe.com

L’économie française est très exposée aux effets de la crise car les secteurs industriels tels que l’aéronautique et l’automobile y occupent une grande place. La France a ainsi enregistré en 2020 une récession (-8,2% contre -6,8% pour la zone euro). L’activité a chuté au deuxième trimestre 2020.

Dans un rapport d'avril 2021 sur le marché du travail en France, le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) dresse un état des lieux du marché du travail après un an de crise sanitaire.

Le rapport du Conseil donne également des perspectives pour préparer au mieux la reprise économique et la relance.

Un marché du travail dégradé

Le marché du travail s'est dégradé en 2020 :

  • le taux d’activité est passé à 71% (-0,6 point par rapport au dernier trimestre de 2019), surtout chez les 25-49 ans, car les offres d’emploi et la disponibilité des actifs ont été restreintes par les mesures sanitaires ;
  • le taux de chômage (8% de la population active) a reculé légèrement par rapport à 2019 mais a augmenté chez les jeunes ;
  • la réduction du taux d’emploi a touché en priorité les contrats courts, très fréquents dans les secteurs les plus affectés par la crise (hôtellerie-restauration, commerce, culture, événementiel…). Les embauches ont baissé de 26,9%. La réduction de l’emploi total (284 000 emplois détruits) a été atténuée par les dispositifs d’urgence, dont l’activité partielle, les contrats aidés, la garantie jeune et les aides à l’apprentissage ;
  • le volume d’heures travaillées a reculé de 7,4%.

L’emploi salarié a atteint son plus bas niveau dans l’industrie. Par ailleurs, les services marchands, qui concentraient 50% de l’emploi salarié fin 2019, ont subi la plupart des destructions d’emplois (l’hébergement-restauration en perd 128 000). C’est en Île-de-France que l’emploi a souffert le plus de la crise.

Une relance à planifier

Les prévisions économiques, délicates dans ce contexte, sont nécessaires pour cadrer les analyses et limiter les incertitudes sur l’avenir. L’économie qui sortira de la crise sera différente de celle qui y est entrée.

Pour une relance rapide et forte, le Conseil d'orientation pour l'emploi préconise de :

  • maîtriser la temporalité de sortie de crise. À court terme, les mesures d’urgence doivent être prolongées car elles donnent une visibilité, soutiennent l’activité et l’emploi dans les secteurs qui ont déjà repris et empêchent ceux qui se maintiennent difficilement de s’écrouler. À moyen terme, il s’agit de favoriser la reprise rapide des secteurs à l’arrêt et d’identifier les secteurs stratégiques du "monde d’après" afin qu’ils disposent rapidement de la main-d’œuvre compétente dont ils auront besoin tout en clarifiant les priorités ;
  • résoudre des problèmes structurels qui pèsent depuis longtemps sur le marché du travail (difficultés de recrutement de certains secteurs, dysfonctionnements de la formation professionnelle, inadéquation des compétences aux besoins des entreprises, obstacles à la mobilité géographique et professionnelle, difficultés d’insertion des jeunes…).