La Commission européenne publie une mise à jour de la stratégie industrielle de l'UE

En raison des faiblesses révélées par la crise sanitaire, la Commission européenne met à jour la stratégie industrielle de l'Union. La stratégie mise à jour vise trois objectifs : le renforcement de la résilience du marché unique, la réduction des dépendances stratégiques de l'UE, l'accélération de transitions écologique et numérique.

Un technicien se tenant au sommet d'une éolienne.
S'agissant des transitions écologiques et numériques, la Commission européenne soutiendra la conclusion d’accords d’achat d’électricité renouvelable par les entreprises. © sidorovstock - stock.adobe.com

Dès le 10 mars 2020, la Commission européenne avait annoncé les grandes lignes d'une nouvelle stratégie industrielle destinée à renforcer l’autonomie stratégique de l’Union européenne et à stimuler la reprise. Cette mise à jour de la stratégie industrielle a été présentée le 5 mai 2021 avec pour objectif de rendre l’industrie européenne plus durable, écologique, compétitive et résiliente, tout en prenant en compte les enseignements de la crise sanitaire du Covid-19.

En matière de politique industrielle, la Commission européenne ne possède pas de compétence propre et les États membres peinent à se mettre d’accord sur une politique commune.

Des secteurs industriels très dépendants

La mise à jour de la stratégie industrielle est accompagnée d'une analyse des dépendances stratégiques de l'Union.

Sur les 5 200 produits importés dans l'Union, la Commission identifie 137 produits pour lesquels l'UE est très dépendante. Cela concerne les industries à forte intensité énergétique (comme les matières premières), les écosystèmes de la santé (principes actifs) et le domaine des technologies avancées. 34 produits peuvent mettre l'Union en situation de très grande vulnérabilité car ils ne pourraient pas être remplacés par un équivalent, produit dans l'UE. La moitié de l'ensemble des importations de ces produits pour lesquels l'Union est dépendante est originaire de Chine.

La Commission va poursuivre l'analyse de ces dépendances afin de déterminer les risques pour le fonctionnement de l'industrie européenne.

Quelles mesures seront prises ?

Afin de renforcer la résilience du marché unique, la Commission propose notamment d'adopter un instrument d’urgence pour le marché unique garantissant la libre circulation des biens et des services en temps de crises, de renforcer la surveillance du marché des produits, d’investir dans les PME afin de les soutenir et de mettre en œuvre des systèmes de règlement extrajudiciaire des litiges en cas de retards de paiement.

Pour réduire les dépendances stratégiques de l’Union, l’industrie peut y contribuer par elle-même en diversifiant ses fournisseurs. Dans certaines situations, la production peut se concentrer dans une seule et unique zone géographique, ce qui constitue une fragilité car une situation d'exception peut d'entraîner une indisponibilité des fournisseurs. Dans ces cas, la Commission s'engage à collaborer avec les parties concernées pour adopter les mesures à prendre et diversifier le commerce extérieur. Elle opte également pour une utilisation plus efficace des ressources afin de renforcer la résilience et l’autonomie. L'Union compte renforcer son marché unique et ses relations commerciales avec ses voisins les plus proches en contractant de nouvelles alliances industrielles.

S'agissant des transitions écologiques et numériques, la Commission souhaite cocréer avec les parties prenantes des parcours de transition pour les écosystèmes, notamment le tourisme et l’énergie. Elle soutiendra la conclusion d’accords d’achat d’électricité renouvelable par les entreprises. Enfin, elle mettra en place le laboratoire de géographie de l'énergie et de l'industrie qui permettra d’informer les entreprises et les infrastructures énergétiques.

La mise à jour de la stratégie industrielle devrait permettre de suivre la compétitivité de l’économie de l’UE grâce à différents indicateurs comme la compétitivité internationale et l'investissement public et privé.

Parallèlement, la Commission a adopté une proposition de règlement concernant les subventions étrangères faussant le marché unique. Ce règlement devrait permettre de veiller à une concurrence égale et un marché unique équitable et compétitif.