Conséquences sur l'emploi de la crise sanitaire : quelles reconversions professionnelles ?

Une note de la Direction générale du Trésor (DGT) s’attache aux situations de mobilité et de reconversion professionnelles après les effets de la crise sanitaire du Covid-19 sur certains secteurs d’activité. Quels sont les emplois les plus touchés et quels sont les profils les mieux préparés, parmi les salariés, pour une telle reconversion ?

Mains de cuisinier faisant sa mise en place pour sa formation.
Concernant les métiers en tension, où l’offre en recrutement est importante mais difficilement comblée en raison de la pénibilité ou de la faible rémunération, il s’agit d’en renforcer l’attractivité. © David - stock.adobe.com

Le ministère de l’économie, des finances et de la relance a observé l’impact de la crise sur l’emploi dans une note du 24 juin 2021 de la DGT intitulée "Compétences et réallocations intersectorielles des emplois après la crise".

Cette note étudie les potentialités de mobilité pour les salariés des secteurs professionnels les plus fragilisés. Elle rappelle également les différents outils de reconversion existants.

Des taux de rebond "post-crise" inégaux selon les secteurs professionnels

En 2020, la crise sanitaire du Covid-19 a engendré 296 000 destructions d’emploi, ce qui représente 1,2% des emplois. Un taux relativement faible en regard de la baisse du taux d’activité (8%) grâce, notamment, au dispositif d’indemnisation du chômage partiel.

L’arrêt forcé de l’activité pendant plusieurs mois a affecté plus particulièrement certains secteurs professionnels avec des taux de rebond "post-crise" inégaux. Parmi eux :

  • l’hébergement et restauration ;
  • les arts et spectacles ;
  • le commerce ;
  • les activités financières et d’assurance ;
  • la fabrication de matériels de transport.

En revanche, d’autres secteurs, pour certains déjà en tension avant la crise, sont en forte demande de recrutements. C’est le cas par exemple de :

  • la santé ;
  • l’hébergement médico-social ;
  • la construction ; 
  • l'enseignement ;
  • l’informatique.

Certains critères sont déterminants dans l’aptitude à se réorienter vers un nouvel emploi :

  • l’expérience de la mobilité ;
  • l’âge ;
  • le niveau de qualification ;
  • les types de compétences exercées ;
  • la taille de l’entreprise dans laquelle le salarié a travaillé ;
  • la configuration familiale.

Former davantage les personnes peu qualifiées

La note du Trésor insiste sur la nécessité de maintenir un effort de formation pour les salariés peu qualifiés afin de renforcer leurs chances de reconversion, constatant que les travailleurs à haut niveau de qualification évoluent plus facilement d’un secteur en crise à un secteur en croissance. Ces formations doivent être orientées vers les métiers en croissance et vers les compétences les plus demandées.

Concernant les métiers en tension, où l’offre en recrutement est importante mais difficilement comblée en raison de la pénibilité ou de la faible rémunération, il s’agit d’en renforcer l’attractivité.

Les auteurs de la note appellent également à mieux communiquer sur les dispositifs d’accompagnement à la reconversion existants, qu’ils s’adressent à des salariés en place ou à des personnes en recherche d’emploi. Ils évoquent, entre autres :

  • le conseil en évolution professionnelle (CEP) ;
  • le projet de transition professionnelle (ex-CIF) ou CPF de transition professionnel (congé avec maintien de rémunération pendant la durée de la formation) ;
  • le dispositif de reconversion professionnelle "transitions collectives" lancé en 2021 dans le cadre du Plan de relance ;
  • la préparation optionnelle à l’emploi (POE) qui s’adresse aux demandeurs d’emploi voulant exercer un métier dans un secteur identifié comme porteur d’emploi.