Plantes invasives : quels dangers pour l'environnement ?

L’augmentation du nombre de plantes invasives est un effet secondaire de la mondialisation des échanges. Leur prolifération est aussi une conséquence de l’existence d’un milieu dégradé. Un récent rapport présente des propositions pour renforcer la lutte contre l'expansion de ces espèces.

Fleurs jaunes sur les buissons d'ambroisie.
Certaines plantes invasives peuvent être allergisantes comme l’ambroisie par exemple. © Alona Dudaieva - stock.adobe.com

Les plantes invasives ont un impact néfaste sur l’environnement. Elles envahissent les écosystèmes naturels et entraînent des pertes de rendement des cultures. Ces plantes peuvent aussi représenter des risques pour la santé de l’homme.

Dans un rapport sur les plantes invasives publié le 21 juillet 2021, une mission d’information de l’Assemblée nationale a réalisé un état des lieux de la situation en France sur la prolifération des plantes invasives et les moyens de l'endiguer.

Plantes invasives : de quoi parle-t-on ?

Le robinier (faux-acacia), la jussie à grandes fleurs comptent parmi les espèces les plus connues. Deux critères sont nécessaires pour qualifier les espèces exotiques d'envahissantes : le caractère exotique, c’est-à-dire introduit par l’homme en dehors de leur aire de répartition naturelle (volontairement ou fortuitement) et leurs impacts écologiques, économiques ou sanitaires négatifs, potentiels ou avérés.

La France particulièrement touchée

L’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) a dressé un inventaire de 1 379 espèces végétales exotiques. Toutefois, 1 à 10% seulement de ces espèces introduites deviennent invasives.

Le phénomène s’amplifie, aussi bien en métropole qu’en outre-mer qui concentre 80% de la biodiversité terrestre et maritime de la France et où sont présentes plus de la moitié des espèces les plus envahissantes.

Les plantes invasives sont responsables de la perte de biodiversité et de l’altération du fonctionnement des écosystèmes. Certaines présentent également des risques sanitaires. Elles peuvent être allergisantes comme l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia). D'autres, comme le pin d'Alep, présent sur le pourtour méditerranéen, peuvent favoriser les incendies.

Le rapport fait également état de la difficulté d’éradiquer une espèce invasive une fois qu’elle est installée et des coûts de gestion pour la contenir (38 millions d’euros par an selon le rapport).

Le problème des algues vertes en Bretagne

Le rapport du 26 mai 2021 sur les algues vertes souligne qu'il s'agit d'espèces végétales aquatiques naturellement présentes dans l’écosystème breton. Toutefois, un rapport de la Cour des comptes du 2 juillet 2021 sur l'évaluation des politiques publiques en matière d'algues vertes pointe également les insuffisances de l’action publique contre les "marées vertes" dans cette région.

Lutter contre les espèces exotiques envahissantes

Les plantes invasives sont devenues une préoccupation en raison de leurs conséquences environnementales, économiques et sanitaires. Le rapport constate que la prévention et le contrôle des plantes introduites demeurent insuffisantes :

  • en milieu terrestre, le rôle de la filière horticole dans la dissémination des plantes invasives est évoqué ;
  • en milieu marin, les eaux de ballast, lencrassement biologique et l’aquariophilie sont cités en tant que voies d’introduction principales des plantes aquatiques invasives.

Leur introduction accidentelle se produit, par exemple, lorsque des graines d’espèces exotiques contaminent des marchandises importées. C’est notamment le cas des graines de "mauvaises herbes" se trouvant parmi les semences d’espèces cultivées : blé, maïs, soja.

Les députés formulent ainsi 23 recommandations parmi lesquelles :

  • un renforcement des moyens de contrôle des douanes pour mettre en place des protocoles de biosécurité efficaces ;
  • un schéma clair de gouvernance nationale et régionale pour déterminer les acteurs responsables de la lutte contre les plantes invasives ;
  • une obligation de surveillance de tous les chantiers de travaux publics par les maîtres d’ouvrages et en particulier les collectivités (les plantes invasives proliférant sur les milieux perturbés et dégradés) ;
  • la mobilisation des citoyens pour participer au signalement des végétaux indésirables.