IVG : moins d’interruptions volontaires de grossesse en 2020

La France a enregistré 222 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) en 2020. Ce nombre est en recul par rapport à 2019 (-4%), surtout en métropole. L’épidémie de Covid-19 et les mesures prises pour limiter sa diffusion ont induit une baisse des conceptions durant le premier confinement entraînant la diminution des IVG en 2020.

Vue sur une praticienne effectuant une échographie abdominale.
La baisse des conceptions intervenue dès mars 2020 en raison du confinement a provoqué une réduction des naissances et des IVG. © Free Belarus - stock.adobe.com

En 2020, 14,9 femmes âgées de 15 à 49 ans sur 1 000 ont recouru à une IVG en France, contre 15,6 pour 1 000 en 2019.

En date du 28 septembre 2021, une étude sur le taux de recours à l’IVG en 2020 met ainsi en évidence une baisse des IVG après une progression en 2018 et 2019.

Pour rappel, l’IVG se pratique :

  • en milieu hospitalier, selon la méthode médicamenteuse (jusqu’à neuf semaines d’aménorrhée) ou chirurgicale (jusqu’à 14 semaines) ;
  • en cabinet libéral, centre de santé ou centre de planification ou d’éducation familiale (CPEF), par méthode médicamenteuse (jusqu’à sept semaines d’aménorrhée).

Un recours moins fréquent à l’IVG

En 2020, le nombre des IVG réalisées :

  • en établissements de santé a chuté, surtout en mai et juin ;
  • hors milieu hospitalier a augmenté au même rythme que les années précédentes. Dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, des mesures dérogatoires ont été mises en œuvre par crainte d’une saturation des hôpitaux : le délai légal pour une IVG en ville a été prolongé de deux semaines, et l’IVG médicamenteuse a pu être réalisée par téléconsultation (pour la délivrance du médicament en pharmacie). De nombreuses IVG se sont donc reportées sur le secteur libéral. Des femmes ont aussi eu peur d’être contaminées en se rendant dans un établissement de santé.

La baisse des conceptions intervenue dès mars 2020 en raison du premier confinement a provoqué dès novembre une réduction des naissances et des IVG. Dans le même temps, les IVG médicamenteuses ont augmenté et représentent 72% du total des IVG, contre 68% en 2019 et 31% en 2000.

C’est parmi les femmes de 20 à 29 ans que les avortements restent les plus fréquents (25,7‰ chez les 20-24 ans et 27,1‰ pour les 25-29 ans). Toutefois, le taux de recours à l’IVG a diminué pour toutes les femmes de moins de 40 ans, principalement chez les 18-25 ans.

La crise sanitaire n’a pas généré davantage d’IVG tardives pouvant signaler des difficultés d’accès à l’avortement. La part des IVG instrumentales pratiquées pendant les deux dernières semaines du délai légal s’est maintenue à son niveau de 2019 (16%) et n’a pas varié en cours d’année.

Des disparités régionales

En 2020, le taux de recours à l'IVG :

  • a diminué en métropole. Il s’élève à 14,9‰, contre 15,6‰ en 2019. Il varie de 11,4‰ dans les Pays de la Loire à 16,7‰ en Occitanie, 17,4‰ en Île-de-France et 21,7‰ en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le taux a particulièrement baissé en Corse (de 19,4‰ en 2019 à 17,0‰ en 2020) ;
  • stagne dans les départements et régions d’outre-mer (Drom), où il est passé de 28,5‰ à 28,4‰. Il atteint 39,4‰ en Guadeloupe et 42,4‰ en Guyane. Le recours à l’IVG chez les mineures a progressé de 11,2‰ à 12,2‰ dans les Drom.

Le taux de femmes en France métropolitaines réalisant une IVG hors de leur département de résidence reste stable en 2020 (17,8%). C’est en Île-de-France que les femmes se déplacent le plus (pour avorter à Paris). Dans les Drom, où il est plus difficile d’aller consulter hors département, le taux est de 2,7%.