Lutte contre la désertification : réunion de la COP15 à Abidjan

La Conférence des parties (COP15) de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification se réunit à Abidjan, du 9 au 20 mai 2022. La désertification touche près de 12 millions d’hectares de terres chaque année et affecte 40% de la population mondiale.

Terre asséchée, désertification.
L’ONU estime que 70% des terres émergées de la planète ont été transformées par l'Homme et que 40% des terres sont dégradées. © Amr Hassanein - stock.adobe.com

La Conférence des Parties (COP) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification a lieu tous les deux ans, en parallèle de celles sur les changements climatiques et la diversité biologique. Retardée d’un an en raison de la pandémie de Covid-19, la COP15 contre la désertification s'est ouverte le 9 mai 2022 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, en présence des 196 pays membres de la Convention.

Cette conférence a pour objectif de proposer des solutions au niveau mondial pour faire face à la dégradation accrue des terres. Un rapport publié en avril 2022 par l'organisation des Nations Unies (ONU) propose plusieurs scénarios pour lutter contre ce phénomène.

Les enjeux climatiques et socio-économiques de la désertification

De l’Afrique subsaharienne à l’Asie centrale, les sols se dégradent sur l’ensemble des continents sous l'effet du changement climatique, des sécheresses de plus en plus fréquentes, mais surtout de la pression des activités humaines (déforestation, agriculture intensive, surpâturage…).

Dans son rapport, l’ONU estime que 70% des terres émergées de la planète ont été transformées par les activités humaines et que 40% des terres sont dégradées. Si rien ne change d’ici à 2050, il faut s’attendre à une dégradation supplémentaire de 16 millions de km² de terres, soit une superficie équivalente à celle de l’Amérique du Sud.

La désertification a de nombreuses conséquences environnementales, mais aussi socio-économiques :

  • destruction d’écosystèmes et appauvrissement de la biodiversité ;
  • diminution de la capacité de stockage du carbone dans les sols ;
  • raréfaction des ressources en eau ;
  • pauvreté et insécurité alimentaire ;
  • déplacements de population à cause de la sécheresse ;
  • hausse des conflits et de l’insécurité.

Aujourd’hui, près de la moitié de la population mondiale est affectée par la dégradation des terres, en particulier les populations les plus pauvres. Ce phénomène menace, par ailleurs, environ la moitié du PIB mondial, soit 44 000 milliards de dollars.

Quelles initiatives pour lutter contre la désertification ?

Le rapport de l'ONU propose plusieurs solutions pour lutter contre la désertification :

  • d'une part, la restauration de 50 millions de km² de terres dégradées d'ici à 2050 (35% de la superficie terrestre mondiale), grâce à l'agroécologie ou encore la plantation de forêt ;
  • d'autre part, la conservation des sols avec la création massive d’aires protégées.

De son côté, la France participe à plusieurs initiatives internationales visant à la restauration des terres :

  • la grande muraille verte, un programme lancé en 2007 qui vise à restaurer, d’ici 2030, 100 millions d’hectares de terres dégradées dans les 11 pays de la zone soudano-sahélienne. Lors du "One Planet Summit" en janvier 2021, les partenaires du projet se sont engagés à mobiliser 16 milliards d’euros sur cinq ans d’ici 2025 ;
  • l'initiative 4 pour 1 000, qui a pour but d'augmenter la capacité des sols à stocker le carbone par le développement de pratiques agricoles et forestières durables ;
  • l'initiative protéines végétales, annoncée lors du 6e sommet Union européenne-Union africaine en février 2022 afin de développer des cultures durables de protéines végétales en Afrique.