100% de ventes de voitures électriques en 2035 : comment tenir l'objectif ?

30% des émissions de gaz à effet de serre de la France proviennent des transports en 2021. Pour cette même année, les ventes de voitures électriques représentent seulement 10% des ventes de véhicules neufs. L'objectif est fixé à 100% des ventes en 2035. Comment l'atteindre ?

Rechargement de voitures électriques dans la rue.
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Dans une note d'analyse intitulée Voiture électrique : à quel coût ? publiée le 16 novembre 2022, France Stratégie examine les coûts occasionnés par l'achat d'un véhicule électrique tant pour les particuliers que pour les finances publiques. L'organisme s'interroge sur les faibles proportions de ventes de voitures électriques par rapport aux voitures thermiques. Il émet aussi des propositions pour :

  • faire face au durcissement des zones à faibles émissions (ZFE) programmé dans les prochaines années ;
  • atteindre l'objectif de fin des ventes de véhicules légers neufs à motorisation thermique à partir de 2035, annoncé au niveau européen.

Les freins à l'achat d'un véhicule électrique

Les auteurs de la note ont identifié plusieurs freins à l'achat d'une voiture électrique :

  • le surcoût par rapport à une voiture à moteur thermique ;
  • le maillage insuffisamment développé du territoire français en bornes de recharge ;
  • l’incertitude liée au contexte actuel sur l’évolution du prix de l’électricité.

À l’usage, un véhicule électrique est moins coûteux pour un ménage qu’un véhicule thermique (même avec des prix élevés de l’électricité) mais le surcoût à l’achat demeure important.

Par ailleurs, au-delà du nombre de bornes de recharge, leur puissance constitue un véritable enjeu. Seules les bornes de recharge rapide permettent des trajets de longue distance.

La nécessaire adaptation des aides publiques

Pour les finances publiques, les aides actuelles à l’achat d’un véhicule électrique représentent un coût à la tonne de carbone évitée élevé. Afin de limiter les dépenses, l'État pourrait :

En 2020, 40% des transactions effectuées par des personnes physiques sur le marché des véhicules neufs n’étaient pas des achats mais des locations (longue durée ou avec option d’achat). Cela permet de lisser l’investissement initial.

En vue d'inciter les ménages modestes à passer à l'électrique, il serait possible de fixer un apport d’un montant moins élevé, de sorte qu’il soit entièrement couvert par le bonus écologique et la prime à la conversion. Le ménage n’aurait pas d’investissement initial à sa charge mais devrait s’acquitter d’un loyer mensuel plus élevé. Une mesure de soutien de l’État pourrait permettre d’abaisser le loyer mensuel. Mais, cela reviendrait à doubler le volume total des subventions actuellement en vigueur.