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Lutte contre la désinformation : bilan des moyens mis en œuvre par les plateformes

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

Un rapport de l'Arcom, le régulateur du numérique, dresse le bilan des moyens et des mesures mis en œuvre par les plateformes en ligne et les moteurs de recherche pour lutter contre la manipulation de l'information sur leurs services. Les acteurs reconnaissent l'existence d'un risque malgré les différents dispositifs mis en place.

Création de faux comptes ou réseaux inauthentiques, faux forums, tromperies sur des noms de domaines pour usurper l'identité d'une organisation... Les pratiques malveillantes sur les plateformes sont multiples, motivées par des objectifs lucratifs ou de déstabilisation politique. 

Sur le fondement des bilans annuels que doivent fournir les plateformes, le rapport de l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a été publié le 24 mars 2026. Ce rapport fait un point sur les différents types de dispositifs mis en œuvre.

Quelles sont les réponses mises en place par les plateformes ?

La manipulation de l'information est généralement motivée par un objectif lucratif (escroqueries, monétisation de l’attention, publicités ciblées) ou politique (affaiblissement de la confiance collective, polarisation et fragmentation de l’espace public, orientation artificielle du débat pour influer des décisions politiques…).

Si les rapports remis annuellement par les grandes plateformes (Meta, X, TikTok, LinkedIn, Snapchat, YouTube, Wikipédia, Google, Microsoft Bing) identifient les risques systémiques, les solutions mises en œuvre pour y répondre et les analyses sur l'efficacité des réponses apportées diffèrent selon les plateformes. Ces solutions sont de différentes natures : 

  • systèmes de détection automatisée s'appuyant sur l'intelligence artificielle (IA) ;
  • équipes humaines chargées de la modération des contenus ;
  • collaboration avec des entreprises externes ou des autorités étatiques ;
  • mutualisation de moyens industriels et technologiques entre plateformes ;  
  • actions éducatives en direction des publics.

Le rapport note le rôle central des équipes de modération humaines compte tenu des capacités des acteurs malveillants à s'adapter de plus en plus vite aux systèmes de détection automatisés. 

Réglementation européenne, services spécialisés et éducation aux médias

Au-delà des moyens développés en interne par les plateformes, le rapport de l'Arcom évoque le rôle des services spécialisés de l'État (dont l'Arcom, Viginum...) sur lesquels peuvent s'appuyer les plateformes et le rôle de l'encadrement des pratiques numériques par la réglementation européenne (DSA) en poursuivant les enquêtes en cours sur les manquements des plateformes à leurs obligations.

L'Arcom recommande par ailleurs de : 

  • créer les conditions permettant aux acteurs de la sécurisation de l’information et de la lutte contre la manipulation de l’information de poursuivre leurs travaux, notamment à travers un soutien financier stable ;
  • mettre en place un Observatoire sur la lutte contre les manipulations de l’information ;
  • renforcer et d'élargir les actions d’éducation aux médias, à l’information et à la citoyenneté numérique à de nouveaux réseaux et publics, en dehors du cadre scolaire.