Un rapport remis le 11 mai 2026 par l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l'Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD) présente les modes d'habitat partagé adapté au grand âge et appelle à déployer et optimiser les plus pertinents.
Les habitats partagés en faveur des personnes âgées
Ces logements, intermédiaires entre le domicile "historique" des individus et les structures médicalisées tels les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), mettent à disposition divers services (animation…). Ils permettent de maintenir une vie sociale dans un cadre sécurisé, d’optimiser les ressources humaines dédiées à l’accompagnement au domicile, et contribuent à prévenir la perte d’autonomie.
L’habitat partagé ne fait pas l’objet d’une définition légale. Il inclut :
- les résidences autonomie, construites pour l’essentiel de 1970 à 1989. Elles proposent un logement individuel au sein d’un immeuble qui abrite aussi des espaces collectifs. Fin 2023, les 2 182 résidences autonomie totalisent 112 002 places ;
- les résidences services seniors (RSS) privées, en plein essor. On en dénombre environ 1 348 pour 119 151 places en 2025 ;
- l’habitat inclusif (logements partagés de petite taille), en expansion. Les locataires (4 734 seniors fin 2024) s’accordent sur les services mutualisés.
L’habitat partagé pour personnes âgées offre moins de 300 000 places fin 2023, contre 639 000 pour les Ehpad et les unités de soins de longue durée (USLD).
Des modèles économiques fragiles
Les habitats partagés peuvent bénéficier de soutiens publics et les résidents de différentes aides (aides personnelles au logement, aide sociale à l’hébergement, aide à la vie partagée, allocation personnalisée d’autonomie…).
Néanmoins, dans les résidences autonomie, les créations de nouvelles places ont du mal à s’équilibrer financièrement et le modèle d’exploitation est de plus en plus contraint. Les créations ne compensent pas les fermetures d’établissement. Le nombre de places a reculé de 1,9% entre 2019 et 2023. Une partie de l’offre, vieillissante, semble souffrir d’une désaffection de la part des personnes qui pourraient y recourir.
Les RSS s’adressent à un public plus aisé. Leur équilibre économique nécessite une taille élevée, qui doit être en phase avec les besoins du territoire. Issue du cadre de l’habitat inclusif, la colocation suscite un intérêt croissant. De taille réduite (six à dix places), elle atteint l’équilibre grâce à des aides publiques ou des économies d’échelle.
Comment promouvoir l'habitat partagé pour les seniors ?
Afin de mieux promouvoir ce type d'habitat, le rapport préconise :
- de définir juridiquement ce type d’habitat et de communiquer sur l’offre ;
- d’accroître le parc de logements financièrement accessibles ;
- d’améliorer les modèles économiques (financement plus sécurisé de l’exploitation, adaptation des aides individuelles) ;
- de renforcer la prévention de la perte d’autonomie et de mieux prendre en charge les personnes souffrant de troubles neuro-cognitifs ;
- de planifier le déploiement de l’habitat partagé dans chaque département.