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© Bruno - stock.adobe.com

Audiovisuel public : quel niveau d'impartialité ?

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

À un moment où la neutralité politique de l'audiovisuel public est questionnée par certains, un rapport de l'Arcom aborde la notion d'impartialité appliquée à l'offre des chaines et de radios du service public. Le rapport est accompagné d'une étude sur la perception par le public de l'impartialité de l'audiovisuel public.

Le rapport remis à l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) par l'ancien vice-président du Conseil d'État et ancien président de l'Autorité de la concurrence, Bruno Lasserre, le 29 mai 2026, commence par préciser la notion d'impartialité évoquée dans la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication tout en listant un certain nombre de leviers d'actions pour garantir une meilleure impartialité.

Ce rapport est accompagné d'une étude quantitative et qualitative réalisée auprès d'un panel représentatif du public par rapport à la perception de l'impartialité de l'audiovisuel public.

Un audiovisuel public parfois perçu comme "orienté" mais "rassembleur"

Le rapport de l’Arcom s’appuie sur une étude menée auprès d’un panel de 3 500 personnes de 15 ans et plus sur les perceptions et les attentes du public concernant l'impartialité des médias publics.

Il en ressort que :

  • 26% à 36% du panel considère l’audiovisuel public "plutôt orienté" ;
  • le sentiment d'une "orientation" est plus important auprès des publics réguliers ; 
  • l'audiovisuel privé est considéré comme légèrement plus partial que l'audiovisuel public ;
  • 15% des sondés se déclarent "gênés" par un manque d’impartialité de l’audiovisuel public.

Les émissions d’information phares des chaines publiques sont plutôt perçues comme s’adressant à tout le monde (74% pour le journal télévisé de 20h de France 2, 65% pour l’émission C à Vous sur France 5, 63% pour Cash investigation sur France 2). C’est moins vrai pour certains programmes radio, considérés moins rassembleurs (50% à 54%).

Globalement, il se dégage un équilibre entre une perception "plutôt à gauche" de l’audiovisuel public et une perception "plutôt à droite" de l’audiovisuel privé (CNews, BFM TV, TF1, LCI en tête).

Les attentes des sondés se portent vers une distinction claire entre faits et opinions et un exposé objectif des faits, les sondés considérant que l'impartialité se situe entre souci d'objectivité et d'équité.

Quels leviers d'actions pour gagner en impartialité ?

Le rapporteur insiste sur la nécessité d’une égale considération que l’audiovisuel public doit avoir à l’égard de tous les téléspectateurs.

Au-delà, il pose les principes d’une impartialité qui doit s’observer dans tous les champs de l’audiovisuel public, y compris sur les réseaux sociaux : 

  • absence de parti-pris ;
  • distanciation du journaliste par rapport à ses opinions ; 
  • impartialité du média garantie par les procédures de fonctionnement fixés par les institutions.

Parmi les 17 principales recommandations, le rapporteur évoque en particulier  :

  • l’élaboration d’une charte "opposable" contenue dans un cahier des charges précisant les règles sur l’information (exactitude de l’information, respect du pluralisme, appréciation des intervenants, usage de l’IA…) ;
  • un mécanisme interne d’instruction et de traitement des plaintes pour les manquements aux obligations fixées par la charte ; 
  • la publication d’un baromètre annuel de l’impartialité dont les résultats seront rendus publics.

Il préconise également :

  • un repositionnement des acteurs de l’impartialité (dirigeants, présentateurs, éditorialistes..) en étant attentif à la pluralité des points de vue ;
  • une meilleure visibilité des médiateurs ;
  • la mise en place de comités d’éthique indépendants ;
  • une évaluation systématique des programmes après diffusion.

Le rapporteur s’adresse également à l’Arcom pour lui demander d’être davantage proactive, notamment en observant le respect des engagements vis-à-vis des cahiers des charges.