En 2025, le parc locatif social représente 5,4 millions de logements et près de 16% des résidences principales en France.
Les logements sociaux sont mieux répartis depuis les années 2000 et la loi "solidarité et renouvellement urbain" (SRU). Leur présence dans les quartiers aisés favorise la mixité sociale. Toutefois, des inégalités s'accentuent dans les grandes villes depuis 2004 en raison notamment d'une concentration de logements sociaux créant ainsi des "poches de pauvreté". C'est le principal enseignement d'une étude de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publiée le 2 juin 2026.
Concentration spatiale et disparités des niveaux de vie
Plus d'un tiers des logements sociaux, construits dans les années 1960-1975 se situent en périphérie des grandes villes. Le taux de concentration du parc social dans certains quartiers est de 45% en moyenne et peut atteindre 55% à Marseille-Aix-en-Provence, 54% au Havre, 53% à Toulon ou à Paris en 2022, créant des "poches de pauvreté" au sein des villes (ménages ayant les niveaux de vie les plus faibles). Au contraire, cette concentration est plus faible à Valenciennes (34%), à Toulouse (36%) ou encore à Douai-Lens (36%).
Par ailleurs, les inégalités de revenus existent à l'intérieur du parc locatif social. Dans les quartiers les plus aisés, les locataires de logements sociaux ont un niveau de vie moyen 20% plus élevé que ceux habitants dans les quartiers défavorisés. Cette ségrégation "contribue en particulier à la ségrégation scolaire via la carte scolaire, affectant ainsi l’égalité des chances" et "freine également l’accès à l’emploi" souligne l'étude. Les dynamiques d'emménagement dans le parc locatif social sont "la source essentielle de la ségrégation au sein du parc social" estime l'Institut. En effet, les personnes bénéficiant d'un logement social dans un quartier aisé sont en moyenne moins modestes et rester dans ce logement constitue un "avantage monétaire".
Selon l'Insee, répartir les locataires de logement sociaux de manière homogène pourrait aboutir à un recul de 14% en moyenne de la ségrégation résidentielle.