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© Alberto Gonzalez - stock.adobe.com

Rapport de l'ONU : des pistes pour repasser sous le seuil de +1,5 °C de réchauffement climatique

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

Si le dépassement du seuil de 1,5 °C fixé par l'accord de Paris en 2015 est "inévitable" dans les années à venir selon l'Organisation des Nations unies, le Programme des Nations unies pour l'environnement insiste dans un rapport sur la nécessité de développer des moyens pour limiter l'ampleur et la durée de ce dépassement

Dans un rapport publié le 2 septembre 2026, intitulé "Limiting Overshoot - Navigating exceedance of 1.5 °C and pathways towards return", le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) indique que des actions rapides, globales et collectives doivent être engagées afin de limiter le plus possible le réchauffement climatique, une fois dépassée la barre des +1,5 °C. 

Dépassement du seuil de +1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels

Le PNUE constate que la température moyenne mondiale dépassera la barre de +1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels dans les prochaines années. Il s'agit du seuil que les États ayant ratifié l'accord de Paris de 2015 se sont engagés à s'efforcer de respecter (tout en s'engageant à contenir le réchauffement climatique en deçà de +2 °C). 

En 2024, année la plus chaude enregistrée, le seuil avait été franchi ponctuellement pour la première fois. Le dépassement moyen sur le long terme (évalué sur une période de 20 ans) devrait arriver d'ici la fin de la décennie. 

Le Programme des Nations unies alerte depuis plusieurs années déjà sur l'écart entre les prévisions de l'évolution des émissions de gaz à effet de serre et les objectifs de l'accord de Paris. Malgré les progrès réalisés par la communauté internationale, le Programme estime que, dans le meilleur des cas, l'augmentation maximale de la température devrait s'élever à +1,8 °C (d'autres études prévoient une hausse de plus de 2 °C, hausse de température que les États signataires de l'accord de Paris se sont engagés à ne pas dépasser d'ici la fin du siècle). 

Le Programme alerte sur le fait qu'aucune hausse de température au-delà de 1,5 °C ne peut être considérée comme sûre. Même un dépassement temporaire entraînera des risques graves et sans précédent : vagues de chaleur et feux de forêt extrêmes, montée des eaux, dégradation d'écosystèmes tels que les récifs coralliens... ainsi que des points de bascule irréversibles, notamment la fonte des calottes glaciaires. 

Il e rn résulterait une aggravation des risques pour la santé humaine, la sécurité alimentaire, l'approvisionnement en eau ainsi que les inégalités des populations face à ces risques. Les petits États insulaires en développement ainsi que les villes côtières de faible altitude sont surexposées à ces risques. 

Les prévisions du rapport en statistiques

Le PNUE estime que les glaciers pourraient perdre plus d'un quart de leur masse d'ici 2100. Il s'en suivrait une élévation du niveau de la mer de 9 à 12,5 centimètres attribuable à la seule fonte des glaciers, pour un scénario de réchauffement contenu sous les +3 °C. La disponibilité en eau pourrait être modifiée de façon permanente dans plusieurs endroits. En l'absence de mesures d'adaptation efficaces, la production alimentaire mondiale pourrait chuter de 14% d'ici 2050. 

Dépassement, pic et déclin : une trajectoire en trois phases

Malgré le dépassement de la barre des +1,5 °C, le Programme réaffirme la nécessité de s'efforcer à revenir sous ce seuil. 

Si un retour en-deçà de ce seuil n'est pas garanti, l'ONU considère que limiter l'ampleur, la durée et les conséquences du dépassement reste la meilleure option. Il s'agit de tout mettre en œuvre pour maintenir la hausse des températures au niveau le plus bas possible, via une trajectoire en trois étapes : dépassement, pic et déclin ("overshoot, peak and decline") :

  1. À l'approche puis au dépassement du seuil des +1,5 °C : phase de réponse immédiate pour réduire immédiatement et drastiquement les émissions, notamment de CO2 et de méthane, afin que le dépassement soit le plus bas et le plus court possible ; 
  2. Au moment du pic de température : phase d'adaptation et de maîtrise, soutenue par l'atteinte de la neutralité carbone ;
  3. Pour ensuite faire baisser les températures puis les stabiliser : phase de résilience à long terme, reposant sur l'atteinte d'émissions nettes négatives. Le Programme recommande l'élimination du dioxyde de carbone (reboisement, capture directe..), tout en rappelant qu'il s'agit de solutions coûteuses et aux effets limités sur la baisse des températures.

Le PNUE rappelle que "chaque fraction de degré évitée et chaque année de dépassement en moins permettront de sauver des vies, de protéger les écosystèmes et de réduire les pertes économiques".