La Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du travail, de l'emploi et de l'insertion (Dares) a publié, le 9 septembre 2026, une étude sur l'évolution des conditions de travail et des risques psychosociaux entre 2016 et 2024.
L'étude se fonde sur l'exposition des salariés à :
| 6 contraintes physiques | 6 facteurs de risques psychosociaux |
|---|---|
| Rester longtemps debout | L'intensité du travail |
| Effectuer des déplacements à pied longs ou fréquents | Les exigences émotionnelles |
| Porter ou déplacer des charges lourdes | L'autonomie et les marges de manœuvre |
| Effectuer des mouvements douloureux ou fatigants | Les rapports sociaux et relations de travail |
| Rester longtemps dans une autre posture pénible ou fatigante à la longue | Les conflits de valeur |
| Subir des secousses ou vibrations | L'insécurité de la situation de travail |
Une dégradation des conditions de travail pour les emplois peu qualifiés
D'après l'étude de la Dares, en 2024, en moyenne, 4 salariés sur 10 sont exposés à au moins trois contraintes physiques. Cela concerne :
- 8% des cadres (contre 9% en 2016) ;
- 74% des ouvriers peu qualifiés (contre 73% en 2016) ;
- 61% des employés peu qualifiés (contre 54% en 2016).
L'étude fait état d'une baisse de l'intensité du travail depuis 2016 concernant toutes les catégories socioprofessionnelles, excepté celle des employés peu qualifiés (la catégorie des ouvriers qualifiés demeure la plus exposée avec 55% d'entre eux).
Alors que l'étude met en avant la baisse globale des contraintes de rythme et de la pression temporelle, la part des employés peu qualifiés exposés à ces types de contraintes ne diminue pas ou baisse de façon plus atténuée que pour les autres catégories. De plus, d'autres contraintes augmentent pour les employés peu qualifiés :
- la dépendance vis-à-vis des collègues (+6%) ;
- le fait d'être sollicité pour une quantité de travail excessive (+4%) ;
- le fait de devoir toujours ou souvent se dépêcher (+3%).
Tandis que le manque d'autonomie dans l'organisation du travail recule globalement de 3% entre 2016 et 2024, il augmente de 4% chez les employés peu qualifiés.
Les particularités de la fonction publique
Selon l'étude de la Dares, les exigences émotionnelles liées au contact avec le public sont en baisse. Elles concernent 71% des salariés en 2024, contre 73% en 2016. Toutefois, il existe pour certaines situations un écart notable entre la fonction publique et le secteur privé, dû à la nature des emplois occupés : deux tiers des agents publics sont en contact avec des personnes en situation de détresse, contre seulement un tiers des salariés du privé.
Le recul de la pression temporelle sur l'ensemble des catégories socioprofessionnelles est porté par les salariés du privé : entre 2016 et 2024, la part des salariés devant se dépêcher recule de 4% dans l'ensemble. Elle se réduit de 7% dans le privé mais augmente de 3% dans la fonction publique.