Qu'est-ce qu'une politique monétaire ?

Questions économiques et sociales

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L’essentiel

  • La politique monétaire est avec la politique budgétaire l'un des principaux leviers d'action des responsables politiques et économiques. En France, la politique monétaire relève de l'autorité de la Banque de France et de la Banque centrale européenne (BCE).
  • Le rôle de la politique monétaire est de fournir les liquidités nécessaires au bon fonctionnement de l'économie et de veiller à la stabilité de la monnaie. Certains pays poursuivent un objectif lié au taux de change.
  • Les instruments de la politique monétaire sont la politique de refinancement (via les taux directeurs), les réserves obligatoires et les opérations sur le marché monétaire.

En détail

Le rôle de la politique monétaire est de fournir, encadrer et contrôler les liquidités nécessaires au bon fonctionnement économique et de veiller à la stabilité monétaire et financière.

L’augmentation de la quantité de monnaie disponible dans l’économie ne doit être !

  • ni trop faible (le risque est de limiter l’activité économique, si les moyens de paiement en circulation sont insuffisants) ;
  • ni trop rapide par rapport à la croissance de la production (le risque est de provoquer une hausse des prix, l'inflation, si le pouvoir d’achat à la disposition des agents est supérieur à l’offre de biens et services disponibles). 

Dans certains pays, la politique monétaire vise également à poursuivre un objectif de change : les autorités monétaires peuvent utiliser les instruments à leur disposition pour atteindre un certain taux de change de la monnaie nationale. Elles peuvent vouloir chercher une dépréciation (pour relancer les exportations) ou une appréciation (les importions deviennent mois chères, créant un effet désinflationniste) de leur monnaie. Pour la zone euro, la BCE ne poursuit pas d'objectif de change.

Pour atteindre les objectifs de la politique monétaire, les autorités monétaires disposent de trois instruments : la politique de refinancement, les réserves obligatoires et les interventions sur la marché monétaire.

  • Le principal instrument est la politique de refinancement, c'est-à-dire le pilotage des taux d’intérêt directeurs. Les taux directeurs correspondent aux taux d’intérêt que la banque centrale applique aux banques commerciales quand ces dernières déposent des liquidités auprès d'elle ou demandent des prêts. Cette dernière opération correspond au refinancement des banques commerciales par la banque centrale. La banque centrale a ainsi la possibilité de faire varier le coût de la monnaie en fonction des menaces sur la stabilité monétaire et de la conjoncture économique. Les taux directeurs ruissellent sur le niveau des autres taux bancaires, notamment ceux auxquels les banques commerciales accordent des crédits aux agents économiques (ménages, entreprises, etc.). En fonction du niveau des taux directeurs, la demande globale de crédit augmente ou ralentit. Les taux directeurs influencent aussi le niveau de la création monétaire, c’est-à-dire la monnaie en circulation dans l’économie ;
  • Les réserves obligatoires sont des dépôts non rémunérés que les banques commerciales doivent constituer auprès de la banque centrale. Elles correspondent à une part du total des dépôts collectés auprès de leurs clients. Le montant des réserves obligatoires constitue une contrainte sur les liquidités des banques et pèse sur leur rentabilité. Une hausse de ces réserves réduit l'offre de prêt, une baisse l'augmente ;
  • Les interventions sur le marché monétaire constituent le troisième instrument. La banque centrale et les banques commerciales agissent ensemble sur ce marché. En achetant ou en vendant des actifs (bons du Trésor détenus par les banques commerciales), la banque centrale fait varier les taux du marché monétaire à la hausse ou à la baisse. Elle peut également moduler les conditions de prêt ou de dépôt qui permettent aux banques commerciales d’emprunter ou de déposer des liquidités auprès de la banque centrale (pour une durée d’un jour à une semaine).

La politique conventionnelle des banques centrales repose en grande partie sur l'action sur les taux directeurs et les réserves obligatoires. Lors de certaines crises, ces instruments peuvent s'avérer inefficaces, contraignant les autorités monétaires à utiliser des instruments non conventionnels dans le cadre d'un assouplissement quantitatif et qualitatif. On en distingue quatre :

  • augmenter la taille du bilan de la banque centrale en achetant des actifs sur les marchés financiers (obligations émises par les États) ;
  • modifier la qualité des collatéraux (garanties) que la banque centrale accepte lors des opérations avec les banques commerciales ;
  • mettre en place des taux d'intérêt négatifs (l'emprunteur est rémunéré) ;
  • communiquer en amont sur la politique à mener.

On peut noter que le dernier instrument, une communication transparente, fait aujourd'hui partie du quotidien des banques centrales, afin de réduire les surprises et incertitudes sur les marchés financiers.