Tracfin met en garde sur les risques de fraudes liées au Covid-19

Matériels médicaux non conformes, faux ordres de virements... La crise sanitaire liée au coronavirus a entraîné des nouveaux risques de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme (LBC-FT).

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Image conceptuelle d'un hameçon dans une eau pleine de caractères typographiques du "a" commercial. L'arobase.
Tracfin invite les professionnels à faire preuve de vigilance et de mettre en place des critères d’alerte adaptés. © JanWillem - stock.adobe.com

Tracfin a publié le 28 mai une note sur les principaux risques de fraude et de blanchiment d'argent liés à la pandémie du Covid-19. Depuis le mois de mars 2020, Tracfin a traité une centaine de déclarations de soupçon.

Escroqueries au matériel sanitaire

Le document relève deux enseignements :

  • toutes les conditions étaient réunies (contexte économique dégradé) pour que les fraudes se développent dans le commerce médical et sanitaire : vente de matériels non conformes ou ventes fictives de masques, de gel hydroalcoolique et d'appareils respiratoires ;
  • l'augmentation des commandes de matériels médicaux a favorisé de nouvelles opportunités de fraude : faux ordres de virement (FOVI), détournement de dispositifs d'État (faux appel aux dons et stratégie de hameçonnage, détournement du prêt garanti par l’État (PGE) pour aider les entreprises en difficultés).

Face à ces constats, Tracfin invite les professionnels à faire preuve de vigilance et de mettre en place des critères d’alerte adaptés.

Appel à la vigilance

Tracfin est l'unique dépositaire des déclarations de plus de 40 professions affiliées au dispositif de lutte anti-blanchiment (près de 200 000 professionnels, dont les banques et établissements de crédit). Sous l'autorité du ministère de l'action et des comptes publics, la structure analyse et exploite tout renseignement propre à établir l'origine ou la destination délictueuse d'une opération financière.

L'analyse des signalements traités depuis mars 2020 doit permettre aux professionnels d'être plus vigilants sur les risques liés à la pandémie.

La note établit des critères qui doivent alerter et notamment :

  • les sociétés de ventes récemment créées ou réactivées et les modifications d'objet social en mars-avril ;
  • des sites internet ayant des noms de domaine récents et peu de produits ;
  • des différences entre les adresses mail (les fraudeurs s'interposent entre le fournisseur et l'acheteur) dans les cas de faux ordres de virement.

Le service de renseignements recommande de vérifier :

  • les documents d’identités et la concordance de l’objet social de l’entreprise avec les antécédents professionnels du dirigeant lors de la création d'une entreprise ;
  • en cas de difficultés ou de liquidation de l'entreprise, les administrateurs et mandataires judiciaires doivent être particulièrement attentifs à l'origine des fonds, aux liens entre créanciers et débiteurs, à la garantie des salaires etc.