Plan de relance de l'économie : les propositions du Sénat

Selon les prévisions, le PIB de la France baissera de 11% en 2020 à la suite d'une crise inédite résultant à la fois d'une pandémie et d’une mise à l’arrêt de l’activité économique. Dans ce contexte, le Sénat a publié un rapport sur une politique de relance de l'économie qui se veut "verte, décentralisée et européenne".

Temps de lecture  3 minutes

Cette période de confinement a ainsi révélé une dépendance vis-à-vis de fournisseurs en temps de crise ainsi que des difficultés des pouvoirs publics à mettre en place des politiques d'anticipation. © Prostock-studio - stock.adobe.com

La crise est singulière à plus d’un titre et notamment parce que sa fin est inconnue. L’incertitude sera de mise tant que la pandémie perdure dans le monde. Ayant touché tous les secteurs, il s’agit d’une crise à la fois de l’offre et de la demande.

C'est dans ce cadre que la Commission des affaires économiques du Sénat a remis, le 17 juin 2020, son rapport d’information "Remettre notre économie sur les rails : une relance verte, décentralisé et européenne".

Les remontés du terrain, les tables rondes et 200 auditions menées ont nourri toute une série de considérations qui ont conduit à la publication notamment de sept analyses sectorielles (agriculture et alimentation, énergie, industrie, logement urbanisme et ville, numérique, PME commerce et artisanat, tourisme).

Quels objectifs de sortie de crise ?

Cette période de confinement a ainsi révélé certaines réalités :

  • dépendance vis-à-vis de fournisseurs en temps de crise soulignant la fragilité du tissu industriel français ;
  • difficultés des pouvoirs publics à mettre en place des politiques d'anticipation et de gestion des risques à l’heure de la mondialisation et de la spécialisation des économies ;
  • caractère stratégique du numérique (essor du télétravail et du commerce en ligne) mettant également en lumière la faible numérisation de l’économie française, l'absence de champion européen et de souveraineté numérique.

Le parti pris de la démarche du Sénat ayant été de considérer la sortie de crise comme une opportunité, le rapport évoque quatre objectifs :

  • être mieux à même de peser dans la mondialisation au niveau de l'Union européenne (politique commerciale offensive, autonomie numérique, harmonisation fiscale et sociale,  politique industrielle plus ambitieuse...) ;
  • améliorer la compétitivité des entreprises françaises (en 2019, la France se classait à la 15e place parmi 140 pays en matière de compétitivité) ;
  • diversifier les chaînes d’approvisionnement et relocaliser des centres de décisions et de productions critiques (sécurité sanitaire, alimentaire...), intensifier les projets d’intérêt commun (batteries électriques, fabrication de principes actifs pharmaceutiques…) ;
  • faire de la transition énergétique et environnementale un levier prioritaire de la reprise.

Relancer la croissance

Pour préserver la production industrielle à court terme et pour la moderniser à long terme, le rapport a dégagé dix idées fortes devant permettre de relancer la croissance, parmi lesquelles :

  • alléger les charges pour relancer la compétitivité des entreprises ;
  • positionner l’économie sur les marchés de croissance future ;
  • participer à la relocalisation de centres de décisions et de productions ;
  • accélérer la décarbonation de l’économie ;
  • gagner la bataille du numérique (numérisation des entreprises et émergence de champions numériques européens…) ;
  • favoriser la consommation en lien avec les secteurs en difficulté (tourisme, restauration, bâtiment...) ;
  • intensifier le soutien à l’insertion des jeunes sur le marché du travail ;
  • réformer certaines politiques européennes...

Selon la sénatrice Sophie Primas, l’ensemble de ce plan de relance a été budgété à hauteur de 30 milliards d’euros. Le Sénat compte sur un financement par la dette publique en la "monétisant par la Banque centrale européenne".