Niveau de vie : des inégalités qui augmentent en 2018

Les inégalités de niveau de vie s'accentuent en 2018. L'INSEE compte 9,3 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en France en 2018 (+0,7% par rapport à 2017). Et tandis que le niveau de vie des ménages les plus modestes se tasse, il augmente pour les plus aisés.

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Maison divisée en deux propriétés dont une refaite à neuf et l'autre plus délabrée.
Parmi les personnes touchées par la pauvreté, on note que leur proportion augmente notamment chez les étudiants, les retraités et les enfants. © Tom Bayer - stock.adobe.com

En 2018, le niveau de vie médian en France métropolitaine est de 21 250 euros (1 771 euros par mois pour une personne seule), soit 0,3% de plus qu'en 2017.

Dans son étude sur les niveaux de vie en 2018, l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) note une lente progression du niveau de vie des Français depuis cinq ans. Toutefois, cela n'atténue pas les écarts entre les foyers les plus modestes et les plus aisés qui ont un niveau de vie au moins 3,5 fois supérieur aux premiers. Et si la progression du niveau de vie des 10% les plus aisés s’est ralentie depuis dix ans, pour 2018, cette augmentation est de 0,6% voire de 1,2% pour les 5% les plus aisés.

9,3 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté

Avec 400 000 personnes supplémentaires en 2018, ce sont 9,3 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté monétaire fixé à 60% du niveau de vie médian, soit 14,8% de la population.

Parmi les personnes touchées par la pauvreté, on note que leur proportion augmente particulièrement chez les étudiants, les retraités et les enfants (en lien avec la composition familiale), le niveau de vie des familles monoparentales ayant été davantage pénalisé.

Dans le même temps, le taux de pauvreté chez les chômeurs et les travailleurs pauvres reste stable, même si la pauvreté touche beaucoup de chômeurs (37,8% sont considérés comme pauvres).

Des inégalités en hausse

L’indice de Gini, indicateur du degré d’inégalité, a fortement augmenté après la crise de 2008 en touchant les ménages les plus modestes. Il passe  à 0,298 en 2018 (contre 0,289 en 2017). Ainsi, les inégalités de niveau de vie se creusent :

  • 20% des plus aisés touchent 39% de la masse totale des niveaux de vie ;
  • 9% de celle-ci est touchée par les 20% des plus modestes.

Les facteurs contribuant à l’augmentation de la pauvreté sont multiples : la faible progression de certains revenus d’activité, le gel du barème et la baisse des aides au logement, la réforme de la prestation d’accueil au jeune enfant, l'absence de revalorisation des pensions du régime général, l’augmentation de la CSG des retraités.

Par ailleurs, les inégalités s'accentuent du fait de la progression importante des revenus d’activité des plus aisés. Cela s'explique également par l'augmentation des revenus du patrimoine avec la hausse des dividendes reçus (fiscalité plus incitative à leur distribution).