Tabagisme dans l'UE : les conditions d'une génération sans tabac d'ici à 2040

Cigarettes, tabac à rouler... Avec 27% de l'ensemble des cancers qui lui sont imputables, le tabac constitue le plus grand risque sanitaire évitable dans l'Union. La Commission européenne a publié un premier rapport concernant les résultats de la directive de 2014 sur les produits du tabac.

Paquet de tabac à rouler avec l'inscription : "Fumer tue".
Le taux de tabagisme chez les jeunes est tombé à 20% en 2020, contre 25% en 2014, après avoir culminé à 29% en 2017. © galam - stock.adobe.com

Entrée en vigueur en 2014 et applicable depuis mai 2016 dans tous les États de l'Union européenne (UE), cette directive sur les produits du tabac a démontré sa pertinence dans le cadre d’une politique globale de l’UE en matière de lutte antitabac selon un rapport publié par la Commission européenne le 20 mai 2021.

La consommation de tabac dans l'UE a ainsi diminué passant de 26% de la population âgée de 15 ans et plus en 2014 à 23% en 2020. De même, le taux de tabagisme chez les jeunes est tombé à 20% en 2020 (ce taux était de 25% en 2014 après avoir culminé à 29% en 2017). Les différences nationales restent cependant significatives.

Des mesures efficaces pour réduire la consommation

Le rapport fait ressortir plusieurs enseignements :

  • les nouvelles règles ont donné un caractère d’urgence et une nouvelle impulsion aux actions de lutte antitabac ;
  • les avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes et les emballages neutres contribuent à prévenir l’entrée dans le tabagisme des jeunes, motivent les fumeurs à arrêter et réduisent le risque de rechute des anciens fumeurs ;
  • la mise sur le marché des cigarettes et du tabac à rouler contenant des arômes (menthol, par exemple) est désormais interdite ;
  • la validité de ce cadre juridique et de plusieurs de ses dispositions a été confirmée par la Cour de justice de l’Union européenne (la moitié des pays de l'Union environ avait fait état de procédures judiciaires nationales portant sur la mise en œuvre de cette directive) ;
  • afin de simplifier la transmission électronique des informations sur les ingrédients et les émissions, la Commission a créé le point d’entrée électronique commun de l’UE (PEC-UE) ;
  • la directive a autorisé l’utilisation de redevances pour financer certaines actions de lutte antitabac et certains États membres ont commencé à y recourir.

Un tabagisme encore élevé

Le rapport souligne néanmoins que l'UE doit poursuivre ses efforts sur plusieurs aspects :

  • les dispositions ne sont pas correctement appliquées dans tous les pays (seuls sept États membres ont mis en place une législation complète d’interdiction de fumer dans les lieux clos à usage collectif, sans exception et sans aménagement de fumoirs) ;
  • malgré les objectifs sur la taxation des produits du tabac, ces taxes varient considérablement au sein de l’Union car la fiscalité des produits du tabac relève toujours de la compétence des États membres ;
  • les travaux sur les additifs prioritaires ont fourni peu d’informations exploitables ;
  • l'interdiction de la vente à distance transfrontalière de produits du tabac et de produits connexes doit être généralisée, compte tenu des disparités persistantes entre les États membres et des enjeux liés à la vente à distance transfrontalière de produits non conformes ;
  • la prise en compte des récentes évolutions du marché est à améliorer, par exemple, sur les nouveaux produits du tabac.