Piscines publiques : quel coût pour les communes ?

Une étude de l'Observatoire des finances locales met en évidence le coût de fonctionnement élevé des piscines publiques pour les communes et les intercommunalités. La crise sanitaire du Covid-19 a accentué un peu plus ce déséquilibre financier avec la fermeture des équipements sportifs en 2020.

Centre aquatique avec grande verrière et bassin décoré de palmiers.
En 2020, les recettes ont tellement chuté (-56%) que le reste à charge pour les communes a augmenté de 10 millions d'euros (+7,7%). © shock - stock.adobe.com

Dans sa publication d'octobre 2021 sur le coût de fonctionnement des piscines publiques, l'Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL) a analysé les dépenses de fonctionnement des piscines et centres aquatiques publics qui sont majoritairement gérés par les communes et les intercommunalités.

Ces dépenses atteignent un niveau important en 2019 : 195 millions d'euros pour les 291 communes étudiées et 185 millions d'euros pour les 163 intercommunalités.

De fortes disparités parmi les communes et intercommunalités

Sur l'année 2019, le coût de fonctionnement moyen annuel des piscines est estimé à 1 073 euros par m² pour les communes. Le coût est de 1 263 euros par mètre carré pour les intercommunalités, car celles-ci gèrent, généralement, des infrastructures plus grandes, de type centres aquatiques, avec davantage de prestations.

Ces moyennes recouvrent des disparités importantes. Ainsi, 25% des communes ont un coût inférieur à 526 euros par mètre carré, et 25% un coût supérieur à 1 643 euros par mètre carré. On retrouve un écart de même proportion parmi les intercommunalités.

Ces disparités sont liées aux caractéristiques très variées des piscines : découvertes ou intérieures, saisonnières ou non, présence d’aménagements de confort tels que sauna et hammam ou de services supplémentaires comme un espace fitness... D'autres facteurs peuvent également entrer en compte comme la taille de la collectivité ou l’ancienneté et l'entretien des piscines.

Les frais de personnel constituent la majeure partie des dépenses, suivi par le poste énergie-chauffage et par l'eau-assainissement.

Le reste à charge est important pour les collectivités car les recettes des usagers des piscines publiques ne couvrent qu’une faible part du coût de fonctionnement : 22% pour les communes et 26% pour les intercommunalités.

Impact marqué de la crise sanitaire en 2020

L'OFGL a également analysé l'évolution de ces dépenses en 2020 pour mettre en avant l'impact de la crise sanitaire sur les budgets piscines des communes. 

La fermeture, complète ou partielle, de ces infrastructures durant plusieurs mois a eu des répercutions tant au niveau des dépenses que des recettes. Des économies ont pu être réalisées sur certaines charges (frais de personnel, eau et assainissement, énergie et électricité, chauffage urbain). Les dépenses de fonctionnement des communes ont ainsi baissé de 6,4% en 2020, alors qu'elles avaient augmenté de 2,3% en 2019.

Cependant, les recettes ont tellement chuté (-56%) que le reste à charge pour les communes a augmenté de 10 millions d'euros en 2020 (+7,7%).

Les communes qui gèrent des piscines ont vu leur équilibre financier se dégrader avec la crise sanitaire. Même si, bien avant l'épidémie de Covid-19, la Cour des comptes pointait déjà, dans son rapport annuel de 2018, le déficit de fonctionnement important des piscines publiques aux coûts d’exploitation élevés et aux recettes limitées par les missions de service public.

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