Crise migratoire : l'Union européenne renforce les sanctions contre la Biélorussie

L'Union européenne (UE) a annoncé, le 15 novembre 2021, un renforcement des sanctions contre la Biélorussie. Elle s'apprête à adapter son dispositif juridique pour cibler les personnes et organisations qui mettent en place, via la Biélorussie, l'arrivée de milliers de migrants aux frontières avec la Pologne et la Lituanie.

Des migrants à la frontière biélorusse et polonaise de Kuznica, le 15 novembre 2021.
Le Haut Représentant de l'Union européenne a souligné la pleine responsabilité de la Biélorussie dans la création artificielle d'un flux de migrants à la frontière polonaise. © Leonid Shceglov - Belta/AFP

Réunis le 15 novembre 2021 sous la présidence du Haut Représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, les ministres européens des affaires étrangères ont pris la décision d'étendre les sanctions à l’encontre de la Biélorussie.

Le Conseil a ainsi modifié le dispositif des mesures de sanctions pour pouvoir répondre à "l'instrumentalisation des migrants à des fins politiques" par les autorités biélorusses. Ces dernières, sous la présidence d'Alexandre Loukachenko, sont accusées d'organiser, dans la zone frontalière avec la Pologne et la Lituanie, l'arrivée de migrants en provenance du Proche-Orient pour les encourager à entrer illégalement dans l'Union européenne.

Le Conseil considère, d'une manière unanime, l'action de la Biélorussie comme une "attaque hybride" qui a été lancée contre l'UE.

Élargissement des sanctions contre la Biélorussie

Les ministres des affaires étrangères ont débattu de la question de la crise migratoire aux frontières orientales de l'UE dans le cadre de ce qu'ils qualifient comme une tentative de la Biélorussie de faire entrer les migrants illégalement dans l'UE.

Le Haut Représentant a informé les ministres de ses contacts avec les autorités biélorusses ainsi que des activités diplomatiques de l'UE auprès des pays d'origine des migrants et des pays de transit.

Il a annoncé également :

  • l'élargissement du champ d'application des sanctions qui peuvent désormais s'appliquer aussi aux personnes et organismes mettant en place des vols en provenance de plusieurs pays à destination de la Biélorussie et de là vers les frontières de l'UE ;
  • l'établissement d'une nouvelle série de sanctions contre la Biélorussie.

Il a souligné enfin :

  • la pleine responsabilité de la Biélorussie dans la création artificielle d'un flux de migrants ;
  • la volonté de l'UE de travailler avec les Nations unies et ses agences pour aider les populations installées à la frontière.

Non reconnaissance des résultats de l'élection présidentielle d'août 2020

L'UE ne reconnaît pas la réélection, en août 2020, d'Alexandre Loukachenko, alors président sortant. Elle affirme que le scrutin n'a été ni libre ni régulier.

Depuis octobre 2020, l'Union a ainsi progressivement imposé des mesures restrictives à l'encontre de ce pays. Ce dispositif est également une réponse européenne aux actes d'intimidation et de répression violente commis contre des manifestants, des membres de l'opposition et des journalistes en Biélorussie. Dans ce cadre, 166 personnes et 15 entités faisaient l'objet de sanctions dont  Alexandre Loukachenko et son fils Viktor Loukachenko.

Le 21 juin 2021, le Conseil a décidé par ailleurs de renforcer encore les restrictions contre le régime biélorusse (78 personnes et 8 entités concernées) par une quatrième série de sanctions en raison notamment du détournement forcé vers Minsk d'un vol Ryanair le 23 mai 2021.