Vente en ligne aux particuliers : vers une fin de la mention "livraison gratuite" ?

La logistique urbaine consiste à gérer des flux de marchandises qui entrent, circulent et sortent dans la ville. Le commerce en ligne représente une part croissante du transport de marchandises en ville. Un rapport fait des propositions afin de mieux maîtriser ses impacts environnementaux et sociaux.

Illustration d'un camion de marchandises sur voie rapide.
La pratique de la livraison gratuite induit une perte de visibilité de l'acte de livraison et sous-entend qu'il n'a aucun coût. © Alphaspirit - stock.adobe.com

Le transport de marchandises en ville représente en France :

  • 20% du trafic en agglomération ;
  • 20% des émissions de gaz à effet de serre.

Les livraisons aux particuliers constituent une part croissante du transport de marchandises en ville du fait du développement du commerce en ligne. Ce phénomène a été amplifié par la crise sanitaire. Le secteur en 2021 a dépassé 129 milliards d'euros (+15,1% en un an). Près de 90% des 15-79 ans ont recours aux commandes en ligne.

Un rapport du 24 mai 2022 du Sénat fixe comme objectif de passer d'une logistique vue exclusivement comme une contrainte à une logistique appréhendée comme une opportunité pour les agglomérations. Parmi les pistes, la responsabilisation des consommateurs en ligne.

Qualité de l'air et vérité des prix

Le commerce en ligne a permis d'atténuer les effets économiques des confinements durant la crise sanitaire. Par ailleurs, l'optimisation des livraisons et l'éviction de la voiture individuelle pour faire des achats permettrait de réduire les émissions de CO2 de 36% selon une étude publiée par le Massachussetts Institute of Technology (MIT).

Le commerce en ligne et le mode de transport de la marchandise ont ainsi un impact important sur le trafic de marchandises en ville et donc sur la qualité de l'air. Les livraisons en ville sont principalement effectuées par :

  • des poids lourds (plus de 3,5 tonnes) ;
  • des véhicules utilitaires légers.

Face à ce constat, le rapport préconise de responsabiliser les consommateurs sur l'impact environnemental des livraisons en :

  • interdisant la mention "livraison gratuite" sur les sites de vente en ligne aux particuliers à compter du 1er janvier 2023 ;
  • informant a posteriori sur le coût environnemental d'une livraison tout en faisant des recommandations afin d'en réduire le coût à l'avenir.

Est-ce vraiment gratuit? 

La pratique de la livraison gratuite induit une perte de visibilité de l'acte de livraison et sous-entend qu'il n'a aucun coût. Une mission d'information sénatoriale a préconisé de mettre fin à l'usage de la mention "livraison gratuite" sur les sites de vente pour y substituer la mention "livraison offerte".

Ces évolutions permettraient d'induire des comportements plus vertueux et responsables d'un point de vue environnemental.

Des livraisons plus propres

Le consommateur n'est toutefois pas le seul à responsabiliser dans le phénomène du commerce en ligne.

Les livraisons aux particuliers se caractérisent par un éclatement d'importants flux de transport, lié à :

  • la dispersion des demandes ;
  • des délais de livraisons souvent brefs.

Ces délais de livraison ne favorisent pas le remplissage des véhicules de livraison : 25% des distances sont parcourues à vide, pour un taux de remplissage moyen de 67%.

L'absence de choix dans les modes de livraison pose aussi deux difficultés :

  • le consommateur ne peut opter pour des livraisons à impact environnemental réduit ;
  • les échecs de livraison (absence de l'acheteur à son domicile).

Ainsi, pour favoriser des livraisons plus propres en ville, le rapport préconise :

  • la mutualisation des véhicules de livraison ;
  • le cotransportage de colis (transporteur ou particulier) ;
  • l'utilisation des mobilités peu polluantes (tramway).