Éducation à l'égalité des sexes : quelles pistes pour lutter contre les stéréotypes à l'école ?

Pour le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), l’école est le premier lieu de circulation de stéréotypes générateurs de sexisme "antichambre de la violence". Il appelle les pouvoirs publics à faire de l’éducation à l’égalité et au respect entre sexes une "priorité absolue".

Collégiens dans leur cour de récréation avec marquages au sol de jeux de ballon.
Du CP à la terminale, les thèmes de la violence sexuelle, du consentement ou de l’identité de genre sont peu abordés lors des 21 séances obligatoires, qui sont surtout axées sur l’aspect sanitaire et médical. © Hervé Rouveure - stock.adobe.com

En mars 2022, un précédent rapport du HCE sur la perception des jeunes générations vis-à-vis des stéréotypes femmes-hommes avait montré une prise de conscience, en particulier des jeunes femmes, sur les enjeux de l’égalité. Mais le rapport montrait également la reproduction de certains stéréotypes de groupes chez les jeunes hommes et la consolidation de conditionnements sexués dans le cadre scolaire.

À l’occasion de la rentrée des classes de septembre 2022, les derniers travaux du HCE sur la montée de la violence chez les jeunes s’intéressent plus spécifiquement au maintien de ces stéréotypes dans le cadre scolaire, et à leur incidence sur les violences sexuelles.

Un contexte scolaire qui maintient des stéréotypes de sexe

Publié en mars 2022, le baromètre sexisme 2022 du rapport annuel du HCE montre une persistance du sexisme et une incapacité à en démonter les mécanismes malgré une prise de conscience quasi unanime de la nécessité de le combattre. Selon ce baromètre, le fait qu'un homme gifle sa conjointe n’est considéré comme un acte sexiste que par 56% des 18-24 ans. Toujours selon ce baromètre :

  • un jeune sur quatre déclare avoir eu des rapports sexuels non consentis ;
  • une femme sur cinq de moins de 24 ans dit avoir déjà subi un viol ou une agression sexuelle ;
  • une femme sur deux a déjà vécu un acte ou un propos sexiste à l’école ou des remarques sur sa tenue ou son physique.

Une jeune femme sur cinq est victime de pornodivulgation. De même, les réseaux sociaux exercent une forte pression esthétique chez les jeunes dont certains décident de recourir à la chirurgie esthétique.

Le Haut Conseil considère qu'il existe des lacunes au sein du système éducatif notamment dans l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle : du CP à la terminale, les thèmes de la violence sexuelle, du consentement ou de l’identité de genre sont peu abordés lors des 21 séances obligatoires, qui sont surtout axées sur l’aspect sanitaire et médical (protection contre les MST, contraception…).

Par ailleurs le HCE relève des éléments de renforcement des comportements sexués dans la sphère de l'enseignement :

  • des manuels scolaires et des supports pédagogiques qui véhiculent des représentations genrées où les femmes sont peu mises en valeur ;
  • la prédominance d’un machisme dans les filières d’enseignement scientifique et numérique à forte dominance masculine.

Les préconisations du HCE

Cinq pistes sont préconisées par le Haut Conseil pour agir contre la prédominance de stéréotypes sexués au sein de l'école :

  • mieux évaluer et assurer les enseignements obligatoires à la sexualité ;
  • mettre en place un plan national d’orientation professionnelle dès le collège ;
  • mieux informer sur le harcèlement, le cyberharcèlement et les violences en ligne (déploiement du programme pHARe) ;
  • mieux assurer la sécurité des jeunes femmes ;
  • inclure une obligation de plus juste représentation et proportion de figures féminines dans les manuels d’enseignement.