Tensions de recrutement : comment améliorer l'attractivité de certains métiers ?

Manque de main-d'œuvre, conditions de travail contraignantes... Depuis la fin de la crise sanitaire, de nombreuses branches professionnelles connaissent des tensions de recrutement. Face à ce contexte, un récent rapport remis au ministre du travail montre que des solutions résident notamment dans un meilleur dialogue social au niveau des branches.

Un boucher-charcutier dans sa boutique découpe de la viande.
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Durant 18 mois, les pouvoirs publics ont accompagné six branches professionnelles :

  • transports routiers ;
  • boulangerie et pâtisserie artisanale ;
  • boucherie ;
  • charcuterie de détail et traiteurs ;
  • métallurgie ;
  • conseil et numérique.

Le rapport du 8 novembre 2022 sur la résorption des tensions de recrutement remis au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, Olivier Dussopt, fait le bilan de la démarche engagée par ces six branches professionnelles pour :

  • diagnostiquer les causes des tensions de recrutement ;
  • mettre en place des mesures structurelles afin de les réduire.

De multiples causes de tensions de recrutement

Les recrutements dans les six branches examinées sont contraints par des facteurs spécifiques :

  • âge ;
  • accès à la formation ;
  • professions réglementées.

Les tensions de recrutement sont issues de facteurs combinés :

  • manque de candidatures ou de main-d'œuvre ;
  • inadéquation entre profil des candidats et critères de recrutement ;
  • caractéristiques du poste :
    • trop technique ;
    • mal rémunéré ;
    • trop pénible (contraintes physiques ou de rythme) ;
    • trop contraignant (géographiquement ou horaires inhabituels, morcelés).
  • actifs recherchant de meilleurs salaires et conditions d'emploi ;
  • méconnaissance des métiers ;
  • attractivité et qualité de vie au travail (risques professionnels, mode de management...) ;
  • non-durabilité de l'emploi (CDD, temps partiel, travail saisonnier).

Quelles solutions pour améliorer l'attractivité des métiers ?

Ces six branches professionnelles ont signé des chartes d'engagement avec les ministères concernés qui portent pour certaines de premiers résultats et une croissance des offres d'emploi :

  • métallurgie : modification profonde du cadre conventionnel, qui mentionne la qualité de vie au travail et un cadre rénové de protection sociale ;
  • conseil : objectifs de meilleure conciliation vie familiale-vie professionnelle ;
  • transports : négociations sur les rémunérations et les garanties de prévoyance ;
  • métiers de bouche : négociations sur les rémunérations et les classifications.

En revanche, le secteur du bâtiment n'a pas pu dépasser certaines difficultés.

Selon le rapport, la loi du 5 septembre 2018 sur l'apprentissage et la formation professionnelle a conféré aux branches un pouvoir d'action important dans la résolution des difficultés de recrutement.

Outre le pouvoir de négociation des conventions collectives et accords rattachés (grilles de salaires, classifications, conditions de travail…), les branches disposent d'un outil d'analyse et de prospective, l'observatoire de branche. Elles peuvent ainsi éclairer et orienter les choix faits aux niveaux :

  • des partenaires sociaux de branche ;
  • des acteurs chargés de l'orientation ;
  • des pouvoirs publics ;
  • des autorités organisatrices de formation initiale et continue.

Les branches déterminent le contenu des certifications de branche et participent aux commissions professionnelles consultatives qui définissent les diplômes soutenus par les ministères. La publication d'un diplôme requiert l'avis conforme de la branche concernée.

Ce fonctionnement concourt à l'attractivité des métiers puisque les branches disposent de leviers sur différents aspects (négociation salariale, contenu des formations, dialogue avec le service public de l'emploi…).