Marché du travail : comment pallier les difficultés de recrutement ?

Selon la Banque de France, 300 000 emplois restent à pourvoir en France. L'économie reprend, le chômage est à son plus bas niveau depuis douze ans, mais différents secteurs connaissent des tensions de recrutement. Dans ce contexte, le gouvernement a lancé, le 27 septembre 2021, un plan afin de mieux répondre aux besoins des entreprises.

Cuisine de restaurant avec mise en place d'assiettes de service.
Seuls 213 000 nouveaux salariés ont rejoint le secteur de l’hébergement-restauration entre février 2020 et février 2021, contre 420 000 personnes habituellement sur un an. © xartproduction - stock.adobe.com

La tension actuelle sur le marché du travail est un excès de demande de travail. Les entreprises proposent des emplois qui ne sont pas pourvus. Afin de mieux cerner le phénomène, la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) a publié une étude le 21 septembre 2021 concernant les tensions sur le marché du travail.

Après la levée des contraintes sanitaires, en 2021, près de 300 000 emplois sont à pourvoir, principalement dans les secteurs suivants :

  • hôtellerie-cafés-restaurants ;
  • BTP ;
  • industrie ;
  • santé et grand âge ;
  • transports et logistique  ;
  • commerce.

Face à cette situation, le 27 septembre 2021, le gouvernement a proposé un plan de réduction des tensions de recrutement pour renforcer les formations en situation de travail.

Tensions sur le marché du travail

Ainsi, même si le nombre de demandeurs d'emploi est en baisse, comment expliquer la coexistence de tensions de recrutement et d'un chômage élevé ?

L'étude de la Dares du 21 septembre 2021 met en évidence deux situations très différentes de tensions sur le marché du travail :

  • un désalignement de l'offre et de la demande de nature quantitative lié à des problématiques de qualifications-compétences. Le vivier de main-d'œuvre est réduit pour des métiers qualifiés (cadres, techniciens, ingénieurs de l'informatique…) ;
  • un manque d'attractivité de métiers moins qualifiés (bâtiment, hôtellerie-restauration). Le vivier de main-d'œuvre est plus important. La réduction des tensions passe par une amélioration des conditions de travail et d'emploi.

D'ailleurs, selon une autre étude de la Dares publiée le 1er octobre 2021 sur les difficultés de recrutement, la hausse des tensions dans certains métiers entre 2015 et 2019 provenait déjà d'un manque d'attractivité. Toutefois, d'autres facteurs interviennent également :

  • revenus de remplacement (chômage, minima sociaux) trop peu incitatifs à la reprise d'emploi ;
  • contraintes géographiques ;
  • compétences ;
  • turnover élevé dans certains métiers.

À titre d'exemple, selon une autre étude sur le secteur de l'hébergement-restauration, du 28 septembre 2021 (Dares), seuls 213 000 nouveaux salariés ont rejoint le secteur de l’hébergement-restauration entre février 2020 et février 2021, contre 420 000 personnes habituellement sur un an.

Former et renforcer les compétences

Dans ce contexte, le gouvernement propose un plan de réduction des tensions de recrutement, mis en place dès le 1er octobre, visant à :

  • former les salariés et favoriser les reconversions professionnelles (dispositif Transitions collectives : l'État prend en charge tout ou partie de la rémunération des salariés, y compris les cotisations sociales légales et conventionnelles, et le coût pédagogique des formations certifiantes, sur une durée maximale de 24 mois) ;
  • amplifier l'effort de formation des demandeurs d'emploi afin de répondre spécifiquement aux besoins des entreprises (formations sur mesure, promesses d'embauche).

Un plan spécifique pour les demandeurs d'emploi de longue durée sera déployé. Il repose sur deux actions :

  • la remobilisation des demandeurs d'emploi grâce à un diagnostic personnalisé et des mises en situation ;
  • une aide à l'embauche en contrat de professionnalisation (statut de salarié, intégration dans l'entreprise, accès à une qualification professionnelle reconnue, aide de 8 000 euros à l'employeur pendant la première année).