Changement climatique : trois milliards d'euros de surcoûts pour l'agriculture

Dans un rapport, le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux évalue l'impact du changement climatique sur les filières agricoles et alimentaires françaises. Face aux surcoûts estimés, une adaptation des politiques publiques est proposée.

Département de la Meuse, région Grand-Est, France.
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Gels tardifs, orages, sécheresse, incendies... Le changement climatique risque d'impacter l'agriculture et l'agroalimentaire français sur la durée. Les dégâts du dérèglement climatique et les surcoûts qu'il engendre sont évalués dans le rapport du Conseil Général de l'Alimentation, de l'Agriculture et des Espaces Ruraux (CGAAER), publié en avril 2022. 

L'impact réel du changement climatique

Le changement climatique est dorénavant considéré comme une phénomène irréversible face auquel les filières agricoles et alimentaires doivent s'adapter.
Le surcoût global pour faire face aux dégâts provoqués par le changement climatique sur l'agriculture et l'agroalimentaire est estimé à trois milliards d'euros par an, qui se décomposent ainsi :

  • un milliard d'euros pour les surcoûts liés à l'eau ;
  • un milliard d'euros par an pour les surcoûts liés à l'augmentation des aléas ;
  • deux millions d'euros pour les surcoûts liés à la mise au point des diagnostics "climats" ;
  • 600 millions d'euros pour les surcoûts liés au renouvellement de 10% du verger français ;
  • 150 millions d'euros par an pour les surcoûts liés à la massification du conseil dans les exploitations.

Pour faire face au changement climatique, des stratégies d'adaptation, de gestion des risques, de formations et d'anticipation sont prévues, entraînant des surcoûts importants. 

Une nécessaire adaptation des politiques publiques

Le changement climatique rend nécessaire l'adaptation des politiques publiques. Le CGAAER présente plusieurs recommandations afin d'anticiper et limiter l'impact du changement climatique sur les filières agricoles et alimentaires. 

Le rapport préconise de :

  • poursuivre la recherche et le développement et valoriser les travaux de recherche ;
  • massifier un conseil stratégique sur le terrain;;
  • accompagner les agriculteurs dans la transition climatique par la formation ou le financement.

Chaque filière met l'accent sur différentes stratégies "d'adaptation" et "d'atténuation".
Parmi les autres propositions figurent :

  • l'aide aux investissements (infrastructures, matériels...) ;
  • le développement de la recherche (amélioration génétique, l'expérimentation...) ;
  • la formation et la promotion de la transition agricole.