Dans des observations publiées le 8 janvier 2026, la Cour des comptes salue les résultats prometteurs des outils d'intelligence artificielle (IA) au sein de France Travail mais la Cour pointe certaines faiblesses. Elle avance des pistes pour y remédier.
France Travail utilise de plus en plus l'IA
France Travail est chargé de l’inscription et de l’accompagnement des demandeurs d’emploi, du versement des allocations et de l’aide aux entreprises pour leurs recrutements. La loi du 18 décembre 2023 pour le plein emploi renforce ces missions. Elle généralise l’inscription à France Travail de tout chercheur d’emploi et lui confie la constitution d’un socle commun de services et d’outils au profit du Réseau pour l’emploi.
L’opérateur utilise surtout l’IA en vue de mieux accompagner les demandeurs d’emploi et les entreprises. Après avoir exploré certains outils (cas d’usage) jusqu’en 2017, l'opérateur a déployé deux programmes phares :
- Intelligence emploi, mis en œuvre de 2019 à 2022, qui lui a permis de se constituer une capacité à développer des solutions d’IA ;
- Data IA, lancé en 2024, qui vise à exploiter l’IA générative pour soutenir la transformation de France Travail, accroître l’efficience et améliorer la gouvernance des données.
En avril 2025, 27 cas d’usage sont déployés et utilisés à grande échelle (analyse automatique de CV, identification des offres d’emplois illégales…). Les économies induites depuis 2017 par le déploiement de l’IA, de l’ordre de 120 millions d’euros (M€), dépassent légèrement le budget qu’y consacre l’opérateur, estimé par la Cour à 93 M€ entre 2017 et 2024 et à 15 M€ pour 2025. Elles sont appelées à augmenter.
Un déploiement perfectible
La Cour note toutefois que :
- jusqu'en 2025, la Direction générale de France Travail, qui pilote le déploiement de l’IA, a peu sollicité le conseil d’administration. La participation de celui-ci à l’adoption d’une stratégie intégrant l’IA reste faible ;
- France Travail n’a pas une vision globale des budgets alloués à cette technologie ;
- l’examen de la conformité des cas d’usage au règlement général sur la protection des données (RGPD) est lacunaire et l’opérateur n’est pas assez préparé à l’entrée en vigueur du règlement européen sur l’IA ;
- l’encadrement éthique de l’IA est insuffisant.
Pour une IA plus performante et sûre à France Travail
Face à ce constat, le rapport préconise :
- de mettre à la disposition des demandeurs d’emploi un outil d’IA les informant sur les droits à indemnisation ;
- de rendre compte régulièrement au conseil d’administration de la mise en œuvre de Data IA ;
- de suivre précisément les coûts relatifs à l’utilisation de l'IA ;
- d’examiner la conformité de tous les cas d’usage au RGPD et au règlement européen sur l’IA ;
- de simplifier l’outil d’évaluation éthique à appliquer aux cas d’usage et de consolider le rôle du comité consultatif éthique de l’opérateur.