L'audience de rentrée 2026 de la Cour de cassation, la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire, a été l'occasion, lors de l'allocution de son Premier président Christophe Soulard, de faire part des préoccupations de la Cour face aux attaques qui mettent en cause le bien-fondé des décisions de justice et la légitimité de ceux qui les ont rendues.
Appel à la vigilance démocratique
Son discours a souligné la nécessité de réaffirmer l'indépendance de la justice que Christophe Soulard considère d'une importance "vitale pour la démocratie”, alors que des "attaques violentes, voire les menaces personnelles contre les juges, se multiplient, à l’intérieur même de notre pays mais également au plan international".
Il a rappelé que l’Europe s’est construite par le droit mais que l'institution judiciaire est menacée avec “un mouvement populiste qui dénonce un prétendu gouvernement des juges”. Ces partisans mettent en cause non seulement le bien-fondé de telle ou telle décision mais aussi la légitimité de ceux qui l’ont rendue.
Christophe Soulard a rappelé que la justice est un rempart contre l'arbitraire car si l’on cesse d’admettre que le règlement des litiges soit confié à un tiers impartial qui suit des règles procédurales prédéfinies, "c’est la loi du plus fort qui l’emporte, c’est le triomphe de la force et de la brutalité. La capacité à vivre ensemble est alors atteinte".
Le Premier président a qualifié les exigences de la société à l’égard des juges de "légitimes". Son discours a insisté sur la responsabilité des magistrats dans un contexte de défiance accrue.
Mieux expliquer l’action judiciaire
Mieux expliquer l’action judiciaire est devenu indispensable pour lutter contre les discours hostiles.
Christophe Soulard a rappelé les efforts entrepris pour rendre la Cour de cassation plus accessible : diffusion filmée des audiences solennelles, lettres électroniques des chambres, contenus pédagogiques, développement de l’Observatoire des litiges judiciaires, et mise à disposition des décisions en open data, appuyée par des outils d’intelligence artificielle. Selon lui, la justice doit être mieux comprise pour être respectée.