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Nouveau recours au 49.3 pour l'adoption du budget 2026

Temps de lecture  2 minutes

Par : La Rédaction

Le conseil des ministres réuni le 19 janvier 2026 a autorisé le Premier ministre à engager la responsabilité du gouvernement (article 49.3) en vue de l'adoption du budget. Après deux premiers 49.3 sur les recettes et les dépenses, le Premier ministre a donc activé à nouveau le 49.3, le 30 janvier 2026, en lecture définitive du budget 2026.

Après la promulgation de la loi spéciale qui permet d'assurer la continuité de l'État, la discussion sur le projet de loi de finances pour 2026 a repris à l'Assemblée nationale en nouvelle lecture. Le 15 janvier 2026, en l'absence d'accord sur l'essentiel du texte, le gouvernement a décidé de suspendre les travaux parlementaires jusqu'au 20 janvier.

Un conseil des ministres a été réuni le 19 janvier à l'issue duquel le Premier ministre a annoncé qu'il avait été autorisé à engager la responsabilité de son gouvernement pour l'adoption du budget 2026 en activant l'article 49.3 de la Constitution. Le Premier ministre s'était pourtant engagé, en amont de la discussion budgétaire, à ne pas recourir au 49.3.

L'article 49.3 permet de faire adopter sans vote un texte par l'Assemblée nationale, le texte étant considéré comme adopté si une motion de censure contre le gouvernement n'est pas votée.

Quand le 49.3 a-t-il été activé ?

Le vote d'un projet de loi de finances obéit à des règles spécifiques. Trois votes sont nécessaires : un vote pour le volet recettes, un vote pour le volet dépenses et un vote pour l'ensemble du texte. Le Premier ministre a donc engagé trois fois la responsabilité de son gouvernement, une fois pour chacun de ces votes

Le Premier ministre a ainsi déclenché un nouveau 49.3 en lecture définitive du projet de loi de finances pour 2026 le 30 janvier. Le déclenchement du 49.3 a donc suspendu immédiatement l'examen du texte. Les parlementaires ont déposé alors deux motions de censure qui doivent être examinés le 2 février à partir de 17 heures.

Si la motion de censure est rejeté, le texte est considéré comme adopté. Si la motion de censure est adoptée, le texte est rejeté et le Premier ministre doit présenter la démission de son gouvernement.

1. Initiative de la loi.

L'initiative de la loi appartient à la fois au Gouvernement qui peut déposer des projets de loi et au Parlement.
On parle alors de proposition de loi.

2. Dépôt et examen de la loi en commission.

Projet ou proposition de loi, le texte est débattu en commission à l'Assemblée nationale ou au Sénat.
Par exemple, une loi sur la santé sera examinée par la commission des affaires sociales de l'assemblée où le texte a été déposé.
Désigné au sein de la commission, un rapporteur analyse le texte dans un rapport et fait des propositions.
Les parlementaires de la commission peuvent soit adopter le texte tel qu'il leur a été soumis, soit adopter un nouveau texte modifié par des amendements ou rejeter en bloc le texte initial.
Le texte adopté par la commission est ensuite inscrit à l'ordre du jour de la première assemblée où il a été déposé.

3. Discussion et vote au Parlement.

Le texte est alors discuté dans l'hémicycle, en séance publique.
Il peut être là encore modifié par des amendements.
Les parlementaires votent d'abord sur chaque article et amendement avant de voter sur l'ensemble du texte.
Une fois adopté, le texte est transmis à l'autre assemblée qui va l'examiner selon les mêmes règles.
Si après l'examen en commission, la seconde assemblée vote le texte sans modification, le texte est définitivement adopté.
Mais si le texte est voté avec des amendements, il doit repartir vers la première assemblée pour être examiné dans sa nouvelle version.
On parle de navette pour désigner ces allers-retours entre l'Assemblée nationale et le Sénat, jusqu'à ce que les deux chambres se mettent d'accord sur un texte.
Faute d'accord, le gouvernement peut convoquer une commission mixte paritaire.
Composée de sept députés et sept sénateurs, elle doit permettre d'aboutir à un texte commun voté ensuite par chaque assemblée.
En cas d'échec, une nouvelle lecture du texte a lieu dans les deux assemblées et le gouvernement peut alors donner le dernier mot à l'Assemblée nationale pour une adoption définitive du texte.

4. Promulgation.

La loi est ensuite promulguée par le président de la République dans les quinze jours.
Pendant ce délai, le président peut demander un nouvel examen du texte et le Conseil constitutionnel peut être saisi pour vérifier que le texte de loi est conforme à la Constitution.
La loi promulguée entre en vigueur après sa publication au Journal officiel.