Les interconnexions électriques sont des lignes électriques traversant une frontière entre deux zones. Elles permettent d'échanger de l'électricité entre ces zones, à hauteur de leur capacité (en gigawatts [GW]).
Ainsi, un pays peut compter sur l'électricité excédentaire d'un voisin interconnecté en cas :
- de défaillance d'une infrastructure domestique ;
- de pic de consommation imprévu.
Par ailleurs, les interconnexions électriques permettent aux consommateurs d’accéder à une électricité compétitive et décarbonée.
Sur les quelque 400 interconnexions européennes, 37 ont été mises en place aux frontières françaises. Elles représentent près de 20 GW de capacité d'échange en 2024. Historiquement exportatrice d'électricité, la France a battu pour la deuxième année consécutive son record d'exportation d'électricité en 2025, avec un solde exportateur de 92 térawattheures (TWh).
Une étude du 5 mars 2026 de la Direction générale du Trésor (DGT) fait le point sur les avantages et les limites économiques du développement des interconnexions électriques.
Mécanismes d'optimisation et convergence des prix
Les mécanismes d'optimisation de marché rendent accessibles, grâce aux interconnexions électriques, un plus grand nombre de moyens de production, activés selon leur coût marginal croissant. Les sources les moins chères sont appelées en premier. Leur coût de combustible, qui inclut le facteur d'émission associé, est en général nul ou faible.
La pertinence économique d'une interconnexion repose sur l'existence d'un différentiel de prix de l'électricité durable entre deux zones. La zone produisant de l'électricité à un prix inférieur peut exporter sa production vers la zone où le prix est plus élevé. L'interconnexion dégage un gain socioéconomique pour la collectivité si l'ensemble des bénéfices est supérieur au coût de sa construction et de son fonctionnement.
Le marché européen, divisé en zones, favorise les centrales électriques ayant les facteurs d'émission de gaz à effet de serre (GES) les moins élevés (nucléaire, renouvelables). Quand certains pays regroupent plusieurs zones, la France en constitue une seule.
Lorsque les interconnexions ne sont pas saturées, les prix entre deux zones convergent. Preuve de la forte intégration française au marché européen, les prix journaliers dans la zone France-Allemagne-Belgique ont convergé durant près de :
- 45% du temps en 2023 ;
- 20% du temps en 2015.
Des objectifs ambitieux pour la France
Au sein de l'Union européenne (UE), les États membres ont un objectif non contraignant d'interconnexion égal à 15% de leur capacité électrique, pour une allocation minimale de 70% de la capacité d'interconnexion à disposition des échanges commerciaux. La capacité française d'interconnexion installée représente 13% de la capacité électrique installée en 2024.
En France, chaque projet d'interconnexion est analysé en amont afin de tenir compte des paramètres physiques, économiques et financiers, en coopération avec les zones concernées.
Les capacités françaises d'interconnexions pourraient monter à 45 GW à l'horizon 2050, se justifiant socio-économiquement par un gain de 2 à 6 milliards d'euros par an, correspondant au coût évité :
- de nouvelles centrales ;
- de fonctionnement des centrales pilotables.
Ces bénéfices économiques ne sont effectifs que dans les scénarios avec un très fort développement des énergies renouvelables et un prix du gaz qui se maintient ou augmente.