Depuis 2011, les liens commerciaux entre l'Union européenne (UE) et la Corée du Sud sont régis par un traité de libre-échange, signé en 2009. Le 10 juin 2026, l'UE a complété cet accord par la signature d'un accord "commercial numérique autonome". En 2023, plus d'un tiers (11 milliards d'euros) du total des échanges de services entre l'UE et la Corée a été réalisé par voie numérique. Ce nouvel accord, avant d'entrer en vigueur, nécessite toutefois encore l'approbation du Parlement européen.
Faciliter et sécuriser le commerce électronique
Le nouvel accord fixe des règles contraignantes en matière de commerce numérique, il prévoit notamment :
- d'offrir de nouvelles possibilités aux consommateurs et aux entreprises : reconnaître la validité juridique et le caractère exécutoire des contrats électroniques, permettre l'utilisation de la signature électronique, mettre en place des règles de protection des consommateurs en ligne afin de renforcer la sécurité du commerce en ligne ;
- de faciliter les flux de données transfrontières et d'interdire le transfert obligatoire de code source. "L'UE et la République de Corée maintiendront leurs niveaux élevés respectifs de protection des données à caractère personnel et de la vie privée, ainsi que l'espace réglementaire nécessaire à la poursuite d'objectifs politiques légitimes" souligne la Commission européenne.
UE : des accords commerciaux de plus en plus tournés vers l'Asie
Lors de sa signature, l'accord de 2011 entre l'UE et la Corée du Sud était le premier entre l'UE et un pays asiatique. Depuis, d'autres accords ont été conclus :
- en 2019 entrée en vigueur de l'accord avec Singapour ;
- en 2020 accords avec le Japon et le Vietnam. D'autres accords comme celui avec l'Inde (finalisé en janvier 2026 mais pas encore en vigueur) attendent une signature ou une ratification. Des négociations sont en cours avec la Thaïlande et les Philippines.
En 2026, malgré un climat international marqué par des tensions douanières avec les États-Unis et des conflits militaires en Ukraine et au Moyen-Orient, l'UE maintient son agenda commercial en faveur du libre-échange avec des partenaires de confiance et partageant les mêmes valeurs comme en témoignent aussi les traités de libre-échange avec l'Australie (signé en mars 2026) ou encore avec les pays du Mercosur (appliqué provisoirement depuis le 1er mai 2026).
Des échanges en forte croissance mais un déficit commercial pour l'UE
Depuis la signature de l'accord de 2011, les échanges UE-Corée ont été dynamisés : entre 2011 et 2016, les exportations de l'UE vers la Corée du Sud ont augmenté de 55%. Le traditionnel déficit commercial s'est transformé en excédent commercial de l'UE vis-à-vis de la Corée. Les exportations européennes ont plus fortement augmenté que celles de la Corée du Sud en raison du déclin de l'industrie navale coréenne et des délocalisations de son industrie électronique, selon une note de la Banque centrale européenne (BCE).
Mais, la crise sanitaire a mis un terme à cette évolution, le commerce bilatéral UE-Corée du Sud est redevenu déficitaire. En 2024, la Corée du Sud a enregistré un excédent commercial de 3 milliards de dollars avec l'UE. L'UE est le 4e plus grand marché à l'export pour la Corée du Sud, qui représente quant à elle le 9e partenaire commercial de l'Union.
Quant à la France, elle exporte surtout des produits aéronautiques, des machines industrielles et de l'uranium enrichi vers la Corée du Sud. Mais avec 1,3% des biens importés par la Corée du Sud, la France n'arrive qu'à la 17e place de ses fournisseurs, très loin derrière la Chine (plus de 20%), les États-Unis (plus de 10%), de Taïwan ou de l'Allemagne (avec respectivement environ 5% et 4%).